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L’EMPREINTE

Choix de la substance et mode d’emploi.

La substance employée pour prendre une empreinte doit donner le moule très exact de la mâchoire, afin que la pièce qui sera construite sur le modèle s’adapte parfaitement dans la bouche. Cette substance devra donc être suffisamment plastique pour entrer dans la bouche et avoir la faculté de se durcir sans altérer sa forme. Ces conditions ne se rencontrent guère qu’avec la cire, la guttapercha, le plâti-e, les compositions de Stents, Rubsam,. White, etc.

10 Cire.

La cire s’emploie à l’état naturel, sous forme de cire jaune, ou bien mélangée avec de la céruse (Maury), de la paraffine, de la graisse, de la térébenthine et colorée avec de la cochenille.

Cette substance a la propriété de se ramollir par la chaleur et de se solidifier sous l'action du froid sans altérer sensiblement sa forme. Afin de chauffer plus rapidement la cire, on la dispose sous forme de plaques de faible épaisseur, dont on prend une certaine quantité pour la porter sur une flamme incolore ou dans de l'eau à 43“. La cire amollie est pétrie rapidement avec les doigts pour former un cylindre qui doit remplir le porte-empreinte. Ce dernier est chauffé afin de retenir la cire. 11 ne faut pas employer une trop grande quantité de substance, surtout pour la mâchoire supérieure, car l’excédent pourrait glis-

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ser dans le pharynx et déterminer de la suffocation ou de l’irritation. On passe rapidement sur, une flamme la surface de la cire, puis on applique le porte-empreinte sur la mâchoire avant que la cire ne commence à durcir et on laisse en place deux minutes environ. Pour retirer l’empreinte, on exercera d’abord une lég-ère traction dans le sens perpendiculaire afin d’éviter de briser la cire.

La cire sert surtout en raison de la température peu élevée nécessaire à son emploi : elle s’amollit en effet à 45», tandis que le stents en exige 70.

2" Gutta-percha.

La gutta-percha est composée de 78 à 82 0/0 de gutla (CIO H^®) et de deux produits d’oxydation de cét hydrocarbure, le Fluavil (C^® H^^O) et l’Alban H^^O). On sait ■qu'il s’agit là de la sève épaissie de certains arbres des Indes orientales (Isonandra gutta).

Pour prendre une empreinte avec de la gutta-percha brute, il faut porter cette substance pendant plusieurs minutes à une température de 70° à 90°. Elle est alors rapidement pétrie, disposée dans un porte-empreinte chaud et appliquée dans la bouche où elle doit rester de 10 à 15 minutes pour acquérir toute sa dureté.

D’après ce que nous venons de dire, on voit que la gutta-percha convient peu pour prendre une empreinte, car cette haute température n’estjamais supportée dans la bouche. En outre cette attente d’un quart d’heure, nécessaire pour laisser durcir l’empreinte, est une véritable •épreuve pour le dentiste et pour le patient. Notons encore que cette substance adhère souvent très fortement sur les dents et sur la muqueuse et qu’elle se rétracte. En vue de remédier à ce dernier inconvénient, Schrott recommande, il est vrai, de mélanger la gutta-percha avec de la stéarine, tandis que Blum conseille la gomme-laque. Malgré ce perfectionnement, on n’emploie' pour ainsi dire plus la gutta-percha comme base d^empreinte.

3» Plâtre.

Le gypse ou sulfate anhydre de calcium (GaSO^) se trouve dans le commerce à l’état de poudre calcinée. Gâ-

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chée avec de l’eau, cette substance se combine avec elle pour donner un hydrate solide qui g-ardera la forme qu’on lui imprime ; c’est sur cette dernière propriété qu’est basé l’emploi du plâtre.

Pour faire le mélange, on met un peu d’eau dans un récipient quelconque ou dans un bol en caoutchouc (h‘g.

178) puis on ajoute le plâtre en battant avec une spatule telle que celle d’Albrecht (fig. 179) jusqu’à consistance d’une crème épaisse.

On garnit alors le porteempreinte et on l’applique dans la bouche sans perdre de temps, car le plâtre prend Fig. 178. — Bol en caoutchouc très rapidement. Pour obtenir une bonne empreinte, il faut le laisser au moins cinq minutes in situ. Avant ce laps de temps, le plâtre se déformerait trop aisément, tandis qu’une plus longue attente lui permettrait d’acquérir une telle consistance qu’on s’exposerait à le briser en le retirant. Le temps le plus favorable pour retirer l’empreinte est celui où la combinaison dégage le plus de chaleur, mais il faut une certaine expérience pour reconnaître ce moment.

Fig. 179. — Spatule d’Albrecht.

