I. — PHYSIOLOGIE ET DIAGNOSTIC DE LA GROSSESSE
Des diverses circonstances qui nécessitent le diagnostic précis de la grossesse. — Le médecin peut être appelé à se prononcer sur l’existence d’une grossesse dans des cas bien différents. Quelques femmes viennent, par exemple, le consulter sur les suites possibles d’un faux pas, alors qu’elles se croient enceintes. D’autres fois, il s’agit d’une femme mariée qui, pour diverses raisons, tient à savoir si elle commence une grossesse, et à quelle époque exacte a eu lieu la conception. Tantôt il s’agit d’un ménage, depuis longtemps stérile, tourmenté du désir légitime d’avoir enfin une espérance de postérité; tantôt, au contraire, d’une famille chargée d’enfants et qu’inquiète la perspective d’une grossesse nouvelle qui la jetterait dans la misère ; quelquefois enfin, d’une femme atteinte d’une maladie grave, comme la tuberculose, et pour laquelle la conception est un danger.
Schaeffer. — Atlas-Man. d’obstétr.
Il n’est pas jusqu’à la détermination exacte de l'âge de la grossesse et du terme decelle-ci qui ne soit d’une importance capitale, soit que le médecin se trouve en présence d’une veuve qui abesoin de prouver la légitimité d’un enfantpos thume, soit qu’il y ait lieu d’avancer ou de reculer unetra versée, un voyage, un déménagement, afin qu’ils ne coïn cident pas avec raceouchement, soit qu’on juge convenable d’éloigner des enfants déjà avancés en âge, pendant les der nières semaines d’une grossesse survenue tardivement. On sait aussi que, dans le cours d’une instance en divorce, le diagnostic précoce d’une grossesse peut avoir une influence décisive, qu’il y ait ou non adultère de la femme. Je n’a pas à insister davantage ici sur l’importance de cette question.
Le médecin, de son côté, est tenu de penser toujours i possibilité d’une grossesse, et cela même en présence d’une malade qui ne se plaindrait que de malaises d’ordre purement gynécologique qu’elle attribue à une maladie du bas-ventre, et quand bien même il existerait des altérations pathologiques évidentes de l’appareil génital. Mieuxencore, il ne doit accueillir qu’avec une grande réserve, presque avec scepticisme, les dires des malades; car il n’est pas rare que celles qui viennent le consulter aient intérêt à l’induire en erreur et ne fassent tout leur possible pour l’amener à employer un traitement intra-utérin ou du moins à prescrire des médicaments qui provoqueront l’avortement; par contre, d’autres se trompent elles-mêmes et se déclarent à tort enceintes lorsqu’elles ne le sont pas, ou non enceintes alors qu’elles commencent une grossesse, prenant en cela leur désir pour la réalité.
Donc, avant de poser le diagnostic et d’instituer le traitement, il faut que la question préjudicielle de grossesse soit tranchée par un examen complet.
Si le diagnostic de la grossesse normale dans les premiers mois est difficile, celui de la grossesse extra-utérine, tubaire ou ovarienne, est souvent impossible ; rien, du reste, n’est plus fâcheux, puisque la grossesse extra-utérine, abandonnée àelle-même, entraîne trop souvent la mort, et qu’au contraire l’intervention chirurgicale faite à temps améliore considérablement le pronostic.
De tout ce que nous savons, il résulte qu’au point de vue de la certitude de son diagnostic, la grossesse doit être envisagée dans déux périodes : dans une première période, qui