I. Règles générales pour les appareils de redressement
L’âge le plus favorable pour opérer le redressement des dents se trouve situé entre 12 et 14 ans. A ce moment en effet, toutes les dents permanentes, sauf les dents de sagesse, ont fait leur apparition. Une intervention plus précoce risquerait d’être au moins inutile, car les dents qui surviennent ensuite dans la rangée peuvent annihiler complètement les résultats du traitement. Plus tard, soit par exemple après la 22® année, le rebord alvéolaire a acquis trop de consistance, et s’oppose à la mobilisation des dents. [Il nous est arrivé, à plusieurs reprises, de faire des redressements, même importants, des arcades dentaires chez des personnes âgées de 2S à 3S ans ; nous ysommes parvenus au moyen de l’appareil Gaillard décrit plus loin, et grâce à la résistance et à la constance de nos patients.] Kingsley rapporte également qu’il a pu ramener une canine placée en ectopie, sur un sujet âgé de quarante ans, au moyen d’une vis de Jack ; mais les observations de ce genre sont tellement isolées qu’elles ne peuvent servir à déterminer une règle. Personnellement j’ai tenté de repousser une incisive déviée vers la région antérieure chez une personne du même âge : une traction douce et continue ne réussit qu’à ébranler la dent, de telle sorte qu’une ligature laissée en place pendant plusieurs semaines fut ensuite impuissante à la consolider.
Deux cas font cependant exception à ce principe ; le premier concerne les dents permanentes qui se montrent à partir de la sixième année, lorsqu’elles sont déviées en dehors ou en dedans, au point de venir s’articuler avec leurs antagonistes, du côté opposé à la normale. Un redressement précoce est alors tout indiqué ; car la dent restera fixée dans sa nouvelle position, grâce à l’action des antagonistes et les éruptions successives ne pourront la déplacer d’une manière sensible. Le second cas, heureusement moins fréquent, comprend la projection trop accentuée de l’une des deux mâchoires, ou les arrêts de
ORTHODONTIE
développement q^ui frappent le maxillaire. Ici en effet on ne saurait procéder à une intervention trop hâtive.
Nous ne parlerons que de harrêt de développement qui porte sur la mâchoire inférieure et dépare le visage par suite de la défectuosité du menton. On peut jusqu’à un certain point corriger cette anomalie en disposant des plans inclinés au voisinage des molaires, de façon à repousser la mâchoire en avant. Cette application doit se faire aussi tôt que possible, car, dans certains cas, la tête de l’articulation temporale suit également le mouvement et augmente son amplitude.
Il arrive parfois que l’on est obligé de pratiquer une extraction et môme de sacrifier une dent normale pour se créer de la place [mais cela ne doit se faire que dans les cas exceptionnels]. On s’efforcera alors de causer le minimum de dommage. Les dents les plus apparentes, telles que les incisives, celles qui offrent le plus de solidité, telles que les canines ou les secondes prémolaires sont à épargner. On enlèvera de préférènce la première molaire dont la couronne est très large et qui offre presque toujours moins de vitalité que les autres. Les prémolaires, surtout la première qui se carie assez facilement, pourront également être sacrifiées s’il est nécessaire d’obtenir plus de place, mais il faut dans tous, les cas se garder d’opérer une extraction inutile et pour cela, examiner auparavant avec le plus grand soin s’il ne serait pas possible de créer l’espace nécessaire en élargissant l’arcade.
Avant de faire choix d’un appareil, on prendra-l’empreinte des deux mâchoires. Les modèles permeûent en effet une étude plus approfondie que la bouche et peuvent d’ailleurs servir par la suite à la construction de la pièce.
Les appareils de redressement se composent d’une partie fixe et d’une partie mobile : une troisième pièce les relie l’une à l’autre et sert à modifier leur écart.
La partie fixe est représentée par une plaque de caoutchouc, d’or, d’argent ou de métal ordinaire qui rappelle celle des dentiers ; elle en diffère cependant en ce qu’elle dépasse presque toujours les couronnes, afin de rehausser l’articulation. On se sert également parfois de bandages qui prennent point d’appui sur le crâne, tels que ceux de Kingsley, Angle, Knapp, etc. Nombre de praticiens emploient de préférence des anneaux d’or, de platine iridié ou denickel allié avec del’or, qu’ils fabriquent eux-mêmes et