I. - COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS A. — Couronnes plates
Il est une manière simple et commode d’employer les couronnes plates munies de crampons assez longs. On meule la porcelaine pour ajuster la couronne au bord labial de la surface radiculaire, en ayant soin de laisser à la dent artificielle, d’après l’articulation, la longueur des dents voisines. Puis on enfonce dans le canal préalablement agrandi un pivot dont l’extrémité viendra déborder la gencive de quelques millimètres et qui sera choisi d’un calibre juste suffisant pour permettre une introduction facile. On réunit sur place le pivot et la couronne en courbant les crampons de cette dernière de telle dent plate sorte qu’ils viennent embrasser la tige (fig. 26). in situ. Pour cela rien n’empêche au besoin de redresser à la pince l’extrémité du pivot. Un peu de cire collante (4 parties de cire blanche et 7 parties de résine de Damar) coulée derrière la couronne de façon à la fixer au pivot assure une solidité suffisante pour retirer le tout à la^fois sans fausser l’articulation.
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS
Lorsque le temps fait défaut pour ajuster ainsi la dent dans la bouche môme, on dispose dans le canal un pivot dont on a soin de courber l’extrémité libre. Ce pivot devra rester fiché dans l’empreinte que l’on prend avec du stents. Il faut laisser complètement durcir ce dernier avant de retirer l’empreinte, car sans cette précaution le pivot se dérang'e. En coulant un modèle de plâtre le pivot se trouve scellé dans la position voulue, et rien n’est plus facile que d’y ajuster la couronne en se guidant sur le relief du modèle. Ceci fait, comme dans la bouche, on réunit le pivot et la couronne avec un peu de cire collante, et on enlève le tout.
La cuvette porte-empreinte de Walker (fig. 27) permet d’établir facilement la longueur et la direction du canal d’une racine. Une fois la cuvette remplie de stents, on enfonce la tige, a, de telle sorte que son extrémité fasse saillie et vienne s’introduire dans le canal radiculaire. Lorsque cette tige est bien logée dans le canal, elle sert de guide à la cuvette que l’on fait glisser afin de prendre l’empreinte; au moyen de la vis que porte la bague b on fixe cette dernière contre le manche de la cuvette c, pour repérer la longueur de la tige, et l’on retire pig. 27. - Cuvette celle-ci avant 1 empreinte lorsque le ^ empreinte de stents est suffisamment dur. On remet- Walker. tra la tige en position au moment de couler le modèle. Ce procédé supprime le risque de fausser la direction du pivot lorsqu’on retire l’empreinte et permet d’obtenir un moulage très exact.
La couronne et le pivot, réunis ensemble avec de la cire ainsi que nous l’avons vu, sont mis en revêtement dans du plâtre mélangé d’amiante ou de pierre ponce pulvérisée, en ayant soin de laisser la cire à découvert, de façon à pouvoir l’enlever à l’eau bouillante. Lorsque le plâtre est suffisamment pris, on peut faire chauffer le tout en portant sur une flamme incolore de gaz ou d’essence. Il ne faut pas toutefois élever trop vite la tem pérature, car non se-ulement la gangue de revêtement viendrait à sefendreÿ^âis la porcelaine elle-même pourrait éclater. Pour,)Souder on
DENTS A PIVOT
met un paillon de soudure d’or et très peu de borax sur les crampons, et l’on fait fondre au chalumeau. Après refroidissement, il n’y a plus qu’à enlever la gang-ue et polir le pivot et les crampons de telle sorte qu’ils ne puissent blesser la langue. La fig. 28 représente la dent achevée.
Cette façon de procéder est certainement la plus rapide, mais elle laisse à découvert la base de la racine : on peut remédier à cet inconvénient en creusant quelques points de rétention dans la dentine pour appliquer de l’amalgame (fig. 29). En outre dans bien des cas (surtout lorsqu’il s’agit des incisives ou canines supérieures) les dents antagonistes viendront exercer une pression considérable au niveau de la soudure qui présente toujours une certaine épaisseur : ceci peut détruire l’articulation et obligerait à meuler les dents de la mâchoire inférieure. La porcelaine restera malgré tout soumise à un effort considérable dans l’acte de la Amalgame mastication; or elle est fra- ^^.4“ gile. Il faudra donc la blinder la racine avec une petite plaque de métal comme on le fait dans les autres travaux, et dans ce cas l’extrémité du pivot, aplatie au marteau, viendra se souder sur la contreplaqué.
Dent plate à pivot avec plaque radiculaire. — Nous venons de voir que l’on se sert d’une plaquette de métal pour protéger la porcelaine : ce procédé s’emploie également pour 31
défendre l’accès de la racine Bacin'e avec aux bactéries qui pullulent pivot, dans le milieu buccal, et nous allons essayer de décrire la technique que l’on doit suivre pour ajuster une plaque radiculaire.
Lorsque, en bouche, la racine a déjà été préparée pour recevoir son pivot, on commence par mettre ce pivot en
Fig. 28.
■ Pivot et dent plate soudée
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS
place et l’on prend une empreinte : celle-ci g-ardera la tige soigneusement fichée dans sa masse (fig. 30, 31, 32). En coulant le plâtre avec précaution, on obtient un modèle où
Fig. 32. Pivot dans l’empreinte.
le pivot occu pe très e.xactement la position voulue (fig. 33). On découpe alors une plaquette d’or ou de platine que l’on perfore vers le centre pour laisser passer le pivot : cette plaquette brunie sur la base de la racine doit la recouvrir -complètement, sauf sur le bord labial où il faut
Fig. 33. — Pivot sur le modèle. Fig. 34. — Soudure du pivot avec la plaque radiculaire.
ménager la place de la couronne artificielle. Ceci fait, on soude la plaque au pivot, comme l’indique la fig. 34, et on coupe l’e-xcédent de la tige qui gênerait l’application de la couronne sur la plaque. La couronne une fois ajustée et polie est mise en place sur le modèle ainsi qjie le pivot
DENTS A PIVOT
et la plaquette et le tout est réuni en bonne position avec la cire collante., Pour enlever l’ensemble sans fausser la direction de l’une de ces pièces, il est bon de pratiquer sur la partie antérieure du modèle une sorte de fenêtre (fig'. 36) qui dégage entièrement l’extrémité inférieure du pivot, et permette de la saisir pour faciliter l’extraction. [On obtiendra le même résultat sans détériorer et affaiblir la partie antérieure du modèle, en creusant 'A dans la face inférieure de celui-ci un cône
1 1 ! ii dont le sommet correspond à l’apex de la
'Il il racine et rencontre donc le pivot.] En tout
1^ ' cEis il ne faut jamais négliger de faire en-
* suite un essayage en bouche pour rectifier,
s’il y a lieu, soit la position de la dent ou de la plaque radiculaire, soit même l’articulation.
