Forme des pivots et proeédés de fixation
Les pivots les plus employés sont des tiges cylindriques de 1 à3 mm. de diamètre et de 6 à 8 mm. de long (fig. 20). On leur fait le reproche de ne pas offrir à la dent un moyen d’appui suffisant pour l’empêcher de tourner, et bien que cela n’arrive guère lorsque la dent est solidement fixée et bien articulée, onainventédespivots triangulaires, carrés, cannelés, etc. (fig. 21). Ces diverses formes, surtout celles
f Cf
Fig. 20 à 23. — Formes de pivots.
que reproduisent la fig. 22, permettront sans doute de les fixer plus solidement ; toutefois elles ne sont, pas. ellesmêmes à l’abri de toute critique. Pour les recevoir, le canal restera toujours cylindrique, et de ce fait la rotation peut encore se produire. Sil’on voulait absolument l’éviter^ il faiidrait donner au canal, en même temps qu’au pivot;
DENTS A PIVOT
une section ovalaire de même calibré. Le pivot représenté fig-. 23 et qui est celui des couronnes Logan rentre dans ces conditions. Il a en outre l’avantage d’être assez léger, sans que sa résistance à la pression soit diminuée, car la lame possède dans le sens labio-lingual une dimension supérieure à celle du plan mésio-distal. II est usité surtout pour les incisives et les canines. Un autre dispositif plus ndèle encore quand il s’agit d’ancrer solidement la dent est la forme dite « en drapeau » (fig. 24) ; pour celle-ci il faut creuser une mortaise dans la racine.
Pour sceller le pivot, on se sert de ciment ou d’un mélange de ciment etd’amalgame. Le ciment-étain de Scheuer, que nous avons essayé tout dernièrement, possède une très grande force adhésive et se désagrège moins vite que le ciment ordinaire, par suite de la' foi'te proportion de métal qu’il renferme. La gutta-percha ne peut servir que dans les cas provisoires, et l’amalgame dont on use souvent aussi, encore qu’il tienne assez longtemps, a contre lui la difficulté que l’on éprouve à placer convenanlement son pivot. Si ce dernier n’est pas poussé à fond, l’amalgame perd toute sa force d’adhésion. Un autre procédé consiste à envelopper le pivot dans un et d’étain : sous l’effet d’une
Fig. 24. — Pivot à dra-
feuillet ( pression assez violente l’étain se comprime entre la tige et les parois
peau soudé {a, coupe ^
longitudinale du ca- ^anal. La dent est solidement nal.c, coupe transver- “pe, mais il peut toujours survesale, 6, pivot). nir une carie secondaire. Autrefois
les dentistes se servaient de soie ou de coton que les liquides pénétraient naturellement assez vite ; il en était de même avec les chevilles de bois auxquelles on avait recours en guise de coins.
"Voyons maintenant la technique que l’on doit suivre pour fixer un pivot. La dent artificielle est prête, l’essayage a donné un bon résultat, et l’artiiTulation est exacte ; avec la poire à air chaud il faut d’abord dessécher soigneusement le canal. On applique ensuite sur le pivot une couche de ciment un peu clair, de ciment amalgame, ou de toute autre préparation analogue, on met rapidement en place
la dent et on la maintient quelque lemps avec une pression assez forte. Cette manœuvresuffirapour sceller d'une manière durable un pivot bien ajusté ; mais si le canal présente un calibre trop fort par rapport au pivot, il sera nécessaire d’employer une plus grande quantité de substance adhésive et l’on en disposera tout d’abord à l’orifice du canal sous forme de bouchon. On peut encore obtenir un bon résultat en retirant le pivot que l’on vient d’introduire pour y appliquer une seconde couche de ciment.
La gutta-percha forme un excellent protecteur que l’on interpose entre la racine et la couronne artificielle ; pour cela on la dépose assez chaude sur cette dernière au moment de l’ajustage définitif, immédiatement avant d’appliquer le ciment sur le pivot.
Une fois la dent mise en place, il ne faut pas l’abandonner de suite à elle-même : le contact de la salive, une légère secousse survenant avant complète dessiccation du ciment porteraient atteinte à sa solidité. Tout en maintenant la dent avec le doigt, on peut hâter sensiblement cette dessiccation par des insufflations d’air chaud.
Tous les procédés de fixation que nous venons de décrire assurent d’une manière très satisfaisante la solidité du pivot et c’est en effet un point très important. Mais si pour une cause quelconque, en cas de réparation par exemple, il faut enlever la dent, on éprouvera de grandes difficultés. Celles-ci seront moindres s’il s’agit du pivot cylindrique que nous employons de préférence précisément parce que, tout en offrant une solidité suffisante lorsqu’il est bien calibré, on arrive à l’extraire en lui imprimant avec précaution des mouvements de rotation. Cette manœuvre, impossible avec une autre forme de pivot, reste cependant toujours fort délicate et exige un habile doigté.
Pour faciliter l’extraction, on emploie des pivots qui s’engainent dans un tube fixé lui-même dans la racine.
De section cylindrique la tige pourrait tourner : on donnera la préférence aux
r . 1 . ^ i> X Fig. — Formes
formes rectangulaires que Ion trouve de pivots
dans le commerce ou à celle que nous reproduisons fig. 25, 6. Sur ce pivot, Miller a imaginé de
DENTS A PIVOT
creuser une rainure et d’y fixer un ressort maintenu par un rivet. Sachs a ég’alement proposé un tube présentant des cannelures (fig. 25, c), ce qui assure une solidité plus grande que tout autre système. Notons toutefois, que ce procédé n’est pas toujours applicable, car le diamètre du tubè ajouté au pivot affaiblira;it trop la racine. C’est pour répondre à cette objection, que Sachs a imaginé un autre dispositif qui permet encore de démonter la dent très facilement : Il fixe dans la racine une tige qui se recourbe à sa sortie du canal radiculaire et vient pénétrer danslacouronne artificielle. C’est donc cette dernière et non plus la racine qui supportera le tube. Il est encore un moyen d’augmenter la fixité du pivot : c’est de le fendre dans le sens de sa longueur comme le représente la fig. 25, d.