MUQUEUSE BUCCALE
sant suite à la muqueuse proprement dite et l’épiderme à l’épithélium. Cette région est remarquable parsacoloration rouge vif, due à la transparence de la couche superficielle et au grand nombre de vaisseaux qu’elle renferme. Au niveau de la langue, cette coloration passe au gris, à cause de l’épaisseur plus considérable de 1 épithélium.
La muqueuse buccale est presque partout appliquée sur les tissus osseux sous-jacents et torme une couche épaisse de 220 à 450 g, forte et extensible, possédant des papilles superficielles, analogues à celles de la peau (d’après v. Ebner, Kôlliker, Manuel d’histologie ; voir planche V, fig. 2). L’épithélium passe sans se plisser sur ces papilles ; sur la langue seulement, il se forme des élevures et des dépressions (papilles filiformes, fongiformes, etc.).
Presque partout le derme muqueux se continue sans limites bien nettes avec les tissus sous-jacents. Onne trouve du tissu conjonctif lâche qu’aux endroits très mobiles, plancher do la bouche, bandelettes labiales et linguales et même, en ces endroits, la limite avec la muqueuse n’est pas bien tranchée. Au contraire, au niveau du palais, des joues et de la langue, il existe une véritable couche sousmuqueuse de glandes séreuses et muqueuses, et là où ces g-landes font défaut, au niveau des procès alvéolaires et en certaines parties du palais osseux, la couche inférieure de la muqueuse se continue avec le périoste, sans transition appréciable.
L’extensibilité de la muqueuse fait présager un tissu élastique qui, en réalité, est très développé et dont on peut suivre les réseaux jusque dans les papilles.
Le tissu conjonctif de la sous-muqueuse se trouve en faisceaux de 4 à 11 p d’épaisseur, qui sont disposés soit parallèlement, soit perpendiculairement, soit encore obliquement, par rapport à la muqueuse et constituent ainsi un tissu fortement feutré. Dans la muqueuse même les faisceaux deviennent plus fins et, dans les papilles, prennent la forme de minces fibrilles au sein du tissu homogène fondamental. Ces fibrilles de tissu conjonctif sont souvent accompagnées de cellules conjonctives ramifiées.
Parmi les éléments cellulaires, les leucocytes en particulier sont abonclamment représentés dans la muqueuse buccale; les gencives, surtout au niveau des molaires postérieures, sont le siège d’une véritable infiltration leucocytaire physiologique ; plus en arrière, le tissu devient franchement Preiswerk. — Maladies des dents. 4
HISTOLOGIE
adénoïde et acquiert son plus grand développement au niveau des amygdales.
Dans la sous-muqueuse les vaisseaux forment un riche réseau, d’où partent des capillaires pour les papilles. Ces capillaires/orment une anse simple dans les papilles du palais et du plancher de la bouche, tandis que les papilles gingivales et labiales possèdent un véritable réseau vasculaire, de la partie moyenne duquel part une veinule efférente.
Les fibres nerveuses, venant de la sous-muqueuse, forment un plexus donnant naissance aux filets suivants :
1° Des filets avec gaine de myéline, avec ou sans corpuscules terminaux.
2° Des filets sans myéline, formant un plexus sous-épithélial d’où partent des rameaux très fins avec des extrémités renflées et pénétrant dans l’épithelium..
3° Des filets terminaux de toutes sortes pour la sousmuqueusc, la muqueuse, les glandes et les parois vasculaires.
Les lymphatiques forment un plexus très développé dans la partie profonde de la sous-muqueuse èt qui est en rapport, par des anastomoses, avec un autre plexus intramuqueux plus fin, envoyant lui-même dans les papilles des branches très ténues, terminées en cul-de-sac. Les capillaires lymphatiques sont, comme dans la peau, situés plus profondément que les capillaires sanguins.
. L’épithelium de la cavité buccale est pavimenteux stratifié (voir planche VI, fig. 2).
