II
L'amplitude normale de l'accommodation aux divers âges de la vie nous intéresse non seulement pour l'appréciation de certains cas de paralysie de l'accommodation , mais à cause de la diminution physiologique de la faculté d'accommodation de l'œil. Cette diminution, à un certain degré, conduit à une altération dans la vision des objets rapprochés, altération que Ton désigne sous le nom de Presbyopie. Elle oblige le sujet à employer des lunettes à un certain âge. Aussi longtemps qu'il lui est possible de voir distinctement à une distance de â 33 centimètres, c'est-à-dire tant que son amplitude d'accommodation équivaut à 3 à 4 dioptries, la diminution de ce pouvoir accommodatif ne l'inquiète pas.
Mais la vision des caractères fins commence ensuite à devenir pénible, parce qu'on approche plus volontiers de l'œil ce genre de caractère. On choisit alors une impression de plus en plus grande, on recherche une lumière de plus en plus vive, enfin on renonce de plus en plus à un travail fin, on finit par avoir recours à des lunettes qui suppléent à l'accommodation qui faiblit.
Leur force doit être proportionnée au travail que veut Haab. — Mal. externes de PœiL 4
exécuter la personne à qui nous prescrivons les lunettes. Un cordonnier qui fait son travail à 40 centimètres de ses yeux, aura besoin de verres moitié moins forts que ceux que doit avoir un dessinateur travaillant à 20 centimètres de distance.
Dans le tableau précédent, il est indiqué que la presbyopie débute lorsque le punctum proximum est éloigné à 25 centimètres, ou, ce qui veut dire la même chose, lorsque l'accommodation commence à être au-dessous de 4 dioptries. On trouve fort simplement la valeur de la presbyopie et du numéro de lunettes qui lui convient, en soustrayant de la distance du travail exprimée en D, l'A encore existante. Par exemple : Distance désirée : 33 cent. (= 3 D) ; accommodation = 2 D ; numéro de verres = 1 D.
Tout cela concerne d'abord l'œil emmétrope : aussi fautil faire attention aux détails suivants. Comme on le voit dans le tableau précédent, l'œil devient à partir de cinquante-cinq ans un peu hypermétrope, et cela par la diminution du pouvoir réfringent du cristallin. Cet état hypermétropique de l'œil emmétrope, on doit en tenir compte en prescrivant les lunettes, et il doit être corrigé en renforçant le numéro de lunettes proportionnellement à cette hypermétropie. Ainsi s'établit la première rangée des- chiffres du tableau précédent. Lorsqu'un œil sénile est atteint de cataracte, cette modification élève au début la force réfringente du cristallin et compense l'hypermétropie due à l'âge. A ce cas s'appliquent les chiffres de la seconde rangée ; on peut même rester un peu au-dessous d'eux.
Lorsqu'on a affaire à un œil qui était déjà hypermétrope, le verre correcteur de l'hypermétropie doit naturellement s'ajouter au verre correcteur de la presbyopie. Inversement, chez un myope, on retranchera la myopie du verre de la presbyopie : le myope devient plus tard presbyte que l'emmétrope.
Nous devons aussi tenir compte de ceci dans la mesure de l'accommodation normale ou diminuée par une maladie.
S'il n'existe plus que peu d'accommodation, que le punc-
MESURE DU CHAMP VISUEL
tum proximum est par conséquent très écarté de l'œil, le sujet ne lit plus aucun caractère, et nous devons alors agir en rapprochant artificiellement le punctum proximum par un verre convexe placé devant l'œil. Si, par exemple, nous trouvons alors que l'observé lit encore les plus fins caractères à 10 centimètres avec + 6 I), l'accommodation est égale à la valeur dioptrique correspondant à 10 cent. = 10 D, moins la valeur du verre employé, donc A = 4 D. Si le sujet est âgé de dix ans, âge auquel il devrait avoir une accommodation- d'une amplitude de 14 D, il lui en manque 10 D.