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EXTIRPATION DU SAC LACRYMAL

L’extirpation du sac lacrymal constitue une opération excellente qui donne habituellement une guérison complète et une cicatrice insignifiante. Elle est indiquée dans les cas de rétrécissements infranchissables avec accumulation de sécrétions dans le sac exposant l’œil à tous les dangers de.la kératite purulente. Elle est bien supérieure à l’ancienne destruction du sac par les caustiques après incision antérieure (Petit), ou latérale par ouverture des deux canaux lacrymaux et du sac ainsi qu’au curettage et à la cautérisation par l'incision de Petit. Anciennement recommandée par Berlin, l’extirpation du sac a été peu à peu acceptée parla majorité des chirurgiens. Il sera utile, si c’est possible, de faire quelques jours avant l’opération des injections de protargol dans le sac et d’en réaliser en quelque sorte l’antisepsie préparatoire.

Lorsqu’on ne soupçonne pas de fortes adhérences du sac (conséquence des inflammations antérieures ou de violents cathétérismes), on peut opérer avec anesthésie locale (eucaïne-cocaïne-adrénaline). On obtient ainsi une hémorragie presque insignifiante et l’opération en est de beaucoup facilitée. Lorsqu’on emploie l’anesthésie générale, surtout l’éther, l’hémorragie peut devenir très abondante et extrêmement gênante, surtout chez les personnes de forte corpulence. On doit, de temps en temps, éponger la plaie avec des tampons imbibés de cocaïne-adrénaline et en attendre l’effet. Chez les sujets peu sanguins et maigres,

l’opération peut être tout à fait simple, surtout s’il s’agit d’un sac quelque peu ectasié et épaissi. Pour obtenir l'anesthésie locale, on injecte une partie de la solution anesthésique dans le sac- et le reste autour du sac sous la peau et dans la profondeur. Après 10 minutes d’attente, on peut entreprendre l’opération sans douleur notable ; elle peut même être tout à fait indolore.

Comme il s’agit d’une plaie très profonde, il est indispensable d’être bien éclairé (lumière électrique, miroir frontal). C’est pour la même raison qu’il vaut mieux pra~ tiquer une incision de la peau suffisamment étendue (2 à 3 cm.). Comme la cicatrice est à peu près invisible, peu importe un centimètre de plus ou de moins. On pratique une incision arciforme dans l’angle interne, au niveau de l’extrémité nasale du ligament palpébral, dont 1/3 siégera au-dessus, et 2/3 au-dessous de ce ligament. On sectionne jusqu’au ligamen.t palpébral que l’on coupe près de son insertion à l’os ; on dissèque alors le long de la paroi nasale du sac, puis on libère le sommet du sac, en employant de préférence les ciseaux mousses. On s’attaque ensuite à la paroi temporale du sac en veillant avec grand soin au voisinage du globe et du muscle droit interne.

J’ai vu, après une extirpation du sac ayant entraîné une excision partielle de ce muscle, une paralysie complète du droit interne que je n’ai pu guérir malgré deux interventions. C’est pourquoi, il est très important d’écarter les lèvres de la plaie avec des crochets ou l’écarteur de Müller (fig. 155), ou d’Axenfeld, qui permettent de voir facilement, de tamponner soigneusement et au besoin de placer une ligature. Le sac ainsi libéré (planche XXX) peut être enfin saisi avec une forte pince, détaché de sa partie profonde et sectionné à son extrémité inférieure où il se continue avec le canal nasal.

Si l’on n’a pas réussi à disséquer la totalité du sac, on complète l’opération avec la curette tranchante. On ne doit,

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