‹ Atlas-manuel de technique gynecologiqueChapitre 16 sur 50 · Curettage. (Raclage. Abrasion delà muqueuse · texte numérisé non relu

Curettage. (Raclage. Abrasion delà muqueuse

Cette opération a pour but de se procurer, aux fins d'examen, des parcelles delà muqueuse du corps, ou d'enlever la muqueuse utérine malade. On en use encore pour extirper des débris de l'oeuf. La paroi utérine, dans les cas de subinvolution, pouvant être anormalement friable, il faut procéder au raclage en observant certaines précautions déterminées. Tout d'abord, l'hystéromètre explorera prudemment la profondeur de la cavité utérine ; la curelte devra être mousse à son extrémité, et ses bords ne devront pas être trop tranchants ; on agira avec précaution dans la région du fond de l'utérus d'où l'on partira pour tirer la curetle, par traits réguliers, appuyés et successifs, jusqu'à

ANATO.UIE TOPOGRAPHIQUE ET OPÉRATOIRE ' 59

l'orifice utérin interne ; on traitera d'abord la paroi antérieure, puis la postérieure ; ensuite les deux parois latérales, et on terminera par !e fond. Si l'on est sûr qu'il n'existe pas de perforation, on lavera avec la sonde de Frilsch-Bozemann ; puis l'intérieur de l'utérus sera essuyé. L'usage de la palpation abdominale sera précieux pour la prophylaxie et lediagnostic des perforations. L'utérus sera tamponné avec de la gaze iodoformée stérilisée qui sera laissée en place 24 heures. Huit jours dé repos au lit.

Dans les cas d'utérus flasques, et continuant à saigner après l'opération, il sera utilede cautériser la cavité immédiatement après lecurettage. Si les pertes ne se produisent que dans les jours qui suivent, c'est secondairement que l'on fera les cautérisations. Pour les débris placentaires que l'on ne peut enlever avec le doigt, on se servira utilement de pinces à faux germes ou de pinces à mors larges et allongés.

Note additionnelle

[Il faut avoir bien soin, en faisant le cureltage, de traiter non seulement les parois et le fond de l'utérus, mais aussi ses angles, au niveau de l'embouchure des trompes.

Comme l'un'de nous l'a fait observer, toutes les affections de l'utérus : versions, flexions, métrites, cancer, tuberculose, fibromes, atrophies peuvent rendre friable le tissu de la matrice et prédisposer aux perforations. Les métrites post-partum et post-abortum sont particulièrement remarquables à ce sujet. Des états physiologiques tels que la menstruation et la grossesse peuvent aussi être rangés dans la catégorie des causes prédisposantes. 11 est du reste intéressant de noter l'innocuité presque constante des perforations faites par l'hystéromètre et par la curette lorsque le chirurgien, s'en étant aperçu à temps, n'a pas fait d'injection intra-utérine. Dans les curages post-partum destinés à enlever des débris placentaires on devra se servir presque uniquement du doigt et, si l'on est forcé de recourir à un instrument, n'employer qu'une très large curette complètement mousse (1).]

(1) Voy. 0. Lenoir, Perforations utérines dans les opérations pratiquées par la voie vaginale. Th. Paris, 1898.

Page 1