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VII. — SURDI-MUTITÉ

La surdi-mutité est le mutisme consécutif à la surdité, avec conservation de l’intégrité de l’organe vocal. Tout enfant naît muet, ce n’est que plus tard avec le sens de

l’ouïe qu’il apprend le langage articulé. Tout enfant né sourd restera muet; la même loi s’applique aux enfants dont l’ouïe était normale à la naissance, qui ne parlaient pas encore et qui, à la suite d’une affection auriculaire survenue dans la première enfance ont perdu l’audition ; de même encore un enfant qui à sept ans parlait correctement vient-il à contracter une maladie grave de l’oreille désapprendra peu à peu la parole et redeviendra muet.

Étiologie. — La plupart des sourds-muets ne sont pas nés sourds mais le sont devenus après une maladie de l’oreille. Il y a lieu en effet de distinguer entre la surdité Congénitale et la surdité acquise.

La surdité congénitale est déterminée par plusieurs causes : a) malformation de l’organe auditif (planches 19, 22, 37) c’est-à-dire absence du labyrinthe, occlusion des fenêtres labyrinthiques, malformation des osselets, arrêt de développement du lobe temporal, etc; b) hérédité; c) consanguinité des parents. En Suisse la surdi-mutité existerait à l’état endémique parallèlement aux endémies de goitre (Bircher).

La surdité acquise est généralement le résultat des affections auriculaires survenant au cours de maladies infectieuses, par exemple méningite, scarlatine, rougeole.

Symptômes. — La surdité n’est pas toujours complète; la plupart des sourds-muets surtout ceux qui sont atteints de surdité congénitale possèdent encore un reste d’audition plus ou moins considérable et qui varie selon la capacité fonctionnelle de la membrane basilaire : ils entendent certains bruits (la cloche, par exemple), ou des sons, la gamme (ils entendent celle-ci dans sa totalité ou avec des lacunes pour quelques notes, Bezold), la parole quelquefois.

Les parents sont les premiers à s’apercevoir que l’enfant n’entend pas et à l’âge de deux ans qu’il n’apprend pas à parler.

Le diagnostic de la surdité et de la surdi-mutité est très difficile pendant les deux premières années. L’examen du tympan ne donne aucun résultat dans la surdité congénitale, il est normal; au contraire dans la surdité acquise on trouve généralement du catarrhe adhésif, une otorrhée, etc.

On recherchera la surdité en déterminant des sons, en frappant dans les mains, en sifflant, en sonnant une cloche et on examinera la physionomie de l’enfant; il faudra éviter toutes les vibrations. Chez les sourds-muets il faudra rechercher la capacité auditive pour la gamme après leur première année d’école, on fera vibrer le diapason devant l’oreille de l’enfant qui aura les yeux bandés et on notera si chaque son est entendu et la durée de la perception. Au lieu de pratiquer l’examen avec la gamme on pourra employer l’accordéon d’Urbantschitsch dont les sons sont plus distincts.

Traitement. — a) Prophylactique. — Il est capital pour prévenir la surdi-mutité. En effet l’enfant qui ne parle pas ne peut pas dire s’il entend ou non et comme tout enfant souffrant de l’oreille risque de devenir sourd-muet, il faut par un traitement opportun et sérieux prévenir la surdité (paracentèse dans les otites aiguës suppurées, soigner les otorrhées, supprimer les végétations adénoïdes, etc.).

b ) Pédagogique. — Lorsque l’ouïe est perdue, tous les efforts thérapeutiques de Tauriste pourront tarir la suppuration, conserver encore un reste d’audition, l’augmenter même dans une certaine mesure ; mais malgré tous ces soins l’enfant restera sourd-muet. Aussi lorsqu’on aura à traiter un enfant, déjà grand, pour la surdité, il sera de la plus haute importance de le faire parler le plus possible et de le mettre dans les meilleures conditions pour cela, de la sorte l’usage de la parole sera conservé et celle-ci sera compréhensible.

Au point de vue pédagogique, il existe deux méthodes : 1° la méthode des signes, créée par l’abbé de l’Epée,- perfectionnée et au moyen de laquelle les sourds-muets peuvent se comprendre par signes; l’inconvénient de ce procédé est que les sourds-muets restent incompréhensibles pour tout le monde et ne peuvent correspondre avec les autres individus; 2° la méthode orale ou allemande, d’après laquelle les sourds-muets apprennent à parler (Pedro de Ponce, Heinicke) par des leçons d’articulation des mots et par la vue des objets. Lorsque l’ouïe n’est pas totalement abolie, certains exercices acoustiques préconisés par

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