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CAISSE DU TYMPAN

Elle contient les osselets de l’ouïe et leurs muscles.

Ses parois osseuses ont été longuement décrites précé-

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demment. La membrane du tympan forme la paroi externe de la caisse.

Dans la paroi interne, ou promontoire (planche 1, 5) se trouve la fenêtre du vestibule en avant, parallèle au tympan, fermée par la base de l’étrier. La fenêtre du limaçon est située au fond d’une niche dirigée vers la paroi postérieure de la caisse, elle est donc perpendiculaire à la fenêtre vestibulaire; ellle est fermée par une couche de tissu conjonctif, concave en dehors, recouverte en dedans par un endothélium, en dehors par la muqueuse de la caisse (tympan secondaire); on ne l’aperçoit qu’ après avoir enlevé le rebord osseux antérieur de la niche. -

La paroi inférieure de la caisse occupe un plan sousjacent à celui du tympan, et forme le recessus hypotympanique de Kretschmann; cette disposition explique que les sécrétions du plancher de la caisse ne sont pas toujours visibles à travers une perforation tympanique. Quand le golfe de la jugulaire est très développé, il correspond à la moitié postérieure du tympan, dans ce cas il existe souvent des déhiscences du plancher qui peuvent s’étendre jusqu’au bord de' la fenêtre ronde. . La veine apparaît dans la membrane dii tympan, en arrière et en bas, sous forme d’un reflet bleuâtre, semi-lunaire (planches 17, 38, 3); saparoiest directement recouverte par la muqueuse de la caisse et elle peut être lésée au cours de la paracentèse. Cette anomalie facilite la thrombo-phlébite du bulbe de la jugulaire et la pyémie consécutive.

La paroi antérieure présente l’orifice tubaire et se trouve au voisinage du coude de la carotide interne; parfois le canal carotidien s’avance dans la caisse, jusqu’au promontoire, de sorte que s’il existe en même temps une déhiscence, une aiguille à paracentèse peut blesser la carotide (Gruber [planche 17]).

De même que le plancher de la caisse est situé au-dessous du tympan, de même la paroi supérieure de la coupole ou toit, qui loge la tête du marteau et le corps de l’enclume, dépasse de beaucoup le pôle supérieur du tympan. On voit donc que cette membrane ne correspond ni en haut ni en bas aux limites de la caisse. Cette remarque a une impor-

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tance pratique considérable dans la recherche de l’origine du pus, au cours de l’otorrhée.

Les osselets de l’ouïe relient la membrane du tympan qui renferme le marteau, à la fenêtre ovale qui loge l’étrier; entre les deux est placée l’enclume (planche 3).

Le marteau présente une tête située dans l’attique, un col derrière la membrane de Shrapnell, un manche logé dans la membrane du tympan. La tête offre à sa partie postérointerne une surface articulaire en forme de 8, qui présente en bas et latéralement une saillie, un cran d’arrêt, et à sa face postérieure une crête oblique, au-dessous des orifices vasculaires. La tête est reliée au manche par le col; celui-ci offre en avant une petite saillie, la longue apophyse, débris du cartilage de Meckel. Le manche commence à la courte apophyse ou apophyse externe qui fait nettement saillie dans la membrane du tympan, il présente en arrière et en avant une crête pour l’insertion du muscle du marteau et s’élargit à son extrémité ou umbo.

L’enclume présente un corps situé dans l’attique avec une surface articulaire latérale en forme de 8 destinée à l’articulation du marteau, et une saillie à la partie interne. La branche supérieure dirigée horizontalement en arrière, est fixée au fond de l’attique dans une fossette par le ligament postérieur de l’enclume (planche 4). La branche inférieure se dirige en arrière et en bas, puis s’infléchit en suivant un trajet presque parallèle au manche du marteau; son extrémité est unie à la tête de l’étrier par une petite saillie convexe ou apophyse lenticulaire.

L’étrier est situé dans la caisse du tympan et sa base dans la fenêtre du vestibule; il possède une branche antérieure, mince et droite, et une branche postérieure, épaisse et coudée; la face interne des branches est creusée d’une gouttière (planche 2).