Pour activer la prise du plâtre, on emploiera de l’eau chaude additionnée d’une petite quantité d’alun (1[; 30), de sulfate de potasse ou simplement de sel de cuisine. Une trop grande quantité de ces substances rend leur effet négatif en retardant la prise. Le sel est certainement le meilleur accélérateur. Môser conseille, pour éviter l’excès, d’en dissoudre une poignée dans un litre d’eau et d’ajouter une petite quantité de cette solution dans l’eau chaude qui servira à délayer le plâtre. [Pont dit avec juste raison que la plus ou moins grande rapidité de la prise du plâtre PaEiswERK. Prothèse dentaire. 13

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dépend surtout de sa qualité et qu’il ne faut point oublier que le plâtre s’altère rapidement ; aussi vaut-il mieux ne pas l’employer lorsqu’il est trop ancien.]

11 est difficile de dégager le modèle de l’empreinte, lorsque le plâtre offre dans ses deux parties la même couleur et la même consistance. Aussi se sert-on pour l’empreinte d’un plâtre mou et pour le modèle d un plâtre plus résistant (albâtre). On peut encore mélanger le plâtre à empreinte avec de la terre à mouler, de la fleur de soufre et autres substances analogues. La terre à infusoires donnerait encore de meilleurs résultats d’après Kühns qui est le premierà l’avoir recommandée, et d’après plusieurs autres praticierfs tels que Parreidt. Enfin un autre procédé consiste à différencier le plâtre qui sert à prendre l’empreinte en l’additionnant d’une matière colorante quelconque, carmin, bleu de méthylène, etc.

Le porte-empreinte représenté fig. 184 sert pour lamâchoire supérieure ; sa cuvette doit être assez profonde pour laisser une épaisseur suffisante à l’empreinte, tant dans sa partie alvéolaire que dans la région palatine.

Il ne tant mettre dans le porte-empreinte que la quantité de plâtre strictement nécessaire. La partie postérieure de l’instrument ne sera jamais remplie afin d’évUer les conséquences que pourrait avoir l’introduction du plâtre dans le pharynx. Une bonne précaution est d’ailleurs de faire pencher la tête en avant. On place le porte-empreinte dans la bouche en appuyant d’abord sur la région postérieure pour que le trop plein s’écoule vers les bords antérieurs. L’enlèvement se fait comme à l’ordinaire.

On éprouve parfois une certaine difficulté pour enlever l’empreinte du premier coup, parce que le plâtre s’est attaché au palais. Lorsqu’une pression continue n’arrivepas à vaincre cette adhérence, on essaiera d'injecter un peu d’eau entre le plâtre et la muqueuse. Il suffit d’ailleurs le plus souvent de séparer avec le doigt l’excédent qui a coulé sur le rebord alvéolaire.

La technique est la même lorsqu’il s’agit de prendre l'empreinte d’une mâchoire supérieure où il reste encore des dents : le porte-empreinte présente alors une certaine profondeur dans sa région alvéolaire de façon à permettre aux dents de s’y loger (fig. 183). Pour prendre une empreinte partielle, il est inutile de garnir tout le porte-empreinte ; on peut également employer dans cecas un porte-

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empreinte plus réduit répondant à la rég-ion intéressée

(fi^. 173).

Les dents présentent toujours un certain volume qui ne pourra se log-er dans l’empreinte qu’en déplaçant une assez grande quantité de substance. Il faudra donc employer moins déplâtré quand il y a des dents que lorsqu’il s’agit d’une mâchoire complètement dégarnie, si l’on veut éviter d’en répandre dans la gorge. Ici encore on commencera par appuyer sur la région postérieure du porte-empreinte, afin de permettre au plâtre de s’écouler sur le bord antérieur.

Les dents dont la forme est conique ou qui se dirigent obliquement retiennent très fortement le plâtre. Il serahon de les enduire d’un peu de vaseline ou bien de les talquer avant de prendre l’empreinte. Si l’on craint toutefois de ne pouvoir retirer celle-ci sans la briser, on n’attendra pas le durcissement complet du plâtre pour enlever le porteempreinte. Il est évident que dans certains cas l’on ne pourra jamais enlever l’empreinte en un seul bloc : on se sert alors d’un couteau pour la séparer dans la bouche en plusieurs morceaux que l’on range avec soin sur le plateau de Martftiier ou dans une simple cuvette de photographe et que l’on raccorde ensuite dans le porteempreinte. Lorsque la surface de ce dernier présente des irrégularités, il est difficile d’en détacher le plâtre, aussi doit-on lubrifier l’instrument avec un peu d’huile afin de pouvoir en retirer aisément les fragments. [On peut, dans le même but, garnir le porte-empreinte de cire laminée.] Riegner a établi un porte-empreinte spécial muni de listeaux destinés à éviter de pratiquer des fentes dans le plâtre un peu au hasard : rien n’est plus facile que de réunir ensuite les fragments ainsi repérés.

Les empreintes partielles au plâtre sont toujours assez difficiles à prendre et demandent beaucoup de soin et de patience ; on ne devrait cependant pas les négliger autant qu’on le fait, car [seules] elles donnent très fidèlement le relief de la bouche.

Les empreintes au plâtre de la mâchoire inférieure, que celle-ci soit ou non pourvue de dents, se prennent avec les porte-empreintes représentés dans les figures 189 à 193.

