III. Bourrage du caoutchouc
Lorsque la préparation du moufle est terminée, on s’occupe de remplacer la cire par du caoutchouc. 11 en e.xiste de plusieurs sortes et de différentes teintes, rouge, rose, blanc, et noir. Le caoutchouc, rouge, l’un des plus soli,de,s, sert pour les endroits peu apparents tels que la région linguale de la plaque ; sur la face jugale on ne peut
fuère l’employer que dans la partie postérieure du vestiulc, au niveau de la If® et'dela2® molaire. Le caoutchoùc
l'osej dont la nuance se rapproche de celle de la gencive, s’emploie à la région antérieure, accessible à la vue : on ne peut s’en servir 'pour tout l’appareil car il est beaucoup plus cassant que le caoutchouc rouge et le caoutchouc noir. Ce dernier présente le maximum de dureté et d’élasticité; aussi les pièces de prothèse, obturateurs, appareils de rédrèssement, etc., construit avec cette variété de caoutchouc, sont-ils les plus solides. Ce n’est guère qu’en raison de sa teinte que l’on ne l’emploie pas davantage. Le caoutchouc blanc est presque aussi fragile que le rose : on n’en mettra qu’une petite quantité entre les dents antériem’és qui. ne reposent pas sur une fausse gencive, de façon à masquer le caoutchouc rouge de la plaqué.
Le: caoutchouc ne devient suffisamment plastique et adhérent pour se laisser mouler qu’à une certaine température. On le découpe en morceaux de différente grandeur et on le chauffe sur une plaque de porcelaine ou sur un appareil spécial. Les moufles doiventégalement être assez chauds; on les laisse dans l’eau bouillante jusqu’au moment du bourrage.
Afin que la cuvette ne se refroidisse pas trop vite, et ne glisse pas sur l’établi, il est bon de la poser sur une serviette pliée en plusieurs doubles. On a construit dans le même but divers supports plus ou moins commodes. Nous pouvons faire nous-mêmes les instruments qui serviront à bourrer le caoutchouc, soit avec de vieux excavateurs, des instruments de nettoyage, des fouloirs à or, etc. Peu importe leur forme ; les plus pratiques sont ceux qui présentent une extrémité mousse et légèrement recourbée ; des précelles et un fouloir en forme de baïonnette suffiront à compléter cet outillage (fig. 265).
Nous prendrons comme exemple le bourrage du caoutchouc de la pièce partielle représentée fig. 261. On commence d’abord par enfoncer de petits morceaux de caoutchouc rouge entreles crampons des dents artificielles, puis du caoutchouc blanc dans les espaces interdentaires. Si les dentsdoivent reposer surune gencive artificielle, on met du caoutchouc rose par en dessous, sans cependant y engager les crampons. Ceux-ci seront toujours entourés
Fig. 264. — Pièce supérieure faite avec des dents diatoriques : la cire a été enlevée. La figure du bas montre le moule qui contient le modèle.
Fig. 264.