• Souvent ces retouches sont nécessitées par des inexactitudes du modèle, ou par un dé-
rangement fortuit dans la direction du pi-
plaque radicu- vot. Pour supprimer cette dernière cause laire limée, d’ennui, Sachs conseille, avant de prendre l’empreinte, d’entourer le pivot à son extrémité libre, c’est-à-dire celle qui dans la bouche fait saillie hors du canal, d’une sorte de gaine métallique exacte-' ment ajustée. Elle devra rester fichée dans le stents, et servira à maintenir le pivot dans l’empreinte. On répète la même opération au moment de couler son modèle, en invaginant cette fois l’extrémité du pivot qui dépasse au-dessus du stents : cette seconde enveloppe sera prise dans le plâtre et reproduira fidèlement le canal radiculaire tant dans son calibre, que dans sa profondeur et sa direction. Ce procédé est d’autant dus à recommander qu’il permet de réquents essayages du pivot et sup- Fig. 37. — Dent à piprime le risque de dégrader ou de vot dans le plâtre. Fausser, le modèle.
Lorsque la dent est prête à souder, onia porte à nouveau
Fig. 36. — Modèle avec dent à pivot et dent contreplaquée.
Fig. 36.
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS 27
dans du plâtre, ou dans toute autre substance réfractaire our faire un revêtement (fig-, 37). Il faut employer sufsamment de soudure pour réunir les crampons de la couronne artificielle à sa contreplaqué et à la plaquette radiculaire. Si l’on se sert de simples faces de porcelaine, « de masques » pour remplacer les prémolaires, on devra rétablir l’articulation : ceci s’obtient aisément en accumulant de la soudure sur la plaquette radiculaire lorsque les dents antag'onistes sont assez longues. Lorsque au contraire ces dents se trouvent plutôt courtes et mordent bout à bout, on évitera de donner trop de
f)oids à la dent artificielle, et pour cela on uiconstitueune face linguale au moyen d’une feuille d’or soudée à la plaquette radiculaire.
Les moindres rugosités sur la face postérieure de la dent peuvent causer de l’irritation de la langue : c’est pour cela, bien p- 3g plus que pour donner de l’œil à son travail, terminée que l’on doit toujours terminer par un polis- scellée sur sage très soigneux. La fig. 35 représente une la racine, dentblindée et montre commentle pivotmuni d’une plaquette radiculaire s’enfonce dans la racine. La fig. 38 reproduit la dent complète montée sur la racine.
Emploi de l’étain, de la porcelaine et du caoutchouc. — Herbst indique un procédé très simple pour revêtir la face postérieure d’une dent à pivot d’un épaulement d’étain : la couronne est ajustée en bouche ; le pivot, soit par sa propre courbure, soit par ® l’agrandissement du canal, se trouve disposé de telle sorte que son extrémité extra-radiculaire vient s’engager entre lès crampons, et ceux-ci ont été eux-mêmes légèrement recourbés. On met alors le pivot et la couronne bien en place sur la base de la racine et on les réunit avec de la cire (fig. 39). La forme que l’on donne à cette cire sera exacte- Fig. 39. ment celle que prendra l’étain. Il faut donc Dent plate fixee apporter quelques précautions tant pour moavecdelacire. j^gjgp la cire sur la base de la racine que pour établir la hauteur de l’articulation. Cette dernière s’obtient en faisant mordre le patient dans la cire. Après
DENTS A PIVOT
durcissement, on retire aisément la dent réunie au pivot, et, au moyen d’une spatule lég-èrement chauffée, on rectifie la cire en enlevant les bavures. On porte ensuite en revêtement dans du plâtre et l’on fait fondre la cire. Ceci fait, il est nécessaire de gratter les parties métallicfues (crampons et pivot) pour obtenir avec l’étain une meilleure soudure, et de plus il faut non seulement sécher, mais chauffer très fortement le bloc de revêtement. La flamme d’un Bunsen permet d’atteindre une bonne température. Pour souder, on choisit un petit morceau d’alliage de dimension convenable (une partie d’étain allemand, une partie d’étain anglais) et on le fait couler au moyen d’un petit soudoir en cuivre. Cette dernière opération sera singulièrement plus facile et plus rapide si l’on prend la précaution de mettre un peu de chlorure de zinc sur les crampons et sur le pivot, et de passer le soudoir préalablement chauffé sur un morceau de sel ammoniac. Il faut encore veiller à ce que l'étain remplisse bien la cavité ménagée dans le bloc de plâtre : pour cela, tandis que la soudure est encore liquide, on peut presser avec le pouce en protégeant celuici contre la brûlure par l’interposition d’un morceau de cuir ou d’une compresse (fig. 40, a, bloc de plâtre, b, dent.
Fig. 40. — Pression de Fig. 41. — Dentà
l’étain liquide. pivot polie, avec corps
en étain.
c, étain, d, cuir). Après refroidissement on enlève le revêtement et on donne à l’étain la forme et le poli convenables (fig 41), en laissant plutôt un peu trop d’étoffe. Ceci en effet se corrige facilement en bouche quand l’articulation est trop haute, tandis que dans le cas contraire on n’obtient que de mauvais résultats. Herbst conseille il
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS 29
est vi-ai d’ajouter un peu d’amalgame mais, à mon sens, ce genre de raccord est éphémère.
Ce procédé (jue j’ai maintes fois mis en pratique, sui’tout dans mes services de clinique, présente une solidité très suffisante. Il arrive bien parfois que l’étain se détache des incisives et des canines, mais je n’ai jamais constaté cet accident pour les prémolaires. A leur niveau on peut en effet employer une plus grande épaisseur de métal et ceci en fait un véritable lieu d’élection. De même lorsqu’il s’agit de racines profondément cariées dont les bords sont creusés en entonnoir : l’étain s’applique contre le pivot en couche suffisamment épaisse et procure une bonne obturation du canal. Notons toutefois quesa couleur un peu tranchante empêche d’employer l’étain dans les parties trop découvertes.