Les cellules des couches les plus profondes sont cylindriques, les moyennes prismatiques et les plus superficielles aplaties par pression réciproque ; leur contour est arrondi et polygonal. Elles présentent toutes un noyau apparent et leur protoplasma offre de fines granulations. Les couches superficielles de l’épithelium sont constamment balayées et remplacées par les couches sous-jacentes ; ce qui explique pourquoi on trouve toujours dans la salive des cellules épithéliales.
Le pouvoir absorbant de la muqueuse buccale est considérable et présente en pratique une certaine importance.
Fig. 30. — Coupe longitudinale d’une molaire. S, émail; D,dentiné; C, cément; P, cavité pulpaire (d’après Sobotta).
Fig. 30.
«ii •
Parties dures et parties molles de la substance dentaire.
La partie dure des dents se compose de trois tissus de structure différente, à savoir : l’ivoire, l’émail et le cément (voir fig. 30). L’émail est une production épithéliale, d’origine ectodermique, tandis que l’ivoire et le cément proviennent du mésoderme. Les parties molles sont la pulpe dentaire située dans la cavité de la dent et le ligament ou périodonte qui recouvre la racine.
Ivoire ou dentine
La dentine, qui ressemble beaucoup au tissu compact de l’os, forme la plus grande partie delà dent (v. fig. 31). Elle est recouverte à la couronne par l’émail, à la racine par le cément ; sa dureté est intermédiaire à ces deux substances, plus dure que le cément et moins que l’émail.
Sur une coupe longitudinale, l’ivoire présente un éclat analogue à la soie ; au microscope, on voit dans la région de la couronne des stries parallèles à la surface ( Owen ) et des masses .inter-globulaires périphériques. Dans la zone radiculaire, on trouve entre l’ivoire et le cément la couche granuleuse de J. Tomes.
La substance fondamentale est calcifiée et traversée par des fibrilles naissantes, larges de 0,5 p. Ces fibrilles ne sont pas parallèles aux canalicules de l’ivoire, mais forment des couches orientées différemment selon l’endroit considéré. D’après l’opinion de v. Ebner , que je partage, ces fibres ont une structure lamelleuse suivant les contours extérieurs de la dent au niveau de la couronne, tandis qu’au niveau de la racine elles sont cylindriquement disposées selon l’axe longitudinal de la dent. Dans cette substance fondamentale ainsi calcifiée. et
Fig. 31. — Coupe longitudinale d’une prémolaire, a, dent complète ; b, ivoire seul, pour montrer que cette dernière substance constitue la majeure partie de la dent.
HISTOLOGIE
possédant des fibres unissantes se trouvent les canalicules de l’ivoire.
Ces canalicules, de 3 à 4 p de diamètre, partent en rayonnant de la cavité dentaire, suivant un trajet hélicoïdal (Welcker). D’une façon générale, ils sont disposés horizontalement dans la racine et tendent à devenir verticaux dans la couronne ; ils sont en communication les uns avec les autres par des anastomoses latérales très
Chaque canalicule, peu après son origine, se divise en deux branches parallèles qui se partagent à leur tour, de la même manière, en branches de plus en plus fines
piriforme dans les masses interglobûlaires ou dans la zone granuleuse, soit par une extrémité effilée dans la dentine elle-même. Il n’est pas rare de voir des anses terminales formées entre les extrémités de deux canalicules voisins. Dans l’émail, leur terminaison est tout à fait
Planche YI. — Préparations histologiques de la pulpe. —
Fig. 1. —a,Tissu pulpaire normal; b, faisceau de fibrilles accompagnant les vaisseaux et les nerfs ; c, coupe longitudinale d’un petit vaisseau sanguin ; d, coupe longitudinale d'un grand vaisseau sanguin rempli d’hématies; e, couche d’odontoblastes. (Coupe longitudinale, coloration àl’hématoxyline éosine).
Fig. 2. — a, cellules rondes delà pulpe; b, cellules fusiformes (coupe longitudinale, coloration à l’hématoxyline ; fort grossissement).
Fig. 3. — o, tissu pulpaire normal ; b, coupe longitudinale d’un filet nerveux ; c, vaisseau sanguin entouré de filets nerveux (coupe longitudinale, hématoxyline, acide osmique),.
