‹ Atlas-manuel de prothèse dentaire et buccaleChapitre 64 sur 105 · VI. Pose (le l’appareil une fois terminé · texte numérisé non relu

VI. Pose (le l’appareil une fois terminé

Un appareil bien construit doit s’ajuster dans la bouche sans difficulté; mais le plus souvent, les pièces faites sur un modèle nécessitent quelques retouches. Prescjue toujours l’articulation est en cause et il faut y remédier en meulant les points sur lesquels porte l’appareil. Du papier bleu placé entre les dents avant de faire fermer la bouche permettra de reconnaître aisément ces défauts.

Les pièces partielles s’adaptent rarement du premier coup, car il faut que les couronnes artificielles pénètrent entre les dents naturelles. Ici encore on accuse les points défectueux au moyen de papier colorant afin de pouvoir les enlever au burin. S’il y a des crochets il faut les courber de façon à ce qu’ils reposent directement sur le bord gingival sans exercer de pression et maintiennent l’appareil sans aucune tension. Les crochets en métal sont fermés avec la pince à crampons ; ceux qui sont faits avec le caoutchouc seront d’abord chauffés soit sur une flamme de gaz ou d’alcool, soit dans de l’hüile ou de la glycérine.

Lorsque la force d’adhésion ne maintient pas suffisamment l’appareil, ce que l’on ne peut reconnaître qu’au bout de quelques jours, il faut presque toujours en rechercher la cause dans un défaut de l’articulation. Si les dents d’un côté rencontrent trop tôt les , antagonistes, la pièce se déplace et descend du côté opposé. Lorsque les

dents antérieures articulent d’une façon trop énergique, la plaque se détache de la voûte palatine et s’abaisse dans la région postérieure.

Parfois les dents natui’elles sont la cause de ce défaut d’articulation : si l’on ne peut faire subir à l’appareil aucune correction, on réduira ces dents avec beaucoup de précaution, au moyen d’une meule en corindon. La

firession des bords de la plaque sur la muqueuse labiale, orsqu’il s’agit de la inâcnoire supérieure, linguale, pour une pièce du bas, est encore une cause fréquente, du manque de fixité de l’appareil. Il n’est pas toujours facile de déterminer les points sur lesquels doivent porter les retouches: on fera garder la plaque pendant quelques' heures ou quelques jours, jusqu’à ce que l’inflammation de la muqueuse indique l’endroit où s’exerce la pression. On enlève alors du caoutchouc, de façon à corriger ce défaut. Dans un cas, il m’est arrivé de ne pouvoir découvrir pendant longtemps le vice d’un appareil fort bien construit d’ailleurs mais qui ne tenait pas dans la bouche. Enfin je m’aperçus qu’il existait dans la succion une petite perforation qui empêchait la pression atmosphérique de produire son effet. Le plus souvent, les sujets se plaignent plus ou moins de leur appareil pendant les premiers jours, surtout lorsqu’ils n’en ont jamais porté. Il faut d’abord qu’ils s’y habituent. S’il existe des défauts, il va sans dire qu’on doit les corriger, mais s’il semble que la pièce est bien ajustée on recommandera au patient ne s’efforcer de garder l’appareil.

Il arrive parfois que les personnes âgées ne peuvent s’accoutumer à porter un dentier complet : les maxillaires sont tellement atrophiés que les plaques ne tiennent pas suffisamment et l'appareil se déplace dès que le patient ouvre la bouche, pour parler ou pour manger. Les ressorts spiroïdes rendront alors les meilleurs services : les têtes de ressort sont vulcanisées dans la pièce, ou encore on emploie des vis que l’on peut aisément fixer dans le caoutchouc durci.

Planche XIV. — Appareils complets supérieur et inférieur en caoutchouc. On aperçoit nettement la forme de l’arcade dentaire. a, pièce du bas ; b, pièce du haut.

Planche XV. — Le même appareil placé en articulation.

lUijJ.jilIPWIWiil

POSE DÉ l’appareil UNE FOIS TERMINÉ 297

On demande souventau dentiste comment il faut porter l’appareil. Si l’appareil a des points d’appui solides et qu’il ne puisse tomber spontanément, nous conseillons de le garder jour et nuit. Dans le cas contraire, il est prudent de le retirer tous les soirs pour le mettre dans beau fraîche. La plus grande propreté est Indispensable si l’on veut éviter la fétidité de la bouche en même temps que la carie des dents naturelles qui subsistent. Il suffira de

brosser la pièce soir et matin avec un peu de craie et de savon et de la rincer après chaque repas.

L’alcool pur ou l’eau salée conviennent fort bien pour ces lavages : on aura soin de ne jamais passer les pièces de caoutchouc dans l’eau chaude, car ceci risque de déformer l’appareil.

Il n’e.st pas inutile de rappeler au patient qu’il s’agit d’un objet très fragile : le cnoc contre une cuvette ou une table de toilette, de même qu’une chute peuvent en déterminer la fracture. Lorsqu’on nous apporte une pièce à

298 PLAQUES EN CAOüTCH'OUC

réparer, il est rare qu’on avoue la véritable cause de l’accident: l'appareil s’est cassé sous l’efFortde la mastication. Tout dernièrement encore j’ai eu l’occasion de relever un fait assez typique : une dame m’avait remis elle-même son dentier qui s’était brisé, disait-elle, en mangeant un grain de café. La réparation effectuée, sa servante vint chercher l’appareil et m’exprima ses regrets d'avoir été la cause involontaire de l’accident, tandis qu’elle brossait la robe de sa maltresse : celle-ci avait oublié le dentier dans sa poche.

Il n’est pas toujours facile de satisfaire les personnes d’un certain âge : presque toujours elles désirent recouvrer la physionomie de leur jeunesse en se faisant remettre des dents. Ceci entraîne beaucoup de dentistes à mettre un excès de gencive artificielle. Le juste milieu est d’ailleurs assez difficile à observer : s’il n’y a pas assez de fausse gencive, le visage semble creux, aplati, et parait amaigri, tandis que le cas contraire amène le gonflement de la face. La fig. 272 donne un exemple du résultat que l’on doit s’efforcer d’atteindre : la partie inférieui'e du visage primitivement affaissée (fig. 27'1) a repris une forme normale sans être cependant tendue.

Réparation des appareils en caoutchouc.

La réparation des pièces en caoutchouc est une des opérations qui se présententent le plus souvent dans la pratique journalière : tantôt les dents se sont détachées ou brisées, tantôt les crochets sont cassés et il existe des fentes dans le caoutchouc.

Lorsqu’il s’agit de remplacer une dent ou d’en fixer une nouvelle sur une vieille plaque, on se sert d’abord d’une scie très fine pour pratiquer une ouverture en queue d’aronde dans le caoutchouc (fig. 273). Api-ès avoir replacé et fixé la dent avec un peu de cire, on fait un essayage dans la bouche ; on porte ensuite la pièce dans un moufle de façon à la recouvrir complètement de plâtre, sauf à l’endroit de la réparation. Le moule ainsi obtenu est huilé et on en fait la contre-partie. Le tout est alors placé

Fig. 273. — Premier temps de la réparation lorsqu’une dent est brisée.

Fig. 273.

Page 1