Examen à l'éclairage latéral
Cet examen est extrêmement important, parce qu'on voit clans le segment antérieur de l'œil des détails qu'on ne peut voir et déceler d'aucune autre manière aussi nettement, surtout quand on fait l'examen avec une bonne loupe.
On place la lampe qui doit servir à l'examen ophtalmoscopique, latéralement à droite sur la table, de façon qu'elle se trouve à côté et un peu en avant de l'observateur. On dirige alors, avec une forte lentille convexe de 15 à 20 dioptries, appartenant à l'ophtalmoscope, la lumière de la lampe sur l'œil, de façon que les endroits qu'on veut examiner minutieusement, soient au
(1) 0. Haab, Allas manuel d'ophlalmoscopie, édition française par A. Terson et Guénod, 2e édition, Paris, 1000.
foyer de la lentille, auquel les rayons lumineux réunis par la lentille projettent une petite image très éclairante de la flamme de la lampe employée. Les régions de la cornée, de l'iris, etc., ainsi éclairées, sont alors non seulement plus visibles grâce à l'éclairage plus fort, mais encore parce qu'elles se détachent plus nettement de leur pourtour resté sombre. On peut par exemple éclairer la cornée sans que la lumière atteigne l'iris, de façon que, si la cornée a une coloration grisâtre, sur laquelle des taches grisâtres ne se détacheraient pas, elles deviennent nettes, parce que l'iris reste clans l'ombre et forme un fond sombre à l'opacité. On peut aussi, en laissant la cornée]dans l'ombre et en n'éclairant que l'iris, mieux voir ce dernier, et de même ce qu'il y a à voir au niveau de la pupille. On peut en effet, par cette méthode, arriver à mettre en évidence les plus petites modifications de la cornée, de l'iris et du cristallin, modifications invisibles en partie ou en totalité avec la lumière du jour, quelque bonne qu'elle soit.
Il est fort avantageux d'employer l'éclairage oblique en regardant de plus l'œil à travers une loupe. La loupe de Hartnack s'y prête et est d'un emploi supérieur à celui des autres, car elle a un champ assez étendu.
On la tient de la main gauche, tandis que la main droite tient la loupe éclairante, et on examine avec la loupe spéciale les parties éclairées. La manœuvre simultanée des deux loupes n'est pas très facile et on doit s'y exercer convenablement, pour que ce mode d'examen soit aussi profitable que possible. Par cette combinaison seule, on peut en particulier mettre en évidence et localiser très nettement les précipités punctiformes, parfois si importants, qui se déposent dans l'iritis et la cyclite sur la face postérieure de la cornée. Il y a aussi sur ou dans le cristallin de petits points grisâtres qui ressemblent aux précédents. Nous pouvons facilement les différencier entre eux, en employant l'examen à la loupe, car, lorsque les précipités nous apparaissent très nettement, il nous est impossible de voir en même temps nettement le cristallin. Si nous voulons avoir une image nette de ce