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Examen du sens des couleurs

Comme! à5 p. 100 des sujets du sexe masculin (chez les femmes, le pourcentage est presque nul) sont atteints de cécité pour certaines couleurs, d’autant plus que le plus grand nombre des aveugles pour les couleurs le sont

pour le rouge et le vert, et sont par suite impropres au'l service des signaux pour les chemins de fer et les navires.- B cet état spécial doit être établi d’une façon précise et ■ scientifique. Comme, par l’expérience, les aveugles pourjB les couleurs parviennent à cacher en partie leurs tares' B et à nommer exactement les couleurs mêmes qu’ils ne ■ perçoivent pas, la détermination précise du sens des cou- I leurs doit se faire avec certaines précautions. Si on pré- I sente à un daltonien un objet rouge ou vert, il annoncera, ■ généralement fort bien que l’objetest rouge ouvert, parceijB qu’il apprécie adroitement la différence d’éclat, suivant*® laquelle les deux couleurs lui apparaissent. Mais si on fait H entrer en ligne les couleurs de confusion, il lui deviendrafB difficile ou impossible de les reconnaître. Comme les. B daltoniens voient gris jaunâtre ou gris bleuâtre le rouge|B et le vert, ils peuvent confondre ensemble les dernicreslB •avec les premières. Pour les y amener, on emploie leslB méthodes suivantes :

l.On fabrique avec delà laine de diverses couleurs^B non seulement des couleurs spectrales, mais encore^B d’autres colorations qui doivent comprendre lejB gris, le gris brunâtre et le rose, une grande quantité de B petits paquets (ou d’écheveauxl qui doivent avoir à P eu JB près la longueur et la largeur du petit doigt’. On entasse^B ces écheveaux pêle-mêle devant le malade, et l’on pose^B d’abord sur un fond incolore, par exemple la table noire, avec un bon éclairage, un écheveau de laine vert clair B à côté du tas des autres écheveaux, en demandant au ; fl sujet de choisir des écheveaux de même couleur dans le |B tas et de les mettre à côté de l’écheveau précédent. Le '(B daltonien y met alors des écheveaux des couleurs de IB confusion ; puis on y met un écheveau rose, sur lequel, |B ne voyant pas le rouge dans le rose, il met aussi du bleu, ■ tandis que l’aveugle pour le bleu et le jaune, qui ne voit j| pas du bleu dans le rose, y ajoute les écheveaux rouges. ■ Cette épreuve, introduite par Seebeck et perfectionnée I par Holmgreen, laisse échapper bien des aveugles pour 9 les couleurs, notamment les habiles et ceux qui s’y sont U préparés à l’avance.

Aussi emploie-t-on encore la méthode suivante :

-2. Méthode des contrastes par le papier desoie. — Quand on recouvre des lettres noires ou grises, imprimées sur fond de couleur, ainsi que ce fond avec un papier de soie, la lettre'apparaît de la couleur complémentaire du fond, ainsi verdâtre si le fond est rouge vif. Dans ce cas, la coloration verte est très délicate, en sorte qu’elle n’est pas perçue par le daltonien, mais il faut que l’épaisseur du papier soit exactement celle voulue, et l’examen n’est sûr que fait par un homme fort expérimenté sur ce sujet. C’est d’après cette méthode que Pflüger a dressé ses tableaux pour la cécité des couleurs.

3. On peut employer aussi des chiffres ou des lettres colorés se trouvant sur un fond coloré, mais de sorte que la couleur de la lettre comme celle du fond soient dans les couleurs de confusion et soient formées d’une mosaïque qui efface, autant que possible, le dessin de la lettre et ne laisse paraître que la couleur. En outre, les plaques qui forment la lettre doivent avoir la même clarté que le fond. Stilling a employé cette méthode dans ses excellents tableaux « pseudo-isochromatiques pour l’examen du sens des couleurs ». Ils sont très sensibles et peuvent être employés aussi par une personne qui n’est pas du métier. Les indications en sont sûres, même pour cette personne, et commodément obtenues. La reconnaissance des chiffres que Stilling a choisis pour l’examen est non seulement impossible pour les aveugles pour les couleurs, mais même pour ceux qui ont seulement une diminution du sens des couleurs pour une certaine couleur. Ces tableaux renferment en outre des chiffres avec lesquels on peut convaincre d’imposture les simulateurs ; ces tableaux de Stilling sont très recommandables pour l’examen minutieux des troubles du sens des couleurs.

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