Fig. 4. — a, coupe transversale d’un filet nerveux ; b, vaisseau sanguin entouré de filets nerveux (coupe transversale de la pulpe radiculaire, hématoxyline, acide osmique).
(ng. àz) ; au niveau ae ia ligne de séparation avec le cément et l’émail, ils se terminent soit par une dilatation
Fig. 32. — Ramification des canalicules de l’ivoire (coupe longitudinale).
lig.!.
IVOIRE OU DENTINE
h massues, qui envoient (les 9
g. 33. — Canalicules de l'ivoire, sur une coupe transversale. Les anneaux clairs sont les gaines de Neumann et les points noirs qu’elles entourent, les fibres de
remarquable ; ils se dilatent rameaux dans la substance de l’émail. Ræmer ainsi que Morgenster considèrent les renflements comme des terminaisons nerveuses. N’ayant jamais pu déceler de tissu nerveux dans la dentine, au moyen des méthodes et des colorants usuels, je ne puis, ainsi que v. Èbner,
Ræseet d’autres du reste, souscrire à cette opinion.
D’ailleurs, d’après les recherches minutieuses de Walkhoff, l’existence des nerfs de la dentine se trouve aujourd’hui fortement mise en doute.
Les canalicules de l’ivoire se montrent sur une coupe transversale (fig. 33) entourés d’une couche ( zone de Neumann), calcifiée comme la substance fondamentale ; au centre se trouve une fibre de Tomes, non calcifiée. Hoppe ainsi que Kœlliker ont démontré l’exactitude de cette description ; en attaquant des •dents de mammifères fossiles, dépourvues de substance organique, au .... moyen d’acides, ils purent - Espaces interglobulaires dé( / e ] er des zones d £ Neu .
. re ( coupe lonsitudinale >' mann, en forme de canalicules arrondis.
Pourcequi est des fibres de Tomes, on est moins d’accord et je ne veux donner l’explication suivante que comme un compromis entre les opinions diverses et différentes. Les fibres de Tomes seraient des prolongements filiformes des odontoblastes ; ils ne se calcifient pas, sont élastiques et peuvent par conséquent être tirés hors des canalicules. Ces
Fig. 34.
SI
HISTOLOGIE
fibres possèdent une apparence homogène et cependant leur structure intime est encore à démontrer. Leur fonction consiste par voie centrifuge à porter les sucs nourrissiers et, par voie centripète, à conduire la sensibilité : ils ont probablement encore une action ou tout au moins une réaction de protection vis-à-vis de la carie.
Les espaces interglobulaires situés à la surface, aussi bien dans la couronne que dans la racine, doivent leur nom à leur forme qui semble résulter de plusieurs sphères soudées ensemble. Ce 'ne sontgue des portions non calcifiées de l’ivoire, réservées par les lignes polycycliques de la calcification. Ces espaces renferment du cartilage dentaire et sont traversés sans interruption par les canalicules de l’ivoire (fig. 34). Dans la couronne, ces espaces sont très variables en disposition et en dimension. Ils sont beaucoup plus étendus dans les dents mal développées que dans les normales. Je possède des dents malformées d’idiots, dont, l’ivoire est presque entièrement fait de ces masses globulaires. Au contraire, au niveau de la racine, on trouve toujours, même dans les dents bien développées, une rangée régulière de petites sphérules très fines qui constituent la zone granuleuse (granular layer, des Anglais). En certains endroits, ils sont directement en contact avec le cément, en d’autres ils en sont séparés par une mince couche de dentine compacte.
D’après v. Bibra la constitution chimique de l'ivoire est la suivante :
Phosphate basique de chaux. . . . 66,72
Carbonate de chaux. 3,36
Phosphate de chaux. 1,08
Sels. .. 0,83
Cartilage.27,61
Graisse. 0,40
Fluorure de chaux.traces
Soit en tout 28,01 de matières organiques et 71,99 de matières minérales.
Email ou substance vitrée.
Toutes les dents sont recouvertes d’une couche d’émail. L’émail normal est brillant, de couleur blanc jaunâtre, pouvant passer au bleu, au vert, au rouge, etc. Au moyen