IV. — GÉNÉRALITÉS SUR L’EXPLORATION CLINIQUE ET SUR LE TRAITEMENT
Dans le chapitre précédent, nous avons présenté un tableau des dangers que peuvent courir la mère et l’enfant pendant l’accouchement, et nous avons indiqué quelles sont les interventions que ces accidents pouvaient nécessiter.
Dans le paragraphe 2, p. 57 et suiv., nous avons résumé les précautions générales que nécessite l'examen de la femme enceinte ou
§ 24. — Préparatifs indispensables avant tout examen clinique et toute intervention opératoire.
Si le médecin est appelé à l’improviste pour un accouchement et que 1 état de la parturiente lui paraisse le moins du monde suspect au point de vue de l’infection, il lui faut prendre de suite la température de la patiente. Puis, il doit procéder à son interrogatoire, s’enquérir de son âge, de ses antécédents au point de vue du rachitisme, de son état de santé ordinaire et de ses maladies antérieures. Il l’interroge encore sur la physionomie des accouchements précédents, sur l’époque des dernières règles, et sur les particularités offertes par la grossesse actuelle et le travail.
Tous ces renseignements sont contrôlés et complétés par l'examen local ; ne jamais oublier que la vessie peut être pleine et gêner l’exatnen, et, par conséquent, faire uriner la femme ou pratiquer le cathétérisme.
.. On ne doit pratiquer le tpucher qu’après une désinfection ; Schaeffer. — Atlas-man. d’obstétr. 27
GÉNÉRALITÉS SUR LE TRAITEMENT
parfaite, comme il a élé dit p. 69 et suiv. Donc, la sagefemme ou la garde, au besoin le médecin lui-même savonne la vulve de la parturiente et la lave ensuite avec une solution de lysol à 1 0/0 ou d’acide phénique à 3 0/0 [nous préférons le sublimé où le biiodure de mercure à 1:4000] ; il faut même, dans certains cas, raser la région périnéale et la moitié inférieure desgrandes lèvres. Au préalable, le rectum aura été évacué à l’aide d’un lavement. On place ensuite, si possible, la femme en travers du lit. Dans cette position, on pratique le cathétérisme, puis avant de toucher, on fait au besoin une injection vaginale avec une solution de lysol à 1 0/0 en prenant soin de frotter levagin avec les doigts bien aseptisés. L’injection vaginale peut être omise, mais elle doit nécessairement être pratiquée dans les cas où la femme a déjà été examinée par d’autres personnes, et lorsque l’écoulement vaginal a une odeur suspecte ou qu’il est peu abondant et visqueux.
Les instruments : sonde vésicale, canule vaginale en verre, etc., ont été bouillis au préalable, puis plongés dans une solution phéniquée à 3 0/0 où ils restent à demeure. Le tube-sypbon de Zweifel, pour les injections vaginales, y est également maintenu.
Il faut avoir préparé d’avance 2 cuvettes servant au lavage et à la stérilisation des mains, un récipient contenant de l’eau phéniquée pour les instruments, un vase pour les faire bouillir, des serviettes et des draps de lit propres, un seau, un bassin, un bocal pour faire les irrigations à l’aide du tube-syphon de Zweifel, à défaut d’un injecteur vaginal ordinaire. Le tout doit avoir été porté à l’ébullition.
Les injections intra-utérines post partum sont faites avec de l’eau phéniquée à 2 ou 2 1/2 0/0, avec du lysol à 1 0/0 ou de la créoline. On fait ces injections avec la sonde à double courant de Bozeman-Fritsch [ou de Budin, ou encore avec la simple sonde intra-utérine plate en verre de Tarnier], après avoir mis le col de l’utérus à nu avec le spéculum. Mais elles ne sont indiquées que si, à la suite d’une intervention ou d’une exploration intra-utérine, on a des raisons de craindre la possibilité d’une infection. Le doigt doit guider la pointe de l’instrument jusque dans la cavité proprement dite de l’utérus, c’est-à-dire au-dessus de la saillie, facile à sentir, de l’anneau dë contraction. Le tuyau de caoutchouc et la sonde intra-utérine doivent être absolument purgés d’air. A cet effet, on les rem-