CATARACTES STATIONNAMES ET PARTIELLES
Par suite on voit toujours dans ces cas -là une tache plus ou moins large au centre de la cornée. Ce processus conduit chez les enfants seulement à ce genre de cataracte, dont la formation ne s'observe plus à un autre moment de la vie. Ordinairement c'est l'ophtalmie des nouveau-nés qui entraîne cette lésion définitive. La cataracte polaire antérieure se trouve toujours sous la cristalloïde et ne peut donc être retirée du cristallin, à moins d'ouvrir la capsule et de provoquer une cataracte traumatique. Quand elle est très petite, elle ne gêne que modérément la vision, quoique d'autant que la pupille est plus rétrécie, par conséquent à la vive lumière.
2° Cataracte polaire postérieure. — Elle forme au pôle postérieur une opacité plus ou moins grande : elle peut être, rarement, congénitale, constituant un reste de la tunique vasculaire fœtale du cristallin, quelquefois même avec débris de l'artère hyaloïde. Cependant elle se développe plus souvent à la suite de la rétinite pigmentaire, des choroïdites ou des dégénérescences du corps vitré. Ces deux dernières affections ont ordinairement pour suite une opacité plus étendue, s'étendant dans la couche corticale postérieure, et cette forme acquise diffère de la forme congénitale en ce qu'elle s'élargit tôt ou tard davantage. Celle de la dégénérescence pigmentaire de la rétine reste souvent très longtemps stationnaire. On doit l'examiner avec la lumière directement transmise par le miroir ophtalmoscopique seul. Elle constitue un des caractères de cette affection de la rétine.
3° Cataracte périnucléaire <ou zonulaire. — C'est la cataracte la plus fréquente dans l'enfance, et elle est peutêtre en rapport avec le rachitisme (Horner).
Elle est formée par deux opacités en forme de coquille qui enferment en se rejoignant par leurs bords, le noyau transparent du cristallin. Le noyau et sa coque opaque peuvent être d'un volume assez variable.
La planche XXX III a montre une petite cataracte zonulaire. Elle est souvent plus développée et se présente alors, à la lumière latérale ou directe, comme un disque sur
230 MALADIES DU CRISTALLIN
lequel par la première méthode laisse distinctement reconnaître une convexité antérieure, et, si l'on dirige la pointe du cône lumineux latéral un peu plus profondément sur la moitié postérieure de la lentille, on y aperçoit la coque opaque postérieure concave en avant.
A la lumière du miroir seul, on voit souvent des dentelures sur le bord de la cataracte zonulaire. Elles correspondent à de petites opacités linéaires qui entourent le bord de la cataracte et qu'on a nommées des « cavaliers », à cause de cette situation. Dans d'autres cas, on voit aussi quelquefois de courtes opacités linéaires à la périphérie (Pl. XXXIII, b). Quelquefois la cataracte zonulaire est rudimentaire et constituée par des points très fins, disséminés dans les deux couches troubles. Dans ce cas la vision est seulement peu nette, tandis que dans l'opacité plus accentuée, l'affaiblissement visuel est extrême, surtout si la pupille est étroite au point que les rayons lumineux ne peuvent arriver à la rétine à cause de la cataracte.
Cette cataracte est ordinairement bilatérale et station-
Planghe XXXil l.
a. Cataracte zonulaire.
Cette cataracte existait déjà de très bonne heure dans les deux yeux de cet enfant, âgé de huit ans, car il n'a jamais vu très nettement. Actuellement la vision est égale à 1/4 dans l'œil dessiné, dont la défectuosité fut mise en évidence lorsqu'on commença à l'envoyer à l'école, en sorte que la suppression opératoire de la lentille fut pratiquée, le reste de l'œil étant normal.
b. Le même œil vu avec l'éclairage des milieux.
La pupille étant dilatée, on voit qu'il existe (par exception) des opacités radiées très fines qui entourent le centre occupé par le trouble principal.
c. Début de cataracte sénile vu avec l'éclairage des milieux.
La pupille dilatée laisse voir delà manière la plus nette les opacités en grande partie radiées. Le reste de l'œil est normal. La légère rougeur ciliaire provient d'une très légère érosion cornéenne invisible sur le dessin.
Tab. 33.
CATARACTES A MARCHE PROGRESSIVE
naire pendant fort longtemps : cependant elle peut ultérieurement former une cataracte totale.
Tandis que dans les formes précédentes il n'y a lieu d'opérer que si l'opacité est très développée, la cataracte zonulaire est tôt ou tard, au contraire, justiciable d'une opération. La simple iridectomie optique inféro-interne, lorsqu'il s'agit d'une petite cataracte zonulaire, permet la vision à côté de la cataracte, mais elle ne donne pas toujours des résultats satisfaisants. La discission est plus généralement recommandable.
[Elle sera souvent complétée ou remplacée par l'extraction. A. T.]