Histologiquement, le tissu osseux des osselets est compact, présente de nombreux canaux de Hawers, qui en s’élargissant dans la tête et le corps deviennent de petits espaces médullaires ; les articulations, le bord externe du marteau qui est au contact de la membrane du tympan, renferment du cartilage hyalin. Les articulations des

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osselets (planche 14) sont analogues aux symphyses; les osselets sont unis par des disques fibro-cartilagineux pourvus de petits espaces en forme de fentes (Siebenmann) renforcés par des fibres périostées, plus fortes sur le côté interne (capsules articulaires). La fossette de l’enclume et l’extrémité de sa branche supérieure sont recouvertes de cartilage. La base de l’étrier est fixée par le ligament annulaire dans la fenêtre ovale; la base et le bord de la fenêtre sont revêtus de cartilage; en avant le ligament annulaire est six fois et demi plus large qu’en arrière; il est formé défibrés conjonctives et élastiques radiées, allant du périchondre du bord de la fenêtre à la base; au centre elles sont disposées d’une façon un peu plus lâche. La faible distance qui sépare la base de l’étrier du bord de la fenêtre, les branches de l’étrier de la niche de la fenêtre (25 millimètres) explique comment la motilité de l’étrier est facilement atteinte et troublée.

Muscles des osselets (Planches 2, 4, 5.) — Le muscle de l’étrier, long de 5 centimètres, logé dans la pyramide, innervé par le facial (Politzer), envoie son tendon à l’articulation de l’enclume et de l’étrier, il élève le pôle antérieur de la base de cet osselet un peu en dehors de la fenêtre ovale. Son antagoniste est le muscle du marteau, long de 20 millimètres, innervé par le trijumeau (Politzer), qui prend naissance dans le canal musculo-tubaire sur la paroi supérieure de la trompe, sur la grande aile du sphénoïde et euvoie son tendon de l’apophyse cochléariforme au manche du marteau. Ce muscle est en relation avec le péristaphylin externe, il attire le marteau en dedans et en avant, d’où enfoncement de l’étrier plus profondément dans la fenêtre ovale.

Mécanisme des mouvements. — Des ligaments limitent les mouvements des osselets : le ligament antérieur du marteau unit la longue apophyse (planche 4) à l’épine tÿmpanique postérieure, il se porte par la scissure de Glaser jusqu’au sphénoïde ; le ligament supérieur du marteau relie la tête de cet osselet au toit de la caisse; le ligament externe du marteau relie le col en dehors et en arrière avec le bord supérieur de l’incisure de Rivinus

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(Helmholtz flg. 6].) Le ligament supérieur de l’enclume va du corps de l’enclume au toit de la caisse. Les branches de l’étrier sont unies par la membrane obturatrice. La partie postérieure du ligament externe forme avec le ligament antérieur du marteau l’axe de rotation du marteau. Si le manche du marteau est attiré en dedans, la tête se porte

en dehors et inversement. Si le manche du marteau se porte en dedans, son cran d’arrêt presse sur celui de l’enclume situé plus en dedans : le corps de celui-ci se porte comme la tête du marteau en dehors, tandis que la branche inférieure et le manche du marteau sont attirés en dedans. Le point de rotation de l’enclume est formé par sa branche supérieure, fixe. Comme la branche inférieure est plus courte que le manche du marteau, l’étrier est refoulé en dedans dans une limite très faible, mais avec une très grande force par suite de l’action du levier (Helmholtz). Le maximum d’amplitude du mouvement de l’étrier et de 1/14 — 1/18 millimètre, tandis que l’excursion de l’extré-

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mité du manche du marteau atteint 7 millimètres (Bezold). Lorsque, par exemple, à la suite d’une compression d’air dans la caisse, le manche du marteau est repoussé en dehors, le cran d’arrêt du marteau s’éloigne de celui de l’enclume; l’articulation est béante, de sorte que l’enclume et l’étrier restent immobiles ; de cette manière une traction de l’étrier est prévenue et une lésion labyrinthique évitée

Histologie de la muqueuse de la caisse du tympan. — La caisse du tympan et les organes qu’elle contient sont tapissés d’une muqueuse mince chez l’adulte. Chez l’embryon, elle est tellement tuméfiée, que la lumière de la caisse est très étroite et semble remplie d’une sorte de gélatine rougeâtre (Wendt). Cette tuméfaction, particulièrement accentuée au promontoire, est constituée par un tissu myxomateux sous-épithélial, analogue à celui que renferme le cordon ombilical : c’est un tissu à mailles larges avec des cellules étoilées. A la fin du huitième mois, plus rarement après la naissance, par suite de la compression de l’air qui pénètre dans la trompe pendant la respiration, la substance intercellulaire est résorbée, le tissu sous-épithélial rétrograde. Quand la résorption dans la caisse est terminée, l’attique est encore revêtue du bourrelet muqueux. On peut trouver chez le nouveau-né comme chez l’adulte une muqueuse lâche, vasculaire, créant une prédisposition aux inflammations chez le nouveau-né. L’épithélium de la muqueuse du promontoire chez l’embryon est cubique, il est pavimenteux dans les autres parties de la caisse. Chez l’adulte il varie de l’épithélium cubique à une seule couche sur le promontoire, à l’épithélium cylindrique à cils vibratiles à une ou deux couches sur le plancher de la caisse et près de l’orifice tympanique de la trompe ; enfin on trouve de l’épithélium tout à fait plat, par traînées, sur le toit, dans l’aditus, l’antre et les cellules de l’apophyse mastoïde (planche 13). Le tissu sous-épithélial est composé : dans la partie profonde près de la surface osseuse, de fibres conjonctives parallèles, périostées, pauvres en cellules; plus superficiellement de faisceaux conjonctifs lâches, en certains endroits riches en lymphocytes; parfois

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on trouve du tissu graisseux autour des vaisseaux dans la couche périostée. Les glandes sont rares, si même elles existent.

