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EXTRACTION DU CRISTALLIN DANS LA MYOPIE FORTE

Beer, Mauthner, etc., avaient remarqué que la myopie forte pouvait guérir après disparition du cristallin.

L’opération fut pratiquée pour la première fois par Weber, mais ne fut pas acceptée par ses contemporains. Fukala reprit la méthode 30 ans après et fit une communication en 1889, suivie peu après par celle de Vacher. L’opération fut accueillie avec un enthousiasme peut-être exagéré. Pour moi, et d’après une statistique d’une centaine de cas, je considère qu’il ne faut entreprendre cette opération qu’avec la plus grande prudence,

OPÉRATIONS SUR LE GLOBE

et en choisissant ses cas. L’opération n’arrête pas l’évolution des altérations maculaires. Les opérés ont tendance à faire abus de leur vision améliorée, il faudrait les sermonner journellement pour qu’ils conservent leurs anciens ménagements. De plus, le décollement de la rétine survient peut-être avec plus de fréquence chez les opérés que chez les autres.

En présence des statistiques des différents opérateurs nous donnant 10 à 14 0/0 d’insuccès, en présence des complications ultérieures possibles, la plus grande circonspection est un absolu devoir ; la myopie forte a déjà trop de tendance naturelle au décollement. Dans les mauvais cas, il peut sui'venir, comme on en a cité.de nombreux exemples, du glaucome malin.

Pour éviter bien des désillusions, on doit réserver cette opération aux jeunes sujets dont la macula est normale, et dont la myopie atteint ou dépasse 20 dioptries. On prend soin de ne pas léser le vitré et de ne pas ponctionner la chambre antérieure, la simple discission pouvant suffire, chez les enfants, à assurer la résorption.

Il faut laisser de côté la discission terminale de la capsule postérieure, et, dans tous les cas, ne pas la faire avant 6 mois, alors que l’œil est tout à fait tranquille et qu’il est exempt de toute irritation. Beaucoup d’attention et un bon éclairage sont nécessaires pour la première discission de la capsule antérieure, pour éviter la déchirure de la zonule, qui présente en effet, dans ces cas, une fragilité toute spéciale.

Si la zonule est déjà rompue, lors de la première ponction ou de l’extraction linéaire, le vitré apparaît dans la plaie et empêche de continuer l’évacuation des masses qui, en se gonflant, produiront du tonus ; une deuxième ponction devient nécessaire, le vitré se montre à nouveau et ainsi s’établit un état glaucomateux, contre lequel on luttera sans succès pendant de longs mois.

Pour évacuer les masses après discission, on peut pratiquer une paracentèse de la cornée, suffisamment grande, à cause de la consistance un peu gluante du cristallin. Quelques opérateurs préfèrent, môme chez les gens encore jeunes, agir comme dans la cataracte sénile : large incision cornéenne, discission et extraction.

Pour pouvoir porter un jugement définitif sur cette opération, on doit attendre les résultats éloignés. En général, l’opération ne doit porter que sur un œil, l’autre étant réservé pour la vision rapprochée ; en cas d’insuccès, on évite ainsi une double cécité.

En opérant une myopie au-dessous de 15D., on s’expose à discréditer la méthode ; pour la vision éloignée, les malades échangent leurs verres concaves contre des verres convexes, et de près, ils perdent le bénéfice d’une vision, dont ils sont parfois très fiers.

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