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TRAITEMENT DES PERTES DE SUBSTANCE DENTAIRE

Il n’est pas possible d’enseigner les questions de technique que nous avons à traiter ici par une description, si complète soit-elle ; la pratique seule donne des leçons fructueuses ; cependant nous ne pouvons passer sous silence cet important chapitre ; aussi allons-nous rapidement esquisser tout ce qui nous paraît utile et indispensable ; pour cela, nous avons mis à contribution les travaux de Sachs et de Miller, combinant l’expérience de ces observateurs avec la nôtre propre.

I. Traitement des pertes de substance dentaire au moyen de la lime et des cautérisations au nitrate d’argent.

a. Limage des dents.

Les légères pertes de substance des surfaces interdentaires étaient souvent traitées autrefois par leur destruction au moyen de la lime à séparer les dents : on limait lés deux dents environ jusqu’à la gencive au niveau de laquelle on laissait un « épaulement » d’émail empêchant le rappro-

LIMAGE DES DENTS

chement ultérieur des dents ; celles-ci se trouvaient ainsi écartées les unes des autres, ce qui permettait le nettoyage spontané des surfaces interdentaires. Pour faciliter encore ce nettoyage, on limait un peu plus du côté lingual, que du côté labial et on polissait soigneusement les surfaces obliques. Je n’ai jamais vu telle opération exécutée sur des molaires, mais je l’ai rencontrée assez fréquemment sur des dents de devant, chez des personnes âgées, paraissant s’en être fort bien trouvé, car même nombre d’années après, la carie ne semblait point avoir récidivé.

On pourrait revenir aujourd’hui à ce procédé, surtout dans la pratique hospitalière; elle présente toutefois l’inconvénient de laisser entre les dents un écartement fort peu esthétique, au gré de la plupart des malades. La fig. 108 montre la façon de limer les dents de devant.

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Fig. 108. — a, dents antérieures avec foyers de carie interstitielle ; b, les mêmes, limées de telle façon que le foyer de carie a dis- paru et qu’il reste au niveau du collet un épaulement empêchant le rapprochement ultérieur; c, coupe transversale de la couronne de dents incisives montrant qu’on a réséqué davantage le côté lingual que le côté labial.

b. Cautérisation au nitrate d’argent.

Les badigeonnages au nitrate d’argent peuvent influer favorablement les caries au début, de même que les lacunes cunéiformes ; il faut avoir soin de protéger au moyen d’un vernis les régions voisines ; cependant, avec un peu d’expérience et de prudence, on arrive à se passer de cette précaution.

Stebbings auquel se joignent Chupein et Szabo recommandent ce traitement, même dans les cas de pertes de substance assez importantes, surtout au niveau des dents de lait. Le traitement est très simple : on introduit un fragment de nitrate d’argent de la grosseur d’une tête d’épingle dans la cavité humide débarrassée soigneusement des débris ramollis et on le laisse pendant 2minutes.

MA

OBTURATIONS DENTAIRES

On peut expliquer l’influence favorable du nitrate d’argent sur la marche de la carie par la formation de substances insolubles au contact des corps organiques, ce qui enlèveraitaux microbes leur milieu nutritif. Chimiquement, ilse faitde l’albuminate d’argent oxydé, puis comme les tissus vivants contiennent toujours du chlorure de sodium il se forme une double décomposition : l’acide nitrique du nitrate d’argent se combine avec le sodium et l’acide chlorhydrique donne un chlorure d’argent insoluble :

AgAz0 3 -f NaCl = AgCl -f NaAz0 3

Les régions ainsi traitées noircissent à la lumière; pour cette raison, il ne faut pas employer cette méthode sur des surfaces visibles.

Les points cautérisés s’usent à la longue, aussi les phénomènes morbides peuvent-ils reparaître ; de plus, grâce à son action insolubilisante, le remède ne possède que peu d’action en profondeur ; c’est pourquoi, si l’ont veut obtenir des résultats durables, faut-il reprendre le traitement à intervalles réguliers, deux fois par an, par exemple.

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