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Conjonctivite catarrhale simple

Le catarrhe conjonctival simple peut revêtir une forme aiguë et une forme chronique. Dans le premier cas les phénomènes inflammatoires sont plus accentués et atteignent aussi la conjonctive bulbaire, tandis qu'en général le catarrhe dans sa forme chronique n'atteint que la conjonctive palpébrale.

Nous trouvons en première ligne, comme symptômes objectifs : la sécrétion anormale de mucus ou de pus, la rougeur conjonctivale,le gonflement de la conjonctive qui se manifeste au niveau du tarse par un aspect rugueux, la formation de replis, surtout dans la région où la conjonctive palpébrale se réfléchit sur le globe (cul-de-sac), et le gonflement du repli semi-lunaire juxtacaronculaire. Lorsque le catarrhe est purulent, l'œdème de la conjonctive bulbaire et un degré plus ou moins accentué d'œdème palpébral apparaissent.

Les symptômes subjectifs consistent dans l'agglutination des cils au réveil, les démangeaisons, la cuisson, la sensation de sable dans l'œil, le trouble apporté à la vision par la sécrétion lorsqu'elle s'étend sur la cornée. Ce trouble visuel toutefois est ordinairement passager et disparaît si l'on essuie l'œil. Ce n'est que si les mucosités

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s'amassent sous forme d'une couche mince sur la cornée, que le patient aperçoit des cercles colorés autour des lumières, analogues à ceux qu'on observe dans le glaucome. La photophobie, le blépharospasme et les douleurs sont peu marqués tant que la cornée ne participe pas à l'inflammation. Le malade ouvre plus facilement les yeux, souvent tous deux atteints, que dans les inflammations cornéennes. A une période plus avancée, des complications peuvent survenir, en particulier dans la forme chronique, l'inflammation du bord ciliaire et de la cornée ; cette dernière complication se présente surtout chez les sujets âgés, sous forme d'un ulcère marginal, souvent appelé ulcère catarrhal, ou sous forme d'un ulcère suppuré.

On trouve souvent dans le catarrhe des microbes pathogènes, qui provoquent la maladie, et aussi d'autres qui cultivent seulement dans la sécrétion catarrhale du cul-de-sac. Nous connaissons jusqu'à présent comme microeoques engendrant les conjonctivites : 1° le gonocoque (Voir conjonctive biennorragique p. 121); 2° le pneumocoque de Frœnkel- Weichselbaum, qui entraîne un catarrhe bénin, pas absolument contagieux, et plus fréquent chez les enfants que chez les adultes ; 3° le streptocoque, qui provoque quelquefois un simple catarrhe, d'autres fois une inflammation pseudo-membraneuse ou diphtérique. On doit encore faire de nouvelles recherches pour savoir si les staphylocoques qui se trouvent souvent dans le cul-de-sac conjonctival, provoquent ou non des conjonctivites.

Comme bacilles pouvant engendrer des conjonctivites, nous connaissons : 1° les bacilles diphtériques (Voy. conjonctive diphtérique) ; 2° le baciUe de Koch-Weeks, qui quelquefois provoque chez les enfants et l'adulte une vive inflammation contagieuse; 3° le diplobacille de Morax-Axenfeld, qui entraîne une conjonctivite assez fréquente, mais à évolution traînante.

C'est dans la conjonctivite catarrhale simple que l'on observe bien ce fait, tout au moins en l'état actuel de nos connaissances, que dans les mêmes formes cliniques nous

MALADIES DE LA CONJONCTIVE

trouvons des bactéries d'espèces différentes, et que souvent dans des formes cliniques différentes nous trouvons des bactéries de même espèce (Bach).

Diverses conditions provoquent ou du moins favorisent et entretiennent le catarrhe; en particulier, le séjour dans des lieux où l'air, mal renouvelé, est rempli de poussière, de fumée et d'impuretés ; les excès alcooliques, la blépharite, le rétrécissement des voies lacrymales, la pénétration de corps étrangers dans le cul-de-sac conjonctival, etc.

Le diagnostic se déduit facilement des symptômes précédents. Les complications cornéennes s'annoncent par la rougeur ciliaire et la lésion des couches superficielles de la cornée.

