OPÉRATIONS QUE L ON PEUT PRATIQUER SUR L UTERUS
de cette pince vers la concavité sacrée (pi. XXV, fig. 2). Ce mouvement met l'utérus en position verticale, et on peut saisir la paroi utérine antérieure avec une pince à fixation. Une seconde pince est placée plus haut, une troisième encoreplus haut jusqu'à ce que l'on puisse amener par la lente péritonéale le corps utérin dans le vagin, et même, éventuellement, jusqu'à la vulve.
Les fils de fixation peuvent maintenant être posés ; on les place près du point d'insertion du ligament rond et on les conduit de là à travers la paroi utérine. II ne faut pas les placer près du fond de l'utérus, ainsi que nous l'avons dit, mais les faire passer à 2 ou 3 centimètres au-dessus de l'orifice utérin interne. Les fils traversent ensuite la lèvre péritonéale antérieure de la brèche faite au cul de sac (pi. XXV, fig. 2). Avant de serrer les nœuds, on place toutes les sutures de fermeture du cul de sac, puis on noue les fils de fixation, de façon à ramener le fond de l'utérus en avant contre la vessie. La convalescence dure deux semaines.
3. Opérations que l'on peut pratiquer sur l'utérus après colpocœliotomie antérieure
On peut ainsi pratiquer l'ablation de fibromes sous-séreux ou interstitiels, el aussi de germes fœtaux renfermés dans un utérus bicorne, alors que la grossesse en est encore aux premières semaines. Les fibro-myomes sousséreux sont, ou pédicules ou sessiles. Dans le premier cas, on lie et on sectionne le pédicule ; suivant les cas, on attirera la tumeur seule, ou la tumeur et l'utérus ensemble dans le vagin. Dans le second cas, on sera forcé d'énucléer la tumeur, ce qui sera en général facile.
Dans les cas d'adéno-myomes sis au voisinage des trompes, et généralement très intimement unis aux tissus voisins, il faudra extirper partiellement la tumeur, ou se résoudre à une exérèse totale delà matrice. En tout cas il faut soigneusement réunir les lèvres de la plaie résultant de l'ablation, et recouvrir avec la séreuse.
Si la base de la tumeur atteint rendométrium, ou encore si la cavité utérine a été ouverte, il faudra suturer séparément la muqueuse et le muscle utérin ; les fils placés sur la muqueuse seront liés vers la cavité utérine. Si l'on craint la présence de ces fils dans la cavité utérine, on placera les sutures en ayant soin de cheminer à travers la muqueuse
Planche XXIV. — Colpocœliotomie antérieure. Séparation de la vessie du col utérin (Colpotomie antérieure).
Planche XXV.— Fig. l. — Colpocœliotomie antérieure. Etalement de la voûte du cul de sac antérieur au moyen de deux tirrballes. La rétroilexion est corrigée. Le point d'ouverture du cul de sac antérieur est indiqué ainsi que le septum vésico-vaginal.
Fig. 2. — Yagino fixation utérine par colpocœliotomie (Duhrssen). Pose du fil de fixation, au-dessous du fond de l'utérus, clans le cul de sac vésico-utéria.
Planche XXVI. — Ovariotomie après colpocœliotomie antérieure.— L'utérus et l'ovaire sont sortis de la vulve, après avoir été attirés à travers l'ouverture du cul de sac antérieur, dont les lèvres péritonéales sont visibles sur la figure. Les vaisseaux du fond de l'utérus sont rendus très apparents par suite de cette sorte d'étranglement.
sans la traverser, en suivant une conduite analogue à celle indiquée pour les fistules vésico-vaginales (pi. XII). On ne saurait naturellement appliquer ce procédé qu'à de petits fibro-myomes ne dépassant pas le volume d'une pomme.
Le traitement de la corne gravide d'un utérus bicorne, ou d'une grossesse tubo-interstitielle, toutes affections dans lesquelles sont à redouter des ruptures intra-péritonéajes, est toujours une opération atypique. Dans le premier cas, la technique aura certains rapports avec l'ablation d'une poche tubaire ; dans le second, avec l'énucléation d'un myôme. Le plus souvent on aura avantage à recourir à la laparotomie.