Couronnes de Gilbert. — Les couronnes avec un contrefort en porcelaine, telles que les décrivent Gilbert et d’autres auteurs, ont un très bel aspect. Leur pose exige d’abord la confection d’une plaquette de platine très soi-
fneusement ajustée sur la base de la racine et que l’onsouera au pivot. Pour emboutir très exactement cette plaquette on l’applique sur la surface de la racine au moyen d’un brunissoir. Elle ne doit recouvrir que la région linguale de cette surface : sur le côté labial en effet la dent reposera directement sur l’ivoire. Le pivot que l’on fait avec du platine doit dépasser la plaque de quelques millimètres pour venir aider les crampons dans leur rôle de soutien vis-à-vis de la porcelaine. Suivant la technique que nous connaissons, la porcelaine est coulée dans du plâtre et cuite au four. Non seulement ces dents ont un aspect naturel mais elles sont encore très solides. Toutefois leur usage n’est pas très répandu, car on leur préfère d’ordinaire certaines couronnes en émail qui se trouvent dans le commerce et dont l’aspect et la solidité ne laissent également rien à désirer.
Couronnes de Smith et Schwarzkopf. — Il existe un autre système dont l’application est relativement facile : c’est celui dans lequel la dent a sa partie linguale formée de caoutchouc vulcanisé. Smith et Schwarzkopf conseillent pour cela de réunir le pivot et la porcelaine avec de la cire, soit sur le modèle, soit en bouche, de façon à obtenir une
DENTS A PIVOT
fidele reproduction de la surface radiculaire, et de donner à cette cire le relief nécessaire pour l’articulation. On porte ensuite le tout dans du plâtre et l’on fait fondre la cire à l’eau bouillante pour y substituer du caoutchouc. Pour avoir plus de solidité, il est bon de courber un peu les crampons et de pratiquer des encoches formant hameçons sur la partie du pivot qui sera prise dans le caoutchouc. Mieux vaudrait même souder ensemble pivot et crampons. On bourre ensuite avec du caoutchouc, et celui-ci est vulcanisé, durci, et enfin très soig'neusement poli.
Lorsque ce travail a été exécuté convenablement et que le caoutchouc n’a souffert aucun dommag-e sur sa face radiculaire, on obtient un très bon résultat : Les dents s’adaptent d’une manière parfaite et leur légèreté fait de ce système un excellent procédé lorsque les racines sont affaiblies. Le seul inconvénient qu’il présente réside dans l’usure assez rapide du caoutchouc vulcanisé.
Système Richmond. — Pour obtenir plus de solidité, et en même temps protéger la dentine, Richmond a imaginé de réunir la couronne et la racine au moyen d’un collier. Primitivement il établissait une couronne massive, présentant à sa base un cercle de métal. Par suite de l’extrême difficulté d’un bon ajustage, ce procédé restait peu pratique. Richmond perfectionna donc sa méthode et donna celle qui est adoptée aujourd’hui par la grande majorité des praticiens, en combinant l’emploi du collier et des couronnes ordinaires. La dentdeRichmond, s’ils’agit d’une dent plate, comprend, outre la couronne, une contreplaqué pour protéger la porcelaine, une plaquette pour couvrir la racine, un pivot et un collier.
Pour poser le collier, il Fig. 42. fautd’abordpréparerlabase Collet" conique de la racine comme la cou- ; bien formé. ronne. elle-même. Les bords du colletsont naturellement tronc-coniques (fig. 42) ; ils seront taillés à pic, de façon à les rendre parallèles (fig. 43) au moyen de meules assez minces, ou bien encore de fraises (fig. 44). Avec ces der-
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS
nières toutefois, on n’oubliera point de terminer avec des rondelles de papier de verre afin de polir et d’enlever toutes les rugosités. C’est là un travail assez pénible et fort minutieux, car si les bords de la racine ne sont pas rigoureusement pai’allèles, le collier s’adaptera mal, et l’on aura de nombreux désagréments. De plus, comme cette bague doit s’enfoncer de un ou deux millimètres sous la gencive, l’apprêt de la racine à cette hauteur ne se fait pas sans douleur et sans hémorrhagies. Le meilleur moven de les éviter est de se servir de cocaïne et d’adrénaline.
Quelques gouttes de cette solution d’adrénaline à un pour mille appliquée au moyen d’un pinceau ou injectées dans les tissus, suffisent pour prévenir toute hémorrhagie pendant l’opération. Dans la pratique, on additionne la solution anesthésique de cocaïne à 1 0/0 de quelques gouttes d’adrénaline ; les bourgeons saignantlégèrement sont cautérisés au ithermo-cautère ou à l’acide trichloracétique.
On peut encore éviter la douleur en refoulant la gencive avec de la gutta-percha. „
On chauffe celle-ci et on en garnit un pivot que l’on enfonce dans le canal radiculaire préparation préalablement bien desséché (fig. 45). Il du collet, faut employer une assez grande quantité de gutta ; elle doit en effet exercer une pression suffisante sur tout le pourtour gingival, et l’on pourra au besoin venir prendre un point d’appui sur les dents voisines pourvu que ces dernières soient également bien desséchées. J’attache à ces préliminaires plus d’importance qu’on ne le fait généralement : en refoulant la gencive on voit la région sur laquelle on opère, et on peut la sécher convenablement avant de poser la couronne.
How a construit un instrument qui permet de donner très facilement une configuration régulière aux bords de la racine. La figure 46 en donne une reproduction : c’est, on le voit, une sorte dé compas dont les branches peuvent se rapprocher à volonté ; la pointe' centrale assez forte pénètre dans le canal de la racine et sert de guide à la fraise qui termine l’autre branche.
fTouvet-Fanton construisit dans le même but un . appa-;
DENTS A PIVOT
reil fort ing-énieux qu’il nomme appareil fretteur-sertis-
Lorsque le profil de la racine se trouve ainsi préparé, on dispose la surface de base comme pour les autres dents à
Fig. 4S. — Compression de la gencive par la gutta-perclia.
Fig. 47.
Face labiale du collet
taillée en biseau.
pivot (fig. 47). La partie labiale est meulée jusque sous la gencive, tandis que la région linguale peut au contraire dépasser ce niveau.
On prend alors une empreinte, soit avec de la gutta-percha fortement comprimée, soit avec du plâtre ou du stents. Un autre procédé plus recommandable consiste à entoul'er la racine avec un fil d’archal ou de fer : les bouts qui dépassent sont tordus ensemble de façon à former un anneau. Cet anneau est enlevé, fendu, puis porté sur une feuille d’or à 22 carats, pour donner la longueur d’une bande que l’on découpe en lui laissant une largeur de 2 mm. environ. On forme ensuite la bague en soudant Fig. 46. ensemble les deux extrémités de
Instrument de How. bande.