Replis de la muqueuse, poches. — Au fur et à mesure que la lumière de la caisse se dessine et apparaît, grâce à la résorption du bourrelet muqueux embryonnaire, la

muqueuse tapisse les osselets, leurs muscles, la corde du tympan, de telle façon qu’il se forme des replis muqueux réguliers et irréguliers, des poches, des plis. La face postérieure du tympan présente un repli muqueux qui se porte dans le quadrant supéro-antérieur et supéro-postérieur du cercle tympanal au manche du marteau : replis tympaniques antérieur (planche 2) et postérieur, sous lequel passe la corde du tympan. Les plis forment avec la membrane des poches : l’antérieure se termine en cul-de-sac, tandis que la postérieure se continue avec la poche de Prussak. Quand la membrane du tympan est transparente, on peut apercevoir ces poches. A la partie antérieure du

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tympan (fig. 6), dans l’incisure de Rivinus, se trouve la poche de Prussak (planche 3, 20), limitée en avant par la membrane de Shrapnell, en arrière par le col du marteau et les extrémités supérieures des poches de Trôltsch, en bas par la courte apophyse, en haut par le ligament externe du marteau. Par l’intermédiaire de fissures que présente le ligament externe du marteau la poche de Prussak communique avec l’attique; par sa communication avec la poche postérieure de Trôltsch elle est reliée à la caisse.

La tête du marteau et le corps de l’enclume divisent la coupole en deux parties : externe et interne (planche 3, fig. 44) parfois séparées par un repli muqueux allant de la tête du marteau et du corps de l’enclume en haut au toit de la caisse [repli supérieur du marteau et de l'enclume (fig. 6); ce repli, en général pourvu de déhiscences, va du ligament antérieur du marteau jusqu’à la paroi interne de l’aditus ad antrum et entoure le ligament supérieur du marteau et le ligament supérieur de l’enclume. Si les déhiscences font défaut, l’antre ne communique qu’avec la partie externe de la coupole, tandis que la partie interne s’ouvre en bas dans la caisse.

La région externe de l’attique est limitée en dehors par le mur de la logette, en dedans par la face externe de la tête du marteau et du corps de l’enclume, en bas par le ligament externe du marteau. Cette région est divisée en deux segments par un repli horizontal qui va du ligament antérieur du marteau au ligament postérieur de l’enclume, s’étendant du mur de la logette à la tête du marteau et au corps de l’enclume [repli externe du marteau et de l'enclume)-, il en résulte la formation de deux poches : l’une inférieure, l’autre supérieure du marteau et de l’enclume (planche 4). La poche inférieure est située au-dessus du ligament externe du marteau, au-dessus de la poche de Prussak; la poche supérieure conduit le long de la branche supérieure de l’enclume dans l’antre mastoïdien.

En général il existe des déhiscences dans tous les replis, de sorte que ces divers espaces communiquent entre eux. Si ces replis ne sont pas détruits dans les otites purulentes,

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il peut se produire des suppurations circonscrites, des otites des poches. Une suppuration de la région externe de la coupole, par exemple, peut exister sans suppuration de la caisse. Le pus de la poche supérieure du marteau et de l'enclume tombera facilement en arrière dans l’antre, ou en bas dans la poche inférieure, de là dans la poche de Prussak, et il pourra détruire la membrane (perforation de la membrane de Shrapnell [planche 39, 14]) ; de la poche de Prussak, le pus peut gagner la caisse par la poche postérieure de Troltsch.

Le tendon du muscle du marteau est accompagné d’un repli muqueux (planche 4), la branche inférieure de l’enclume est reliée par un repli muqueux à la paroi interne de la caisse; la fossette de la fenêtre ronde et l’antre sont traversés par des cordons muqueux; les branches de l’étrier sont reliées aux bords de la fossette, la membrane du tympan à l’enclume et à la paroi interne de la caisse. Ces brides muqueuses renferment souvent des épaississements fusiformes de tissu conjonctif : corpuscules pédiculés (Kessel, Politzer [planché 16]).

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