I. — OPÉRATIONS SUR LE GLORE i. — OPÉRATION DE LA CATARACTE
Cette opération, l’une des plus importantes de la chirurgie oculaire, peut exposer plus que toute autre aux dangers d’une infection suppurative immédiate ou d’une irido-cyclite torpide, pouvant mettre en péril l’autre œil.
Variétés. — Cataracte sénile. — La cataracte sénile constitue la forme la plus commune. La cause essentielle de la cataracte nous est, pour une part, inconnue ; les maladies ou tares généralisées à tout l’organisme ou localisées à l’œil peuvent y jouer leur rôle. La division de la cataracte ep cataracte juvénile et en cataracte sénile trouve sa justification au point de vue opératoire. Ordinairement, jusqu’à 30 ans environ, le cristallin est uniformément mou. Plus tard, il se forme un noyau de plus en plus dur, s’accroissant avec l’âge, conséquence de la sclérose physiologique et de la conglomération des fibres centrales du cristallin. Plus ce noyau augmente de volume, plus les parties molles diminuent, et, en général, après 60 ans, la sclérose s’étend jusqu’à la capsule.
La sclérose physiologique (cause de la diminution de l’accommodation et de la presbyopie) n’a rien à voir directement avec la formation de la cataracte, elle constitue seulement un élément favorable pour le processus.
Cataracte périphérique ou corticale. — Chez les jeunes sujets, il n’y a pas encore de noyau ; la totalité du cristallin cataracté est molle. La sclérose peut parfois préserver le noyau d’une opacification plus complète, et l’on rencontre un noyau encore transparent, de couleur jaune clair, entouré d’une substance corticale complètement cà-
OPÉRATION DE LA CATARACTE
taractëe et grisâtre.C’est la cataracte périphérique, la cataracte corticale. Le développement de cette cataracte se fait à la périphérie par des bandes opaques et des taches présentant une disposition radiaire. A un stade avancé, le noyau peut aussi s’opacifier, mais l’opacité principale siège à la périphérie.
Cataracte centrale ou nucléaire. — D’autres fois, la cataracte envahit d’abord le noyau et les zones voisines ; c’est alors la cataracte centrale, la cataracte nucléaire. Les troubles de la vue arrivent plus vite et sont plus marqués dans la cataracte nucléaire que dans la cataracte périphérique, à moins que celle-ci ne s’accompagne d’une opacification du pôle antérieur ou postérieur.
Cataracte capsulaire. — La cataracte capsulaire est produite par des opacités, dues à la prolifération de l’épithélium capsulaire. Cet épithélium constitue une couche unique, tapissant la face postérieure de la capsule antérieure. II a tendance à se multiplier, en particulier à la partie moyenne, au pôle antérieur, surtout quand la cataracte dure depuis longtemps. Par suite, la cataracte capsulaire antérieure est d’ordinaire l’indice d’une cataracte supramûre.
On reconnaît les proliférations capsulaires à leur coloration plus blanche que les opacités périphériques (grises ou grisâtres) et à leur disposition en tache arrondie ou irrégulière au pôle antérieur.
La cataracte est compliquée lorsqu’elle s’accompagne d’altérations profondes de l’œil ; dans ce cas, il y a souvent une cataracte capsulaire antérieure.
Cataracte polaire antérieure ou pyramidale. — La cataracte polaire antérieure ou pyramidale, survenant à la suite d’une perforation de la cornée, dans le jeune âge, est une cataracte capsulaire.
Évolution de la cataracte, degrés. — Le premier degré est caractérisé par le début de la cataracte.
Dans le deuxième, survient une tuméfaction du cristallin, facile à reconnaître par la diminution de profondeur de la chambre antérieure. La périphérie n’est pas encore complètement opacifiée, et l’examen à l’éclairage latéral nous permet de voir qu’il existe un certain espace entre le cristallin opacifié et le bord pupillaire, qui projette une ombre sur le cristallin.
Au troisième degré, l’opacification a atteint la capsule et s’étend jusqu’au bord pupillaire ; il n’existe plus d’ombre portée, et, par suite du dégonflement du cristallin, la chambre antérieure retrouve sa profondeur antérieure.
La cataracte supramûre caractérise le quatrième degré. Il se produit un recroquevillement de la cataracte: la chambre antérieure redevient plus profonde ; il peut enfin survenir une liquéfaction de la zone corticale et le noyau plonge dans un liquide épais ( cataracte morgagnienne). La cataracte se ratatine de plus en plus, constituant une masse dure et aplatie, plus difficile à détacher de la capsule que dans le troisième degré.
L’atrophie de la zonule, très marquée dans la cataracte supramûre, expose à sa rupture et à l’issue du vitré.