Pour que le collier ainsi obtenu ne devienne pas dur et rigide on ne met sur le joint
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS
qu’un très petit paillon de soudure. Le travail a encore meilleur aspect lorsqu’au lieu de soudure on emploie le liquide qui se trouve dans le commerce dans le non de « sorosis » : il réunit les deux extrémités de la bande d’une manière aussi solide que rapide et ne forme aucune épaisseur.
Grâce à leur minceur et à leur malléabilité ces colliers se laissent facilement plier, et se prêtent à une adaptation très exacte sur la racine ; si l’anneau se trouve trop grand, mieux vaut le rouvrirafîn de diminuerson diamètre; si ce dernier au contraire se montre trop étroit, il sera très facile de l’élargir en le forçant à plusieurs reprises avec la pince du D'- Pecks (fig. 48). [La surface inférieure du collier, en rapport avec le ligament circulaire, doit épouser les vallonnements de la muqueuse sous laquelle il pénètre partout de la même hauteur. Pour obtenir ce résultat, ayant enfoncé le collier au- “ tant que possible sur le col-
let de la dent, on trace avec une pointe fine l’endroit exact où la gencive recouvre la bague. Celle-ci étant ensuite retirée, sa face inférieure est entaillée aux ciseaux courbes selon la ligne qui vient d’être marquée.]
Vers sa région labiale le collier présente . une échancrure (fig. 49,) a qui est destinée à recevoir la couronne : sa forme doit tenir Coiffifderacine compte de l’application d’un couvercle et avec pivot mis être par conséquent très régulièrement plane en'place. PiiEisvvERK. Prothèse dentaire. 3
Fig. 49.
Anneau radiculaire limé en côté labial.
34 DENTS A PIVOT
dans sa région supérieure : pour cela, il suffît de frotter cette surface sur une lime fine plate. Ce couvercle se fait avec une feuille d’or mince que l’on soude sur l’anneau pour figurer une coiffe. Le fond de cette coiffe est percé d’un trou qui laissera passer le pivot (fig. SO). Il est nécessaire de repérer exactement l’endroit que l’on va percer : on y arrive aisément en colorant la surface radiculaire avant d’y enfoncer la coiffe.
Lorsque tout va bien, la coiffe et son pivot sont mis en place et l’on ajuste la couronne en veillant à l’articulation ; de la cire collante, en quantité suffisante pour empêcner tout déplacement consécutif, fixe l’ensemble en bonne position. Il ne reste plus qu’à opérer le revêtement dans du plâtre, la soudure et enfin la pose.
Au lieu de se faire en bouche, tout ceci peut être exécuté sur Fig. 51. un modèle. L’empreinte sera
Dent à prise par dessus la coiffe et le pivot avec pivot, mais, avant de la retirer, son collier. JJ faut avoir soin de laisser durcir suffisamment le plâtre ou le stents. Il est indispensable d’avoir un modèle des dents antagonistes pour établir l’articulation.
[Si l’on croit un certain nombre de cliniciens, le platine serait mieux supporté que l’or par la gencive, aussi serait-il préférable d’employer le platine iridié pour façonner l’anneau et la plaquette formant la calotte qui recouvre la racine.]
Le système Ricbmond offre un grand avantage ; il relie très solidement la couronne et la racine, et ceci en fait un procédé dechoixlorsqu’il s’agit de prendre un pointd’appui et de construire un bridge. Son emploi permet encore à une racine un peu courte de recevoir un pivot suffisant
pour supporter et garder très longtemps une couronne artificielle. Mais pour peu que la coiffe ne soit pas très soigneusement ajustée ou que la pose en soit mal faite, tout le travail assez minutieux qu’exige sa construction devient absolument inutile.
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS
Système Büttner. — Büttner a construit une dent artificielle munie d’un collier qui ressemble à celle de Richmond : toutefois, au lieu d’avoir à tailler
Eetit à petit les bords de la racine, de façon à ;s rendre parallèles, il obtient directement une section cylindrique de calibre régulier au moyen de divers instruments. De plus il existe dans le commerce des coiffes toutes pi’éparées qui répondent à ses calibres, de telle sorte qu’il n’y a qu’à choisir un numéro correspondant pour avoir un ajustage rigoureux.
Les instruments de Büttner sont
paré
che à fraiser, représentée (fig. 54), d’après la sert à raser et à polir la base de la méthode racine; le trépan (fig. 55) pénètre de Büttner. sous la gencive et donne au collet une forme cylindrique tout en lui laissant une sorte d’épaulement (fig. 53). Quand la racine est prête, on enfonce un pivot dans le canal et on prend une empreinte -en se servant d’un porte-empreinte perforé de telle sorte qu’il laisse passer la tige. Lorsque la substance Fig. 54. qui a servi à prendre l’empreinte Instrument est suffisamment ferme, on enlève pour la d’abord le pivot avec précaution, des^racines remet dans l’empreinte
(Méthode^ qu’après avoir retiré celle-ci de la Büttner). bouche. Cette manœuvre empêche la tige de dévier et lui assure par
g la suite une bonne direction.
On dispose ensuite sur le pivot un petit moule métallique (fig. 56) qui figure le collet de la racine Fig. 56. naturelle après sa préparation.
Petits mo- Pris dans le plâtre du modèle, il dèles en représentera très exactement les métal dimensions de la racine, et lecanal (Büttner). jj ggj. perforé au centre laissera glisser
le pivot comme le canal radiculaire. Il faut avoir soin de
Fraises
préparation
DENTS A PIVOT
Fig. 58.
Coiffe radiculaire
! système;
dégager du plâtre le collet de ce fac-similé de la racine, afin de pouvoir y adapter une coiffe d’or. On aura toujours une certaine quantité de ces dernières sous la main, pour en choisir une d’un calibre correspondant.
Cette coiffe est perforée pour laisser passer un pivot d’or ou de platine (fig-. 38) et la couronne est aj ustée très exactement sur la coiffe. L’extrême précision de ce procédé rend inutile un essaj'age dans la bouche ; la dent Fig. 57. — Modèle terminée (fig. 59 et 60) pour la dent à pivot ressemble," comme nous de Bfittner. l’avons dit, à celle de
Richmond.
