B. — CONDUIT AUDITIF
Les traumatismes du conduit peuvent atteindre : les parties molles ou les parois osseuses.
a) Lésions des parties molles. — La peau du conduit peut être blessée par les instruments dans des tentatives d’extraction de corps étrangers, par des grattages, des brûlures, des cautérisations, etc.
b) Fractures du conduit osseux. — Elles peuvent être limitées au conduit ou propagées au rocher.
1. Fractures limitées du conduit. — Elles atteignent en général la paroi antérieure et sont consécutives à des chutes sur le maxillaire inférieur. L’hémorragie sera facilement arrêtée par le tamponnement, mais on devra surtout prévenir le rétrécissement du conduit. On l’évitera par l’asepsie, le drainage, la dilatation avec des mèches de gaze,
l’extraction des esquilles et la cautérisation des bourgeons charnus.
2. Fractures du conduit propagées au rocher. — Cette variété est plus fréquente que la précédente; le conduit est intéressé en même temps que la caisse et le labyrinthe dans les fractures de la base du crâne consécutives à des traumatismes, chutes ou violences extérieures. Le trait de fracture varie selon la direction du traumatisme.
a) Lorsque le trauma porte sur le front ou l’occiput, la base du crâne se fracture dans le sens longitudinal (planche 2) et le rocher se brise aux points les moins résistants : le trait de fracture passe par le trou déchiré postérieur, le toit de l’antre et de la caisse, la paroi supérieure du conduit. La capsule compacte du labyrinthe reste en général intacte. Plus rarement la fêlure traverse le conduit auditif interne, le vestibule et le limaçon jusqu’à la paroi interne de la caisse.
p) Lorsque le trauma atteint la région latérale du crâne, la fêlure est dirigée transversalement dans la direction de la suture pétro-squameuse ou bien passe à travers les parois du conduit et le toit du tympan; souvent même la pointe du rocher qui cède plus facilement que la dure-mère très résistante à ce niveau se rompt en même temps.
On observe comme lésions de V appareil auditif : 1“ la déchirure du tympan, très fréquente; 2° un épanchement sanguin quand il y a fracture du temporal. Cet épanchement se fait dans la caisse, les cellules mastoïdiennes, les troncs nerveux et les organes labyrinthiques. L’hémorragie se résorbe ou est suivie d’une réaction inflammatoire. Comme complications, il faut noter : 1° la méningite quand il y a fissure du toit de la caisse et déchirure de la dure-mère susjacente ; 2° la mastoïdite dans les cas de fissure de la paroi postérieure du conduit auditif.
Symptomatologie et évolution clinique. — Immédiatement après l’accident, on observe les symptômes suivants :
a) Une hémorragie abondante, par le conduit, provenant soit de la fissure cfu temporal, soit mais plus rarement d’une déchirure des gros vaisseaux, carotide interne, bulbe de la jugulaire sans lésion osseuse.
TRAUMATISMES DE L’OREILLE 315
P) Des séquestres dans le conduit auditif.
y) Une déchirure du tympan qui s’accompagne de troubles du goût.
S) Un écoulement du liquide céphalo-rachidien , quand le labyrinthe ou la cavité crânienne ont été ouverts.
s) La paralysie de certains nerfs crâniens, rarement du facial.
£) Des symptômes fonctionnels otiques et cérébraux : coma qui suit immédiatement l’accident et qui est suivi de céphalalgie avec vertiges, bourdonnements et surdité subite, complète ou partielle.
La terminaison s'e fait soit par une méningite mortelle, soit par la guérison, mais alors accompagnée de surdité.
Traitement. — On prescrira un repos absolu au lit et on préviendra l’infection en interdisant toute injection par le nez ou l’oreille, celle-ci sera fermée par un pansement. Après la disparition des accidents graves du début, contre la surdité on recommandera l’emploi d’injections de pilocarpine, la strychnine et l’iodure de potassium à l’intérieur. En cas d’épanchement sanguin dans la caisse on donnera la douche d’air avec prudence.