Le patient ici encore penchera la tête en avant. Dès que la consistance du plâtre le permet, le porte-empreinte est

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retourne afin de l’introduire dans la bouche : on soulèvera le manche de l’instrument pour retirerl’empreinte.

Le plâtre est la meilleure substance à employer lorsqu’il s’agit de prendre l’empreinte d’une mâchoire inférieure complètement édentée, dont la muqueuse est flasque et présente des bords déchiquetés. La consistance demifluide de ce corps lui permet en effet de prendre contact avec toutes les régions, sans exercer la moindre compression. La présence des dents fait naître les mômes difficultés que pour la mâchoire supérieure ; cependant on arrive à les vaincre avec un peu d’expérience.

On recommande souvent de prendre d’abord l’empreinte avec du stents ou de la cire que l’on recouvre ensuite d’une mince couebe de plâtre, pour en faire une seconde application dans la bouche. Ce procédé permettrait d'obtenir une fidèle reproduction de la mâchoire, mais nous pensons que c’est là une complication dont l’utilité demeure au moins problématique, car la couche de plâtre est alors si mince qu’il devient impossible d’en réunir les fragments. Nous dirons la même chose des porte-empreintes démontables qui permettent de retirer l’empreinte en plusieurs parties : l’appareil devra toujours être fait d’une seule pièce et il ne sert à rien de s’astreindre à une telle minutie alors qu’il faudra par la suite limer dans la bouche les points qui feraient obstacle à l’enlèvement du dentier.

40 Stents et compositions analognes.

Parmi toutes les substances à base de résine dont on se sert pour prendre des empreintes, la composition desteiits est la plus employée. Sa formule est la suivante :

Poudre de talc.

Cette substance s’amollit entre 60 et 70° centigrades. La composition de Nernst, de même que « VHelvétia » et le « tribhi » n’exigent qu’une température de 50 à, 60° : elles donnent également des empreintes parfaitement nettes et je ne puis comprendre pourquoi leur usage n’est pas plus répandu. Cela vient sans doute de leur propriété aggluti-

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native qui les rend difficiles à séparer du porte-empreinte ou du plâtre. Le stents donne une empreinte très nette, durcit rapidement en 3 ou 4 minutes et adhère relativement peu lorsqu’il n’est pas trop chaud.

Nous allons voir quelle technique il faut suivre pour prendre une empreinte au stents.

Lorsque cette substance a été ramollie dans l’eau chaude, on en pétrit la quantité voulue pour en former un cylindre : celui-ci doit présenter une surface parfaitement lisse

Fig. 180. — Composition de stents pétrie en cylindre.

(fi^. dSO). On lui donne la forme d’un fer à cheval pour le mettre dans un porte-empreinte lé@;’èrement chauffé, puis on le foule avec le pouce, de façon à lui donner la configuration générale de la mâchoire. La fig. 182 représente un porte-empreinte garni pour une mâchoire supérieure. Il est bon toutefois dene pas mettre trop de stents vers la région postérieure, afin de ne pas irriter le voile du palais. Immédiatement avant de prendre l’empreinte, le dos de l’instrument est aspergé d’eau froide, pour que le métal ne brûle pas la bouche, tandis que la surface du stents est chauffée sur une flamme incolore afin de le rendre plus impressionnable. Cette substance résineuse conduit moins bien la chaleur que le métal ; néanmoins, il peut se produire des lésions sur la muqueuse et il faut agir avec précaution.

Le stents durcit rapidement: il faut donc se hâter d’introduire le porte-empreinte dans la bouche et ne plus le déranger une fois mis en place. De môme qu’avec les autres substances, un complet durcissement peut rendre l’extraction difficile, s’il existe des dents qui ne soient pas de dépouille. Certains porte-empreintes permettent d’activer le refroidissement au moyen d’une circulation d’eau, mais il suffit de petits tampons d’ouate imbibés d’eau, ou d’une légère aspersion de chlorure d’éthyle pour obtenir

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le môme résultat. La tête ést alors inclinée en avant, pour laisser couler l’eau dans un récipient.

Lorsqu’il s’ag’it d’une mâchoire complètement édentée, on peut retirer l’empreinte sans autres précautions ; dans le cas contraire, surtout si les dents sont assez loug-ues, il faut d’abord soulever l’em-

Ereinte comme avec ; plâtre. Le stents réfrigéré par de l’eau ou des insufflations d’air froid possède une consistance inégale par suite du contact de la partie su-

Eérieure avec le palis, qui garde toujours la température du corps humain. Il en résulte parfois que l’empi’einte se déforme au moment de l’extraction, alors même que sa substance paraît complètement durcie. Il faut donc exercer sur l’empreinte une traction aussi perpendiculaire que possibleet ne la retirer horizontalement que lorsqu’elle ne touche plus la mâchoire. Cette précaution est trop souvent négligée

Eour les empreintes du bas et il en résulte du tirage sur ;s parties situées derrière les dents.

Herbst conseille de recouvrir la surface du stents avec de la limaille d’étain pour faciliter l’extraction et garantir

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