Personnellement, je n’ai pas expérimenté c son adaptation en quelque sorte mécanique semble cependant devoir constituer une protection efficace contre- toute carie secondaire et assurer au pivot une grande solidité. [Cela serait vrai si les racines étaient régulièrement cylindriques, mais il est loin d’en être ainsi, et le frettage doit mettre à nu des parties radiculaires qui ne seront pas protégées par la bague,]
Couronnes avec demiTcoflier. — Bien des auteurs ont recommandé de n’employer que des demi-colliers au lieu d’un anneau complet. Chris- . tiensen, qui tout dernièrement encore insistait sur ce sujet, -résume ainsi les inconvénients que présente le collier.
& d» L’application d’une bande d'or cylindrique entraîne le sacrifice de l’émail, c’est-à-dire de la protection la plus efficace contre la carie ;
Büttner ache-
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS 37
2“ Ce sacrifice amène à son tour un affaiblissement de la racine ;
3“ La rétraction prog-ressive du rebord g'ing'ival finit par découvrir l’or. [Cette rétractation se fait bien plus fréquemment au niveau de la canine et des petites molaires que dans la rég-ion incisive.]
Toutes ces objections disparaissent par l’emploi du demi-collier, dont voici la technique : au moyen du couperacine d’Ottolengui, on va sous la gencive sectionner la racine, de telle sorte que son point de contact avec la couronne artificielle demeure invisible. La préparation du canal se fait comme à l’ordinaire, on introduit le pivot, et on entoure la partie linguale de là racine d’un demi-cercle, confectionné avec une bande d’or mince à 22 carats. Ce demi-cercle est suffisamment enfoncé entre l'ivoire et le muqueuse pour s’y fixer. On prend alors une empreinte au plâtre, en ayant soin d’y laisser adhérer le pivot et le demi-cercle, et l’on coule un modèle, qui, comme pour les autres dents à jiivot, permettra de mener son travail à bonne fin. [Nous préférons à ce mode de préparer le demicollier une autre méthode donnant des résultats beaucoup plus parfaits et plus sûrs et qui consiste à façonner d’abord une coiffe entière, c’est-à-dire un collier recouvert d’une feuille de métal, ainsi que pour les dents de Richmond, à la placer sur la racine, l’ajuster parfaitement et y fixer le pivot. Cela fait, on use à la meule en même temps la face labiale sous-gingivale de la racine et la partie du collier qui la recouvre. On obtient ainsi un demi-collier parfaitement ajusté auquel il ne reste plus qu’à fixer la dent de porcelaine selon la technique ordinaire.]
D’après Christiensen, ce n’est que lorsque la racine est profondément cariée que l’on a avantage à se servir du collier complet.
Dents à pivot de Sachs.
a) Avec tubes cannelés.
b) Avec pivot coudé.
a) Avec tube cannelé. — Sachs décrit ainsi sa méthode dans le manuel de J. Schefifs : « Le canal radiculaire est préparé comme d’habitude, et la surface de base limée à la hauteur voulue, en ayant soin de remonter assez loin pour cacher le collet de la couronne artificielle sous la
DIÎNTS A PIVOT
gencive. On prend alors un tube de platine et on l’étire dans une filière dont les trous figurent une étoile. La reproduction schématique d’une section transversale de notre tube présentera la même disposition : une étoile régulière à huit branches. Une tige d’or ou de platine offrant des arêtes correspondantes entre à frottement dans le tube et 'forme le pivot. L’extrémité du tube qui regarde l’apex radiculaire est fermée. Une plaquette métallique de 2 à 3 mm. de hauteur, soudée à l’autre extrémité sur la paroi externe du tube et dans le sens de la longueur, servira à la maintenir et à l’empêcher de tourner dans le canal radiculaire.
A cet effet, après avoir agrandi le canal sur une prefondeyr de 6 à 8 mm., on pratique avec la fraise une entaille de 3 à 4 mm. en partant de la surface radiculaire, du côté où l’ivoire a le plus d’épaisseur. Par la suite la plaquette viendra s’y loger, à la façon d’un tenon dans une mortaise. Avec la fraise encore on ménage dans la paroi du canal deux ou trois points de rétention, et l’on creuse toute la base radiculaire en forme de cupule.
Le tube, sur lequel on a extérieurement pratiqué quelques stries au couteau, est scellé dans le canal avec du ciment un peu clair; il doit alors dépasser de quelques millimètres la surface de la racine. Après durcissement on enlève l’excès de ciment qui a pu se loger dans la cupule, et on le remplace par de l’or ou de l’amalgame qui donneront plus de solidité. Pour opérer il faut que le canal reste sec : un excellent moyen consiste à placer la digue en caoutchouc pour isoler les dents voisines.
Pendant ce remplissage le pivot est resté dans le tube, tant pour protéger la paroi assez mince de ce dernier pendant le foulage de l’or, que pour empêcher des parcelles d’amalgame ue pénétrer dans sa lumière.
On enlève alors la digue et le pivot, et on lime la partie saillante du tube ; cette dernière opération ne se fait toutefois que le lendemain lorsqu’on use de l’amalgame, afin de permettre à celui-ci d’acquérir toute sa dureté.
Le limage du tube a laissé sur ses bords internes une arête qui empêcherait le pivot d’entrer librement. On détruit ces bavures à l’aide d’un excavateur. Grâce au remplissage la surface de la racine est désormais dans toute son étendue à l’abri des atteintes de la carie. On choisit alors une couronne de teinte et de forme conve-
COURONNES A PIVOTS SÉPARI5S
nables que l’on protèg-e d’oi'dinaire avec une contreplaqué, et on rajuste de telle sorte qu’elle vienne s’adapter exactement sur le bord labial de la racine. Un peu de cire collante rénnit la couronne et le pivot que l’on a enfoncé dans le tube, et permet de les retirer d’un seul bloc pour lessouder. Il- est commode de laisser assez de long’ueur au pivot pour qu’il vienne dépasser le bord incisif de la dent, et qu’on puisse le saisir avec des pinces. Presque toujours cependant cette disposition empêcherait la dent artificielle de prendre exactement sa place : on peut y remédier en courbant le pivot au moyen de deux pinces plates entre les mors desquelles on aura interposé de petites plaques de plomb, afin de ne pas endommag'er les cannelures sous l’effort de la pression. Un autre moyen serait de se servir d’une meule en corindon, et de pratiquer une entaille sur la face postérieui’e de la dent, entre les crampons.
.l’estime non seulement inutile, mais encore nuisible d’ajuster une plaquette pour couvrir la racine ; elle offrirait un refuge aux débris alimentaires et à toutes les impuretés.
