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Traitement naso-pharyngien. — [Nombre

Fig.54.— Cor- d’affections auriculaires sont provoquées par net acousti- des maladies du nez et de ses annexes : sinus dePolit-

et cavum; presque toujours par les deux processus suivants : a) obstruction nasale qui

entraîne une ventilation insuffisante de l’oreille moyenne; b) inflammation aiguë ou chronique de la muqueuse nasopharyngée. C’est en somme toute la, pathologie du nez ou du cavum qu’il faudrait décrire. Bornons-nous à rappeler que les causes d’obstruction nasale : polypes, queues de cornet, végétations, crêtes, seront enlevées; que toute hyperémie aiguë ou permanente de la muqueuse rhino-pharyngée sera traitée comme il convient. Sachez enfin le rôle joué par l’hypertrophie des amygdales dans la genèse des otites moyennes et la conséquence thérapeutique qui en résulte : l’amygdalotomie.]

12. Traitement général. — Les maladies générales qui ont déterminé les affections de l’oreille, arthritisme, goutte, diabète, chlorose, tuberculose, affections des voies digestives, syphilis, seront traitées par des médications appropriées.

Le traitement climatérique peut donner d’excellents résultats. Le séjour dans les régions boisées sera très favorable dans les catarrhes chroniques de l’oreille moyenne. Le climat des montagnes soulage les symptômes de la sur-

dite nerveuse et de I’ankylose de l’étrier, dans certains cas il détermine même une amélioration passagère de l’audition. L’air de la mer sera conseillé dans les otites d’origine scrofuleuse ou tuberculeuse, il est au contraire contre-indiqué dans l’ankylose de l’étrier et les bourdonnements d’oreille.

[A côté de ce traitement, une cure hydro-minérale est parfois très utile. Dans les otites moyennes catarrhales consécutives à des rhinites ou à des rhino-pharyngites chroniques chez des arthritiques, les eaux sulfureuses de Luchon sont particulièrement indiquées. Les arthritiques et goutteux retireront un soulagement d’une saison à Vichy et à Ghâtel-Guyon. Les eaux de Royat devront être recommandées outre le traitement général, aux nerveux. Enfin, les enfants lymphatiques, adénoïdiens ou atteints de catarrhe chronique du cavum avec surdité seront envoyés à des eaux salines, en particulier à Salies de Béarn.]

Les malades atteints d’otites ne peuvent prendre des bains que les oreilles bouchées. On recommandera d’éviter de plonger, de prendre des douches froides sur la tête, etc. Les bains de mer froids provoquent souvent une aggravation de la surdité et des bourdonnements, surtout quand l’étrier est ankylosé; les bains de mer chauds sont très salutaires dans l’otite moyenne catarrhale chronique et les otites scrofuleuses ou d’origine rachitique. Les bains tièdes, à 26°, à raison de deux par semaine, calment les bourdonnements d’oreille. Les bains de vapeur sont très souvent nuisibles, surtout dans l’ankylose de l’étrier. Dans les bourdonnements enlin on proscrira les boissons chaudes, le tabac, l’abus de l’alcool, le thé, le surmenage.

f) Hygiène générale de l’oreille. — Quel que soit l’âge de la vie on doit suivre des préceptes généraux d’hygiène qui varient selon les différents segments de l’oreille.

Oreille externe. — Il faut toujours bien sécher le pavillon, après avoir lavé l’oreille, surtout chez les enfants, afin d’éviter l’eczéma et les engelures. Beaucoup d’inflammations du pavillon relèvent de la perforation septique du lobule ou du port des boucles d’oreille.

On ne doit jamais fermer l’oreille saine avec de l’ouate,

et sa présence dans le conduit n’est indiquée que lorsque le tympan est perforé. Il ne faut jamais laisser pénétrer d’eau dans une oreille, qu’elle soit saine ou à plus forte raison malade. Le cérumen du conduit sera enlevé de préférence avec le coin d’une serviette ou un cure-oreille mousse introduit peu profondément; on n’emploiera pas d’autres instruments. Toutes les manipulations pratiquées dans l’oreille sont inutiles et dangereuses : ainsi l’acte de gratter la peau du conduit avec la pointe d’un crayon, une épingle à cheveux, d’y instiller du chloroforme, de l’éther, de l’huile, du laudanum, d’y introduire des corps étrangers, tels Fig. 55. — Antiphone. que de l’oignon, une gousse d’ail dans le but de soulager un mal de dents :

toutes ces manoeuvres ne peuvent que déterminer une otite externe. Les corps étrangers s’engageront plus profondément dans l’oreille et s’y, enclaveront à la suite, de tentatives maladroites pour les enlever.

Oreille moyenne. — Les traumatismes, les gifles appliquées sur le pavillon déterminent fréquemment la déchirure du tympan avec une commotion labyrinthique. — Les cataplasmes, fomentations, etc., contre les douleurs d’oreille sont tout à fait inutiles. — La prophylaxie des catarrhes de l’oreille moyenne sera faite par un traitement nasal approprié surtout de l’obstruction des fosses nasales: et en soignant les affections bueco-pharyngées qui par leur propagation peuvent retentir sur l’oreille. La pratique des lavages du nez, tant généralisée et parfois si dangereuse, sera restreinte à ses indications essentielles.

Oreille interne. — Les intoxications du labyrinthe déterminées par l’abus de l’alcool, du tabac, seront surveillées et proscrites. Dans certaines professions bruyantes (ateliers, usines) on diminuera les ébranlements trop violents du nerf auditif en fermant l’oreille avec de l’ouate. Les sujets nerveux pourront se défendre des bruits trop intenses en portant de petits appareils qui ferment le conduit (antiphones, fig. 55). Enfin les professions dans lesquelles l’ouïe est très surmenée (employés des téléphones) seront

interdites aux personnes nerveuses, surtout s’il existe déjà une affection auriculaire : on préviendra de la sorte le surmenage et la fatigue' du nerf auditif et même des psychoses auditives.

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