Cathétérisme et dilatation cervicale non sanglante
La dilatation peut se faire rapidement ou graduellement ; ces deux procédés pouvant être employés pendant la graviditéeten dehors d'elle. Chez une femme non enceinte, on arrive rapidement au but en employant les bougies de Ilegar ou de Frilsch, ou encore des dilatateurs construits d'après le principe des instruments employés pour ouvrir les gants. Il faut agir avec prudence ; après désinfection préalable du vagin et du canal cervical, on introduit par un mouvement de rotation la bougie la moins grosse (pi. XXI). Lorsque l'on se sert des bougies à bout pointu de Fritsch, et pour éviter de dangereuses perforations utérines, il est nécessaire de déterminer préalablement avec Vhystéromèlre la direction de la cavité utérine et de reconnaître surtout la position de l'orifice utérin interne, en se souvenant qu'à ce niveau, il peut exister des valvules à concavité regardant vers le vagin, dans lesquelles la bougie de Fritsch peut aisément s'engager. L'hystéromètre devra être bien désinfecté, et n'être introduit que lorsque, par la palpation bi-manuelle, on aura soigneusement déterminé laposition de l'utérus. En enfonçant prudemment la sonde, on s'arrêtera assez à temps pour éviter, dans tous les cas, une perforation utérine. Chez les femmes qui ont déjà eu des enfants, on trouvera, à la lecture de l'hystéromètre, environ 2 cm. 5 à 3 cm. de l'orifice externe à l'orifice in terne ; et de celui-ci au fond de l'utérus 4 cm. à 4 cm. 5 : soit en tout, en moyenne, 6 cm. H à 7 cm. 5. Chez les vierges on trouve en moyenne 2 cm. 5-J-3 cm. = 5 cm. 5.
La dilatation graduelle se fait en introduisant de la
laminaires ou des liges de Tupelo.
Le col, une fois encadré dans le spéculum, on introduit la tige la plus fine dans l'orifice utérin interne, ou, si c'est impossible, jusqu'à son contact. On tamponne ensuite le vagin, eton laisse la tige pendant 6, 12 et même 24 heures, s'il ne se produit pas d'élévation de température. Pour éviter l'infection, on ne se servira que de tiges préparées à l'éther iodoformé, dans lequel elles seront conservées. Lorsque l'orifice utérin interne est devenu perméable, on y introduit des liges de plus en plus grosses, jusqu'à ce que le canal cprvical puisse admettre le doigt. L'enlèvement des tiges, une fois dilatées, peut être rendu difficile par la contracture de l'orifice utérin interne qui enserre fortement la tige dont le tissu est devenu peu résistant.
Sub partu, il est possible de provoquer une dilatation rapide, en introduisant successivement, un, puis deux, puis trois doigts et plus, dans l'orifice cervical, jusqu'à ce que la dilatation soit suffisante pour permettre le passage de la main, et que l'on puisse accrocher et abaisser un pied. On peut aussi avoir recours à la dilatation avec des bougies d'ébonite. Toutefois, l'on doit préférer le tamponnement à la gaze iodoformée ou la dilatation au moyen de ballons en caoutchouc, qu'on introduit dans la cavité cervicale et au-dessusde l'orifice utérin interne (Barnes, Fehling, Champelier de Ribes).
Les ballons des calibres petit et moyen ont la forme d'un violon, et sont munis d'un tube permettant de les gonfler avec un liquide antiseptique ou aseptique, en tout cas non toxique. On peut attacher à ce tube un poids de une à deux livres, faisant réflexion sur le bord du lit. Cette traction jointe à l'expansion du ballon permet d'arriver à ladilatation dansl'espace d'environ une demi-heure (Mdurer, Dùhrssen).
L'introduction d'un métrorynler se fait de la façon suivante. Le col étant fixé, le canal cervical est dilaté au moven des dilatateurs métalliques de numéros petits et moyens, de façon à pouvoir introduire, au moyen d'une pince à mors plats, une vessie en caoutchouc stérilisée et repliée sur elle-même, jusque dans l'orifice utérin interne. On gonfle le ballon par le tube, en y injectant un liquide faiblement antiseptique (on ne se servira pas du lysol qui attaque le caoutchouc). Le vagin est tamponné, ce qui accélère la dilatation et le relâchement du col, tout en
main tenant Je ballon. Quelques heures après, on introduit un ballon plus volumineux, etc.. Ce procédé a parfois ce désavantage qu'il peut se produire une dilatation de l'orifice utérin externe, sans qu'il se produise de contractions du fond de l'utérus"; il peut môme se produire une contracture de l'orifice utérin interne, pouvant aboutir à sa fermeture, aussitôt que le ballon est enlevé.
Après dilatation suffisante de l'orifice utérin interne, il est possible d'inspecter la cavité utérine, d'enlever au doigt des débris d'oeuf ou tous autres produits, dans un but diagnostique ou curatif. L'emploi du doigt comme moyen de diagnostic a pu être parfois tout à fait insuffisant : ainsi, dans un cas de déciduome rapporté par Werth, la tumeur, examinée au microscope, fut reconnue après coup de nature bénigne, et n'eût certes pas nécessité l'extirpation totale qui fut pratiquée. L'examen de débris ramenés à la curette eût été dans ce cas bien utile. D'après Martin, dans les cas de myomes multiples, le loucher intrautérin ne donne pas de grands renseignements au point de vue de l'énucléation.
[Il n'entre pas dans le plan que nous nous sommes tracés, en annotant cetouvragede gynécologie, de compléter la description, un peu succincte, de la dilatation du col au moyen du ballon, quel'auteur adonnée ci-dessus. Celteinlervention n'intéresse en effet que les accoucheurs. Notons toutefois qu'en France le ballon de Barnes est abandonné pour ceux de Champetier de Ribes et de Boissard].