La surface de l’ivoire est, ainsi que nous l’avons vu, entièrement protégée par un plombage; dans la bouche, l’entretien en est aussi facile que celui des autres dents.
Avec ce système, lorsque le pivot est bien à sa place dans le tube, la dent artificielle n’a besoin d’aucun autre moyen de consolidation, et il est très facile de l’enlever. Néanmoins, si l’on veut empêcher le patient de la retirer sans nécessité, on peut mettre dans le tube un peu de ciment ou -de chlorapercha et fixer ensuite le pivot par une pression un peu plus forte.
Notons encore qu’avec des dents de ce genre, lorsque la face de porcelaine vient à se briser on a le grand avantage de pouvoir extraire le pivot et d’y souder une nouvelle couronne en très peu de temps. »
De l’avis de l’inventeur, ces dents ne conviennent qu’à des racines assez volumineuses, telles que celles des incisives et des canines.
b) Avec pivot coudé. — A propos de ces dents qu’il a imaginées, Sachs lui-même écrit :
« Elles ne pourront servir que dans les cas où l’articulation s’établit sans amener une pression trop énergique sur les dents. »
DENTS A PIVOT
Les différentes pièces qui rentrent dans leur construction se trouvent toutes préparées chez les fournisseurs.
Ici, la solidité est parfaite, la surface del’ivoire se trouve absolument à l’abri de la carie, et en outre, comme on a sous la main des pièces toutes préparées, il ne faut que très peu de temps pour les aju.ster. Une tige de platine cannelée supporte en forme de coude ou de baïonnetfe(fig. Cl c) un fil demi-jonc de même métal, sur lequel coulisse très exactement un tube (d) . On agrandit le canal l’adiculaire de telle I \ sorte qu’il puisse recevoir la tige
J .1 cannelée (a) et on pratique quel-
ri jÊ ques points de rétention sur les
n parois de la denline. La base de la racine est disposée en forme de coupelle et l’on y creuse également un anneau de rétention. Sur le bord labial on ajuste une couronne plate ordinaire. Cette dernière est blindée avec une plaque de platine, sur laquelle on rive légèrement les crampons après les avoir suffisamment limés. Le canal convenablement séché, on y introduit du ciment et on met le pivot en place anrès avoir pratiqué quelques encoches sur ses rainures (il ne faut employer que la quantité de ciment nécessaire pour remplir le canal : la cupule de la base doit rester libre). La partie supérieure formant la lame de la baïonnette étant dirigée vers la région linguale, le bras du coude repose dans l’excavation et doit empêcher le pivot de tourner dans le canal (fig. 61 a). Les cannelures delà tige ont laissé refluer l’excédent du ciment : après durcissement, toutce qui déborde du canal dans la cupule est enlevé à l’aide d’un excavateur. On glisse alors le tube de platine sur le demi-jonc qui forme l’extrémité du pivot, et avec de la cire on fixe ce tube à la couronne artificielle. Lorsque la cire est dure, on saisit l’extrémité du tube avec une pince et on le retire avec précaution en même temps que la couronne. On porte alors en revêtement, et api’ès soudure le bord incisif de la dentreçoitle polissage convenable. Quanta la face linguale, il faut avant de la réduire vérifier en bouche l’articulation. Du côté incisif l’orifice du tube est arrondi et ses bords
COUROINNES A PJVÛTS SÉPARÉS
taillés en biseau aux dépens de la surface interne. Un amalgame très mou, de la gutta-percha chaude ou du ciment disposés dans la cupule radiculaire serviront à l’aide d’une forte pression pour sceller définitivement la dent artificielle à sa place. On achève avec un petit poinçon lisse (que l’on peut faire soi-même avec un fouloir à or brisé) et de légers coups de marteau, pour écraser la tête du pivot dans le biseau du tube, avant de polir une dernière fois. Si une dent ainsi construite venait à se briser dans la bouche, il n’y aurait qu’un coup de lime à donner pour libérer la douille, et l’on pourrait, en fort pèu de temps, ajuster une nouvelle dent, soit en prenant un autre tube, soit même en se servant de l’ancien.
Pour les racines des bicuspides supérieures, le pivot simple est remplacé par deux tiges auxquelles on donne l’écartement des deux canaux radiculaires. On réunit ensemble les deux extrémités libres de ce double pivot, et l’on n’a plus qu’à agir comme si l’on se trouvait en présence d’un canal unique, mais de calibre plus fort. Le demi-jonc et la douille sont naturellement beaucoup plus forts en ce cas que pour les dents antérieures. »
Système Low. — Lowa bien moins inventé un « Système » qu’établi une méthode en imaginant de construire
Fig. 62. — Dents à pivots de Low.
des couronnes et des instruments spéciaux.
On lui doit un jeu de trépans de sept grosseurs diffé-
DENTS A PIVOT
rentes auxquels correspondent exactement d’autres séries de coiffes et de pivots (ég. 62).
Les trépans sont construits de façon à donner au canal une section cylindrique dont le diamètre va en se rétrécissant par intervalle pour former dans l’ivoire des épaulements successifs. En même temps la surface de base est creusée en forme de cupule. Les pivots sont faits avec un alliag-e de platine et de nickel et présentent des renflements successifs en forme de degrés, pour répondre aux différents types de trépans. Ils sont en outre munis d'une plaquette radiculaire qui affecte la disposition d’un verre de montre et recouvrira très exactement sur la dent la cupule de base. Enfin, pour donner à la couronne un point d’appui plus solide, le pivot se pi’olong'e au delà de la plaquette dont il domine la face convexe. .
Les couronnes sont des dents plates ordinaires. L’examen de la fig’. 63 permet de comprendre la marche à suivre
Fig. 63. — Pose des couronnes de Low.
pour la pose d’une dent de ce genre. Comme d’habitude on agrandit le canal radiculaire ; on se sert ensuite d’un trépan de Low que l’on choisit suivant l’épaisseur de l’ivoire pour façonner la racine (fig. 63 a). Le pivot (h) mis en place on prend l’empreinte et l’on coule un modèle sur lequel on ajuste la couronne qui sera plaquée avec de l’or ou du platine. Il nereste plus qu’à souder la couronne sur le pivot pour terminer son travail ; la dent sera mise en place suivant la technique habituelle. Le système de Low procure une obturation parfaite et présente une solidité extraordinaire. Son auteur le recommande également pour le
COURONNES A PIVOTS SÉPARES
"travail à pont, et dans ce cas en effet il peut rendre de grands services. Notons toutefois qu'il est très difficile de donner aux pivots une direction exactement parallèle par suite de l'extrême rigidité du pivot dans un canal prépai’é à l’avance. (La fig. 63 a, montre la dent finie et soudée, et la racine coi’respondante, a, la même, en coupe longitudinale.)
