EXENTÉRATION OU ÉVISCÉRATION DU GLOBE
Elle consiste, après incision circulaire de la sclérotique en arrière de la cornée, à extraire tout le contenu du globe et à suturer ensuite la sclérotique. On constitue ainsi un moignon volumineux qui permettra, lors de là prothèse, de mieux placer la pièce artificielle et de conserver une mobilité très avantageuse.
Procédé de de Graefe. — Après désinfection du champ opératoire et incision circulaire de la conjonctive, l’opérateur maintient avec une pince le bord cornéen, pendant que l’assistant fixe le globe à 8 millimètres en arrière dans le même méridien. On incise au couteau entre les 2 ^pinces jusqu’à apparition du corps ciliaire dans la plaie. On élargit la section avec des ciseaux mousses (ceux de Stevens, par exemple, fig. 102).
On continue circulairement la section de la même manière.
Avec la curette on extrait le contenu de l’œil d’un seul coup ou en plusieurs fois.
EXENTÉRATION
On nettoie la coque sclérale à la pince avec des ciseaux ou avec des tampons de gaze, on irrigue avec un liquide antiseptique, on suture l’ouverture sclérale et la conjonctive au moyen de 3 à S sutures horizontales ou d’une suture en bourse.
Les suites de l’opération sont plus pénibles pour le patient que dans l’énucléation. Il faut bander aussi l'œil non opéré; pendant 3 à 4 jours, et il survient souvent de vives douleurs ciliaires qu’on doit combattre par l’administration de morphine. Quand tout va bien, la guérison demande 8 à 10 jours de traitement.
Dès le début, le moignon peut n’être pas beaucoup plus volumineux qu’après l’énucléation et par la suite il peut devenir si petit qu’on n’obtient aucun bénéfice réel.
On a essayé de placer dans la coque sclérale des boules de verre (Mules), de celluloïde (Lang), d’argent (Kubnt), [des fragments d’éponge (Belt, Trousseau), de la vaseline (Rohmer).]
Ces corps étrangers ne sont en général pas supportés longtemps et ne tardent pas à être éliminés.
L’exentération simple ne convient pas pour les tumeurs malignes de l’œil, car l’on ne sait jamais si la tumeur n’a pas envahi la sclérotique.
Je la considère aussi comme insuffisante dans les infections suppuratives de l’œil, attendu qu’elle laisse une cavité rigide où la rétention est possible.
Les recherches microscopiques de Ruge ont montré qu’il était impossible de maintenir aseptique la coque sclérale. Aussi est-il douteux que l’exentération simple préserve d’une façon efficace de l’ophtalmie sympathique.
EXENTÉRATION IGNÉE
[Pour éviter les complications possibles du côté des méninges après l’énucléation, et, en raison des inconvé-
OPÉRATIONS EXTRA-BULBAIRES
nients indéniables de l’exentération simple, le professeur De Lapersonne a proposé cette opération. Dans les interventions nombreuses faites par notre maître et nousmême, nous n’avons jamais observé aucun incident opéa ratoire. La simplicité, la rapidité de l’opération, la cessation constante, rapide et absolue des douleurs en font l 'opération de choix dans la panophtalmie. Peut-être même pourrait-on étendre son indication à certains cas de tuberculose oculaire.
Technique. — 1 er Temps. —Après anesthésie générale, section transversale de la cornée avec un couteau de de Graefe au delà des limites cornéennes ; avec les ciseaux on fait en haut et en bas une incision cruciale déterminant la formation de quatre volets.
2 e Temps. — Lorsque le pus s’est écoulé et qu’on a enlevé le cristallin, on introduit à plusieurs reprises dans la cavité bulbaire un gros thermocautère recourbé, chaufféà blanc; on insiste particulièrement sur la cautérisation, de la région papillaire.]