Le pronostic est bénin chez les jeunes sujets. Chez les sujels âgés et chez les malades, qui ne peuvent se soustraire aux influences malfaisantes, la guérison peut rencontrer de grandes difficultés.

Le traitement doit lutter d'abord contre les causes nocives. Localement, les astringents seront appliqués, soit directement au pinceau par le médecin, soit par le patient, en collyres à instiller et en pommades. Pour les badigeon nages, lorsque la sécrétion est abondante et purulente, on emploie la solution de nitrate d'argent à 2 p. 100. Quand ]a sécrétion est moins abondante, la solution à 1 p. 100 suffit. En instillation, on emploie le sulfate de zinc à 0,05 à 0,01 p. 10 d'eau récemment distillée ou pour 10 d'une solution de sublimé à 1/10000°. Cette dernière solution demeure plus longtemps privée de germes.

[Les recherches microhiennes ont conduit peu à peu à diverses mesures destinées à conserver les collyres dans un état moins impur qu'autrefois. On peut employer des collyres aseptisés par la chaleur, soit en ampoules, soit dans un flacon compte gouttes en verre soufflé d'un des nombreux modèles existants; on emploie aussi des collyres antiseptisés dans un flacon compte-gouttes contenant la solution de l'alcaloïde ou du topique avec adjonction d'un antiseptique (sublimé, aldéhyde formique, acide salicylique, etc.). Nous avons employé, comme

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cela avait été recommandé déjà à diverses reprises, des solutions préparées en y ajoutant 1 centigramme d'acide salicylique pour 15 grammes de ia solution. Elles restent pendant des mois tout au moins privées de ces flocons, si fréquents sans cela dans les collyres.

On a aussi utilisé des collyres huileux dont la conservation paraît très prolongée.

Ces divers pi océdés ont réalisé un réel progrès et ont chacun des applications suivant les circonstances (opérations, traumatismes, malade se soignant lui-même, cabinet, clinique, etc.).

Il est important dans la pratique d'appliquer le collyre sans contamination. Si l'on se sert d'une pipette compte-goutles adaptée à un flacon, on aura soin de ne pas effleurer avec sa pointe la peau du malade, et de faire tomberles gouttes directement dans le cul-de-sac conjonctival inférieur, la paupière inférieure étant attirée en avant et en bas et maintenue près d'une minute dans cette position, le malade regardant en haut. Il est bon d'aseptiser de temps à autre le compte-goultes par rébullition, ou les flacons compte-gouttes par l'autoclave ou la tyndallisation, enfin de changer assez souvent le collyre, surtout pour la cocaïne, dont le pouvoir anesthésique diminue du reste à la longue. On aseptisera avant et après l'application, par la chaleur sèche ou l'ébullition, tout instrument destiné à être retrempé dans le flacon. A. T.]

L'acétate de plomb à 0,1 — 0,2 p. 10 d'eau distillée ou d'onguent amylo-glycérique est recommandable, tant qu'il n'y a aucune lésion cornéenne. S'il en était autrement, le plomb pourrait entraîner des incrustations cornéennes et retarder la guérison de l'ulcération de la cornée. Dans le catarrhe chronique rebelle, on doit alterner les remèdes et employer le sulfate de cuivre, le tanin, l'alun à o p. 100. Les gouttes seront instillées une ou deux fois par jour avec des compte-gouttes, les pommades appliquées une fois par jour avec une baguette de verre.

[Dans la pratique, on recommandera, pour mettre la pommade, un simple cure-oreille que le malade trouvera partout, qu'il aseptisera facilement à l eau bouillante, qui ne se cassera pas comme un agitateur, qui mesurera à peu près la quantité de pommade à mettre et qui reste toujours plus propre que

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le pinceau graissé qui s'enduit de poussière, laisse des poils dans l'œil et est à peu près impossible à aseptiser, une fois graissé. Quant aux baguettes de papier, elles sont souvent malpropres, ayant été roulées entre les doigts, et leur pointe peut érafler la cornée. A. T.]

L'atropine est tout à fait inutile, tant qu'il n'y a aucune complication cornéenne.

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