Couronnes spéciales.
Jusqu’ici nous n’avons étudié que des systèmes permettant de remplacer la couronne perdue par une dent plate : il existe cependant dans le commerce bon nombre de couronnes artificielles dont la forme est établie tout spécialelementen vue de la construction des dents à pivot. Quelquesunes présentent des avantages sérieux ; il faut reconnaître toutefois que, malgré leurs mérites, la dent plate s’emploie bien davantage. Ceci tient sans doute à l’assortiment de ces dents que tout praticien est obligé d’avoir sous la main pour les travaux de prothèse en or ou en caoutchouc et qui lui offre un choix tout naturel pour monter une dent à pivot.
Nous allons voir que le plus souvent ce n’est pas seulement la forme de la couronne mais aussi celle du pivot qui se trouve modifiée.
Système Davis. — La couronne de Davis (pour les incisives, les canines, et les prémolaires), est, en porcelaine, la fidèle reproduction de la nature (fig. 64). La base en est concave, et dans son milieu vient s’ouvrir un canal très court qui part du centre de la couronne (fig. 64, a). Le pivot de Davis est séparé en deux parties de hauteurs inégales par un renflement circulaire en forme de plateau. Le segment le plus long est aussi le plus mince : il viendra se loger dans le canal de la racine, et pour donner plus d’adhérence au ciment, présente à sa surface des gorges de rétention. Quanta l’autre partie delà tige, plus courte et plus épaisse, elle pénétrera dans le canal de la couronne en porcelaine, tandis que le plateau devra remplir très exactement la cupule de la base.
L’ajustage est très simple : avec la meule on donne à la racine, au niveau de la gencive, une surface horizontale ou légèrement oblique, de façon à déborder la muqueuse
DENTS A PIVOT
dans la rég-ion ling'uale, et l’on réduit la base de la couronne artificielle pour obtenir une adaptation pai’faite.Le temps le plus délicat de l'opération est l’agrandissement du canal radiculaire : il faut qu’à l’essayage la couronne etson pivot recouvrent très exactement la surface de la dentine. En outre tout le contour de base de la couronne sera meulée très soigneusement pour éviter que le joint ne présente une fissure lorsqu’on fixera la porcelaine sur la racine. Il y a un moyen assez commode pour obtenir un joint d’une extrême préa b cision : c’est de mettre un
peu de couleur sur la surface de l’ivoire ; à l’essayage la pression fait colorer les points sur lesquels il faudra porter la meule. Lorsqu’on ne peut ou qu’on ne veut pas faire l’essayage en bouche, un bon modèle peut suffire : le plâtre se dégrade trop aisément et ne conviendrait point ; on se servira de préférence du métal de Spence.
La dent est fixée dans la bouche avec ducimentetcelui-ci sert aussi bien pour sceller le pivot dans la racine que pour souder la couronne sur le pivot.
Lorsqu’on veut obtenir plus de solidité, on adapte sur la racine une coiffe qui sera soudée au pivot.
On peut faire un reproche aux couronnes de Davis et cette critique s’adresse d’ailleurs à toutes les couronnes spéciales : c’est qu’il e.xiste des racines sur lesquelles on ne peut pas toujours les adapter très exactement. En outre le ciment arrive parfois à se désagréger au bout d’un certain temps, et la couronne se détache. Leur mérite réside surtout dans le naturel de leur aspect et la facilité des réparations ; lorsque la porcelaine s’est brisée, l’extraction du pivot est inutile et rien n’est plus facile que d’ajuster, polir et fixer une nouvelle couronne.
Fig. 64. — Couronne de Davis,
Système Bonwill. — Ici nous avons des couronnes aussi bien pour les canines et les incisives que pour les
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS
molaires et les prémolaires (fig-. 65). Ces couronnes sont loin d’être pleines ou « massives »et nous pourrions assez justement les comparer à des coquilles en porcelaine : la concavité de la base prend une telle importance qu’il ne reste plus guèi’e C[ue des parois assez minces. La face triturante des molaires et des prémolaires offre en outre une excavation analogue qui communique avec celle de la base. Ce sont là des canaux. Simple pour les incisives et les canines, le canal est double pour les molaires. Le pivot
Fig. 65. — Couronnes de Bonwill.
en platine iridié est assez mince, barbelé, et présente une légère courbure sur le champ (fig. 65, a).
La racine est meulée comme d’habitude, et le canal agrandi d’après les dimensions du pivot. La couronne s’ajuste aussi exactement que celle de Davis. On plie et on
DENTS A PIVOT
raccourcit le pivot (ou les deux pivots s’il s’agit d’une molaire ou d’une première prémolaire), de telle sorte que son extrémité vienne affleurer presque le bord de la c ronne (fig. 65, b).
Avec de l’amalgame et non pas du ciment, on fixe le pivot d’une part à la racine, et d’autre part à la couronne et pour cela le canal a reçu au préalable quelques points de rétention. Quant à la couronne la forme en entonnoir de sa cavité donne une garantie de solidité suffisante lorsque l’amalgame a pris toute sa consistance.
Personnellement je connais bien la forme de ces couronnes, mais j’ignore quelles sont leurs qualités dans la pratique. 11 semble cependant que le résultat ne puisse être mauvais si l’on emploie un bon amalgame (Bonwill a donné lui-même la formule d’un de ces derniers). En outre la réparation doit en être facile.
Système Mountford. — La couronne Mountfort figure un bloc de porcelaine traversé par un tube de platine. Son aspect rappelle assez bien la dent anglaise à tube dont on se sert pour les b travaux métalli¬
ques : elle en diffère cependant par l’évidement de sa base (fig. 66, a). La première moitié du pivot présente la forme ordinaire cylindrique ; l’autre partie est aplatie et ses faces sont légèrementconcaves, dans le sens de la hauteur (fig. 66, b). Cette dernière entrera dans la racine tandis que le segment
Fig. 66. — Couronnes de Mountford. arrondi fixera la couronne.
