FIXATION PAR ADHÉSION 2S
Stefau Ulbrich a pris un brevet eh 1885 pour une succion protégée par une sorte de couvercle perforé en plusieurs endroits, ce qui empêche la muqueuse de pénétrer
Fig. 239. — Succion à réservoir d’air.
dans la chambre. Ce crible métallique ne tarde guère à causer l’inflammation des tissus sur lesquels il s’applique. Merk a essayé de remédier à cet inconvénient en donnant de la mobilité au couvercle dont le trou est unique et ne
Fig. 240. — Succion de Merk.
présente qu’un très faible diamètre (fîg. 240). Mais celui-
ci se bouche avec la plus grande facilité etl’air ne s’échappe qu’incomplètement au travers d’un orifice aussi réduit.
Il existe encore bien d’autres systèmes de succion, mais nous ne décrirons que les procédés basés sur l’application d’une pièce en caoutchouc mou. On les emploie surtout lorsque la muqueuse est sèche et aplatie : le résultat immédiat est favorable, mais dans la suite, la muqueuse ne tarde guère à s’enflammer et le caoutchouc s’altère assez vite. Quel que soit le procédé (Hall, Gillespie, Sandré Lord, Godart (fig. 241) ou Wolf) la technique de la cons-
Fig. 241. — Succion de Godard.
truction est toujours à peu près la même. Sur le modèle en plâtre, on dispose une plaquette de métal de même forme et un peu plus épaisse que la pièce de caoutchouc mou qui formera la succion. La surface libre de cette plaquette, c’est-à-dire celle qui sera prise dans la vulcanite, porte en outre un petit tube en or ou en alliage, creusé d’un pas de vis. Après vulcanisation, on retire la plaquette qui laisse à sa place une dépression : au centre de celle-ci se trouve l’écrou scellé dans la plaque et une petite vis permet d’y fixer des rondelles de caoutchouc. Il est important que les rondelles soient bien en rapport avec la profondeur de la cavité qui les reçoit, autrement la succion repousserait la plaque au lieu de l’attirer vers le palais. [Ces sortes de succions en caoutchouc mou donnent en général
FIXàTlON PAR ADHÉSION
de déplorables résultats : lorsque la muqueuse ne s’enflamme pas dans la région sous-jacente au point de rendre impossible le port de l’appareil, on voit fort souvent ce dernier ballotter dans la bouche, suspendu au palais par ces succions que l’on baptise vulgairement du nom de « tire-pavés ». Voulant éviter cet inconvénient tout en profitant de la souplesse du caoutchouc mou qui semoule parfaitement sur les moindres aspérités, Touvet-Fanton a proposé d’incorporer au centre des plaques palatines un disque de caoutchouc mou entouré et recouvert de caoutchouc dur, ce disque s’appliquant sur la muqueuse palatine et ne formant aucun relief sur l’appareil. Nous construisons nous-mêmes, assez souvent, dans le cas de palais durs et plats, des appareils dont toute la surface palatine, sauf une étroite bande périphérique, est recouverte de caoutchouc mou.]
11 est souvent très difficile d’assurer une fixité satisfaisante aux appareils complets de la mâchoire inférieure et nous devons accepter tout ce qui peut constituer une amélioration. Nous reproduirons donc in-extenso la communication de J. Scheff au sujet de la rétention des appareils delà mâchoire inférieure, dans les cas d’atrophie très accusée: « Le cas qui nous occupe, écrit-il, se présente rarement sur la mâchoire supérieure et il existe bien des procédés pour v remédier. Il est par contre assez fréquent à la mâchoire inférieure, surtout lorsque celle-ci se trouve dépourvue de toutes ses dents et que les procès alvéolaires sont complètement résorbés. Si l’on ne veut pas alors employer les ressorts, difficilement acceptés à si juste titre par le patient et par le dentiste lui-même, nous n’avons plus aucune ressource. Le patient souffre de la pression continuelle de la plaque ; l’articulation se fausse à chaque mouvement du maxillaire et il en résulte que la pièce supérieure se déplace également. A l'état de repos, la plupart des sujets réussissent avec un peu d’exercice à maintenir la pièce inférieure avec la langue. L’appareil se déplace néanmoins dès qu’ils veulent prendre un aliment quelconque, même liquide, et les inconvénients ci-dessus se renouvellent. En vue de fixer l’appareil, j’ai imaginé un procédé qui plusieurs fois déjà m’a donné de bons résultats. La pièce est achevée comme d’habitude et lorsque l’articulation est vérifiée, on pratique plusieurs petites cavités cylindriques à la partie inférieure. de l’appai’eil, c’est- PuEiswEUK. Prothèse dentaire. 17
à-dire sur la face qui entre en contact avec la muqueuse (fig. 242 a). Ces cavités cylindriques sont taraudées pour loger un écrou h dont le pas de vis intérieur est destiné à
Fig. 242. — Peau de chamois de Scheff pour pièces du bas.
recevoir une vis c. Le cylindre et la vis se font avec de l’or ou tout autre métal nickelé. On prend ensuite une peau