‹ Atlas manuel des maladies externes de l'oeil [electronic resource]Chapitre 58 sur 78 · I. — Cataracte · texte numérisé non relu

I. — Cataracte

Le cristallin, étant privé de vaisseaux, ne peut s'enflammer : il peut tout au plus être envahi secondairement par les corpuscules du pus, lorsque sa capsule est divisée par un traumatisme ou une violente suppuration.

Les maladies spontanées du cristallin se présentent très généralement sous forme d'opacités, qui portent le nom de cataracte; les maladies du cristallin secondaires à des maladies d'autres parties de l'œil ou à des lésions traumatiques affectent aussi la forme d'une cataracte.

L'opacité paraît grise, gris bleuâtre ou blanchâtre, lorsque la lumière la frappe sans la pénétrer ; à la lumière qui traverse les milieux de l'œil, elle paraît noirâtre sur un fond rouge (Pl. XXXII et XXXIII). La dilatation de la pupille est nécessaire pour mettre en évidence les opacités qui se trouvent souvent dans la périphérie du cristallin. L'éclairage latéral montre alors le siège des opacités cristalliniennes partielles, qui forment, à cause de la structure fasciculée du cristallin, des lignes, des rayons et des cônes (Pl. XXXIII, b et c); se dirigeant du bord du cristallin vers son pôle antérieur ou postérieur, dans la couche corticale antérieure ou postérieure, et atteignant la superficie pupillaire, lorsqu'ils sont assez longs. Entre eux, on voit souvent, en plus, des opacités punctiform.es plus ou moins Haab. — Mal. externes de l'œil. 15

MALADIES DU CRISTALLIN

nombreuses. Les opacités du cristallin siègent toujours dans les fibres cristalliniennes, oudansl'épithélium qui se trouve sous la capsule antérieure, mais elles n'occupent pas la capsule elle-même. Si on parle quelquefois de cataractes capsulaires, on désigne ainsi les opacités qui sont constituées par la prolifération de l'épithélium souscapsulaire. Elles se trouvent exclusivement dans la partie moyenne de la face antérieure du cristallin, sont souvent d'un blanc éclatant, bien limitées et proéminentes par places (Pl. XXXIV). Tandis que cette opacité est formée par un amas épais de cellules sous-capsulaires, les autres opacités du cristallin sont causées par un processus dégénératif, et sont formées de telle sorte que les fibres du cristallin s'écartent, notamment celles si-

Planche XXXII.

a. Cataracte sénile mûre.

C'est-à-dire où l'opacité atteint tout, excepté la capsule, et arrive par conséquent jusqu'au bord de la pupille. La malade, âgée fie soixantedouze ans, n'a aucune autre maladie.

b. Cataracte traumatique.

Le malade, âgé de quatorze ans, a mis hier un pied dans une grande caisse, en sorte que le bord supérieur de celle-ci l'a heurté et que son œil gauche, jusque-là excellent, fut atteint probablement par un clou ou par un éclat de bois pointu. L'œil présente en effet une blessure due évidemment à un objet pointu : on voit un peu en dedans et en bas du milieu de la cornée une blessure déjà fermée, formant une strie grisâtre d'environ 2 millimètres de longueur. Une blessure irienne du côté nasal et une lésion de la capsule du cristallin lui correspondent :

11 s'en est suivi un trouble de la lentille qui s'étend d'un côté sous la partie nasale de la couche corticale antérieure autour de la plaie capsulaire, et de l'autre dans la couche corticale postérieure, en formant dans cette dernière une élégante rosette, visible seulement à l'éclairage oblique. Légère rougeur ciliaire. V ~ G/36. Quinze jours après, le trouble cortical postérieur a diminué, mais l'antérieur a augmenté à cause du gonflement du cristallin. Quinze jours encore après, la lentille est presque complètement opaque. Plusieurs discissions furent nécessaires pour supprimer les parties non résorbées de la cataracte ; de la sorte, quelque mois après, l'acuité visuelle était de 6/6, avec une hypermétropie do

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