Lorsque la couronne a été ajustée en bouche ou sur un modèle, on agi’andit le canal radiculaire, de façon à former une fente assez profonde pour recevoir toute la lame
COUUOININES A PlYOTS SÉPARÉS
in
qui termine le pivot. Si l’on es.saie alors de mettre la couronne à sa place sur la partie cylindrique de la tig^e, on constate bien souvent que sa direction est vicieuse, et que la couronne ne reste pas dans l’axe des autres dents. La correction se fait au moyen de deux petites pinces plates (jamais avec les doigts) en modifiant la courbe du pivot au point qui touche le fond de l’excavation creusée dans la base de la couronne. Lorsque la racine est assez forte, on a encore la ressource d’exagérer l’agrandissement du canal, soit dans le sens labio-lingual, soit dans le sens mésio-distal, afin d’obtenir une meilleure implantation.
Pour sceller le pivot en bonne position, on le coiffe, sans forcer, de sa couronne, et après avoir enduit sa lame avec du ciinent, on le met en place avec autant de soin que si la pose était définitive, sans négliger de maintenir un doigt sur la couronne jusqu’à prise complète du ciment. On peut ainsi donner au besoin un dernier coup de meule, et assurer une adaptation parfaite sur la base radiculaire avant de cimenter à son tour la partie cylindrique du pivot pour fixer la couronne.
Les dents de Mountford peuvent aussi se monter sur une coiffe, ce qui leur donne évidemment plus de solidité. Elles ont un aspect naturel, et il est facile de les remplacer lorsqu’elles viennent à se briser.
Dents à tube ordinaires. — Les dents à tube ordinaires s’emploient d’une manière tout à fait analogue aux précédentes (fig. 67, a et b). Nous décrirons brièvement la technique qui nous donne les meilleurs résultats, en prenant l’exemple d’une première prémolaire supérieure.
On prépare les deux racines de façon à recevoir deux pivots aussi parallèles que possible. Lorsque ceux-ci sont en place, sans toutefois être fixés, onprenduneempreinte. Les pivots sont reportés sur le modèle et sur la surface radiculaire de ce dernier on ajoute, comme un couvercle, une plaquette mince de platine perforée pour laisser passer l’extrémité des tiges. Couvercle et pivots sont soudés ensemble (fig. 67, c) en laissant couler un excédent de soudure pour renforcer la plaquette, et, avant de remettre en place sur le modèle, on lime l’extrémité des tiges qui dépassent le disque. On meule ensuite une dent à tube, de façon que sa base s’ajuste sur la plaquette et que sa face triturante articule avec les antag-onistes. Pour déter-
DENTS A PIVOT
miner le point précis du disque où l’on devra souder la tige coronaire, il suffira de colorer la pointe de cette tige et d’appuyer au travers du tube de la couronne, lorsque cette dernière se trouve bien à sa place. Le point ainsi marqué se trouve entre les deux points radiculaires. Nous verrons, à propos de l’emploi des dents à tube dans la prothèse en or, la technique qu'il faut suivre pour souder le pivot coronaire suf la plaquette (fig. 67, d). Quant à la couronne on la fixe sur le squelette métallique soitavec du ciment, soit avec du soufre, mais ce dernier exige une certaine température. La fig. 67, e, représentela dentterminée.
Fig. 67. — Dents à tubes ordinaires.
Ce système de dents à pivot est des plus commodes, en ce sens que tout le travail peut se faire à l’atelier. Les retouches ne sont presque jamais nécessaires ; cependant lorsque les pivots sont soudés à la plaquette, il est préférable de faire un essayage dans la bouche avant de terminer. Au point de vue esthétique l’emploi des dents à tube donne les meilleurs résultats ; déplus, elles se recommandent encore par l’extrême facilité avec laquelle on les remplace en cas d’accident. D’ailleurs, en raison de leur solidité, ce cas ne se présente guère que pour des couronnes meulées très bas. 11 est à peine nesoin d’ajouter que ce genre de couronnes peut .s’employer pour toutes les dents et se monter également sur un collier.
Système How. — Personnellement je n’ai jamais expérimenté cette méthode, et ne ferai que rapporter les explications de Sachs et Parreidt :
« Pour les incisives, les canines et les deuxièmes pré-
COURONNES A PIVOTS SÉPARÉS
molaires, la face labiale des couronnes offre le même aspect que les dents plates ; la face ling-uale pi’ésente une cavité dont les bords sont obliques et dans laquelle se trouvent fixés quatre long-s crampons (fig-. 68, a et h.) Pour les prer mières prémolaires elles molaires, la couronne est percée d’une cavité qui se prolonge jusqu’à la face triturante en forme de cône renversé (c). Le pivot est constitué par une vis munie d’une tête » (d).
Storer How commence parmeuler la surface radiculaire suivant la technique habituelle, et ménage ensuite une
Fig. 68. — Couronne de How.
cavité dont le bord supérieur forme corniche. Avec des fraises spécialement établies, il agrandit son canal et y creuse un pas devis au moyen d’un taraud. Le champ d’opération soigneusement desséché, il introduit une vis de calibre voulu dont l’extrémité libre vient souvent contrarier l’articulation : suivant les cas on pourra modifier la courbe ou faire usage de la lime. La couronne, dont les crampons ont déjà reçu un premier ajustage sur une tige de diamèti’e convenable, est posée sur la surface radiculaire de telle sorte que ses crampons viennent embrasser la vis. Un dernier coup de pince les fixe définitivement dans cette position. Il n’y a plus qu’à dessécher à nouveau les cavités de l’ivoire et de la porcelaine avant de les unir. L’auteur recommande d’exécuter ce scellement avec de l’or, mais l’emploi en serait bien difficile : mieux vaut prendre du ciment, de l’amalgame ou du ciment amalgame.
S’il s’agit de couronnes dont la cavité se prolonge jus:qu’à la face triturante, les vis viendrontjusqu’à ce niveau, Preiswerk. Prothèse dentaire. 4
so
DENTS A PIVOT
et pour fixer la dent on n’aura qu’à bourrer la cavité avec de l’amalgame (c).
L’avantage des couronnes de How et surtout de celles dont nous avons parlé en premier lieu consiste dans l’absence de toute soudure. On peut les employer lors même que la racine est déjà profondément cariée : le pivot en effet n’a besoin d’être enfoncé que de quelques millimètres pour acquérir une solidité suffisante. Toutefois lorsqu’il s’agit de poser la couronne, en dépit de la forme que l’on donne à sa cavité, la tête du pivot crée toujours une gêne et contrarie l’articulation.
Outre les couronnes spéciales que nous venons de décrire, il en existe d’autres dont nous ne ferons que mentionner les auteurs : Gates, Foster, Howland, Weston,Webb, Mack, Lawrence, Talbot, etc.