‹ Atlas manuel des maladies externes de l'oeilChapitre 23 sur 79 · Inflammations · texte numérisé non relu

Inflammations

La peau des paupières estatteintede diverses maladies, comme le reste du territoire cutané, soit isolément, soit comme manifestation de la syphilis et d’une dermatose' généralisée.

[La syphilis des paupières peut se manifester à tout âge, et même chez le nourrisson (où nous en avons vu un cas), par le. chancre induré, plus fréquent dans l’angle interne, mais pouvant siéger sur tous les points du territoire palpébral, et en particulier sur le bord libre, où il est à cheval sur la peau et sur la conjonctive : il revêt souvent à ce niveau l’aspect diphtéroïde. On peut observer également des papules (PL IV a), des gommes palpébrales, simulant le chalazion, des ulcérations phagédéniques tertiaires précoces ou tardives, pouvant arriver à provoquer, comme chez un malade traité pour épithélioma et où nous diagnostiquâmes la syphilis, la fonte totale des paupières. Ces lésions peuvent également se produire dans Yhérêdo-syphilis. Mentionnons encore les tarsites syphilitiques.

Le chancre induré n’est pas toujours unique.

Le chancre mou des paupières paraît aujourd’hui prouvé, malgré son extrême rareté à la face, où cependant on en connaît actuellement un certain nombre d’observations indiscutables. A. T.]

Parmi les inflammations aiguës nous trouvons représentés les processus, tels que l’érysipèle, l’herpès zoster,

INFLAMMATIONS

la variole, le furoncle, la pustule maligne charbonneuse ; parmi les processus à évolution chronique, 'en particulier l 'eczéma dans ses diverses variétés et la séborrhée.

[L 'érysipèle des paupières entraîne quelquefois :

1° Gomme accidents externes, des phlegpions, la gangrène (nous avons observé un cas de gangrène double symétrique des paupières‘après un érysipèle consécutif à une fistule lacrymale chez une vieille femme de quatre-vingt-cinq ans), Fectropion, l’éléphantiasis. L ’éléphantiasis avec développement monstrueux des paupières succède en effet ordinairement à des érysipèles répétés, entraînant des lymphangites chroniques.

2° Des conjonctivites avec ou sans fausses membranes, des blépharites avec poussées de chalazions, de très graves ulcères cornéens et la panophtalmie ont également été observés.

3° Du côté de l’orbite, le phlegmon, la thrombo-phlébite orbitaire et crânienne, la ténonite.

4° Comme accidents intraoculaires, l’iridocyclite, la rétinohyalite suppurée, la thrombose et le décollement rétiniens, la névrite et l’atrophie optiques, le glaucome, la névrite rétrobulbaire peuvent se produire et même être bilatéraux. Toutefois l’érysipèle peut avoir quelquefois une heureuse influence sur certaines affections intra et extraoculaires chroniques (trachome, lèpre, kératites, épithéliomas, iritis et choroïdites, tumeurs orbitaires. A. T.]

L 'érysipèle et l’herpès zoster des paupières et de leur pourtour peuvent être quelquefois confondus. Un examen plus soigné conduit vite au diagnostic précis. Dans l’herpès zoster, la rougeur inflammatoire de la peau se termine exactement sur la ligne médiane du visage (PI. XX), parce que la maladie est limitée à l’étendue des branches du trijumeau, dontl’affection engendre l’herpès. Le plus souvent c’est la première branche qui est atteinte, bien plus rarement la seconde, très rarement la troisième.

Dans la maladie de la première branche du nerf, nous observons l’affection sur la peau du front jusqu’à la ligne médiane, sur la partie latérale du nez (à cause du territoire innervé par le naso-ciliaire) et plus haut sur le cuir

MALADIES DES PAUPIÈRES

chevelu, aussi loin que le trijumeau s’y étend. L’érysipèle ne se maintient naturellement pas dans ces limites. Quant à la formation de vésicules, nous trouvons dans l’érysipèle de grandes vésicules, dans l’herpès zoster de petites vésicules réparties en groupes correspondant aux terminaisons nerveuses par la peau enflammée.

Elles ont d’abord un contenu transparent, • mais qui devient bientôt purulent ; elles se dessèchent et se couvrent de croûtes, qui prennent ordinairement unè couleur sombre et presque noire à cause de la matière colorante du sang qui s'y mêle (PL XX) et donnent pendant plusieurs jours au processus un aspect caractéristique. A cause de la distribution irrégulière des groupes de vésicules, ces croûtes prennent une apparence de carte géographique, de même que leurs cicatrices qui, légèrement enfoncées, d’abord rougeâtres, puis blanchâtres, permettent de reconnaître plusieurs années après le processus originel. Ces cicatrices prouvent que l’éruption des vésicules pénètre dans le chorion, ce qui n’est pas le cas dans l’érysipèle et dans l’herpès fébrile.

Dans le zona ophtalmique eomme dans celui des autres régions du corps (par exemple dans le domaine des nerfs intercostaux, dans le zona en ceinture), il existe de violentes et caractéristiques douleurs névralgiques, surtout dans la période qui précède ou qui accompagne l’éruption, de même que dans la période de guérison, en sorte que les malades sont encore parfois incommodés par des douleurs dans la branche lésée du trijumeau pendant plusieurs semaines après. Dans des cas très nombreux,

Planche IV a. — Syphilide papuleuse (d’après Mracek).

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