DÉFORMATIONS ET DÉVIATIONS PALPÉBRALES
•• que cette anomalie conduit quelquefois à une opération. D’après mon expérience, l’excision directe des replis est le meilleur procédé; l’excision d’un lambeau elliptique sur le dos du nez est moins sûre...
[et peut donner un eflet plus disgracieux avec cicatrice à y tendance kéloïdienne. On observe aussi des replis cutanés rappelant l’épicanlhus à la suite d’effondrement syphilitique des os du nez, et de lésions cicatricielles ; on a observé encore l’épicanthus unilatéral. A. T.].
L’origine des affections appelées ptose adipeuse et blépharochalasis (PI. VIII et IX) est peut-être aussi con- ■ génitale. Dans ces deux lésions, toutes deux siégeant à la paupière supérieure, il s’agit en réalité d’une union v insuffisante de la peau avec le bord supérieur du tarse et avec lé tendon du releveur de la paupière supérieure ; il s’ensuit que la peau ne suit pas le mouvement d’élévation de la paupière. Comme elle est de plus anormale- ■ ment flasque et qu’elle s’allonge toujours, elle forme une poche qui pend au-devant du bord palpébral. Dans 4 la forme de blépharochalasis décrite par Fuchs, la peau est très amincie et un peu rouge à ce niveau. Ces ^ deux formes d’anomalies doivent être opérées [lorsqu’elles sont très marquées], non seulement par l’excision de la peau qui est en cause, mais encore par la suture de la peau au bord supérieur du tarse (opération ? de Hotz).
Le médecin a, bien plus souvent que des maladies 'i précédentes, à s’occuper de l’inversion des paupières en dedans et en dehors.
L 'eciropion, dont le degré le plus léger porte le nom ; d'éversion du bord ciliaire, survient dans la variété sénile, | par le relâchement de la peau de la paupière et du tarse, dans la variété cicatricielle, à la suite du raccour- vj cissement de la peau de la paupière par des cicatrices. . Celui-ci peut être consécutif à des cicatrices résultant >• soit de caries du rebord orbitaire, de cautérisations, de brûlures, de néoplasies, etc., soit à la suite des excoriations cutanées répétées et de l’eczéma causés par l’humi-
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dité et l’essuyage constants, que le rétrécissement lacrymal et le catarrhe chronique entraînent à leur suite.
L’ectropion paralytique survient à la suite de la paralysie de l’orbiculaire, innervé par le facial, et surtout à; la suite du relâchement de la paupière inférieure, tandis que la paupière supérieure est ! attirée en haut par l’action prépondérante du releveur. de la paupière supérieure et du muscle lisse de Millier.
[Nous appelons ce cas la ptose de la paupière inférieure.
Il résulte de ces deux raisons 1 par l’absence d’élé-: vation de la paupière inférieure que l’œil reste ouvert (i lagophtalmos , mauvaise et ancienne expression, parce qu’on croyait autrefois que les lièvres dormaient les yeux ouverts), môme pendant le sommeil : un léger catarrhe
Planche IX. — Blépharochalasis à un stade avancé, ptosis (d’origine congénitale), ëpicanthus.
Le sujet, âgé de vingt-six ans, était tout à fait défiguré par ces lésions. | On ne peut pas affirmer d’une façon absolue l’origine congénitale de la,a blépharoptose, mais elle est probable. Les rides caractéristiques do la peau du front lui sont consécutives. L’épicanthus est en partie congénital, en partie provoqué par la blépharochalasis. Derrière les replis de l’épicanthus se trouvent des excavations profondes des plus disgracieuses. % La peau des paupières supérieures est flasque, pendante et plissée. A là paupière supérieure, on remarque quelques, sillons verticaux. Le gonflement des paupières, qui est visible dans le cas précédent, a existé aussi autrefois. La maladie est survenue spontanément à l’âge de six ans, époque où les paupières se gonflèrent fortement et rougirent. A treize ans, le gonflement et l hyperémie disparurent, et peu à peu l’état 7! actuel se produisit. Le traitement opératoire donna un très bon résultat. ■ L’excision comprit une plus.grande quantité de peau que dans le cas \ précédent, surtout verqja partie nasale de la paupière supérieure, ceci J dans le but de corrigerfl’épicanthus. Les sutures furent placées en sorte 1 qu’elles passaient d'abord par lebord inférieur de la plaie, puis ressor-ia taient dans le bord supérieur du tarse et le tendon du releveur, envi- 1 ron à 5 millimètres plus haut, et prenaient enfin le bord supérieur de la j plaie. Huit points de suture de chaque côté. L’élévation des paupières J s’effectua plus tard réellement mieux et l’effet cosmétique de l’opéra- X tion fut très bon.
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conjonctival [et quelquefois un ulcère cornéen inférieur] sont les suites de cet état des paupières. Un autre aspect du même genre résulte de la protrusion du globe en avant à la suite des tumeurs orbitaires, de la maladie de Basedow, etc.
Chez les jeunes sujets [atteints de kératite], on peut quelquefois observer un ectropion spastique, dû à la contraction anormale des faisceaux palpébraux du muscle orbiculaire. Il disparaît par la remise en place de la paupière, suivie de pansement occlusif [au besoin . de tarsorraphie médiane, en cas de récidive]. Les autres formes d’ectropion doivent être traitées opératoirement, en diminuant l’allongement palpébral, en particulier par l’excision d’un coin du tarse et de la conjonctive (procédés de Kühnt ou sa modification par Dimmer). La suture de Snellen suffit pour les cas légers, ainsi que le conseil d’essuyer l’œil de bas en haut au lieu de le faire de haut en bas.
[Dans l’ectropion sénile, les résections de la conjonctive tarsienne seule, combinées à la résection d’un triangle cutané sans atteindre la commissure et après rétablissement des voies lacrymales, nous ont donné d’excellents et définitifs résultats sur près de vingt malades.
L'ectropion des jeunes sujets, avec rétrécissement sténodermique de la peau lisse et tendue, peut aller jusqu’à nécessiter une autoplastie (Panas), mais la résection conjonctivale ou le procédé en vanne (Truc) suffisent souvent.
L’ectropion paralytique nécessite quelquefois la tarsorraphie médiane (Panas) ou seulement interne (A. Terson).
L’ectropion cicatriciel est presque toujours justiciable d’une tarsorraphie totale, suivie de blépharoplastie. A. T.]
L ’entropion, surtout à la paupière inférieure, peut être aussi le résultat d’une contraction spastique du muscle.
Cette variété se développe généralement au niveau des paupières des vieillards, surtout lorsque le globe est petit, profondément situé, ou fait même défaut, et qu’il y a du blépharospasme. En écartant la paupière, quel-
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quefois avec fixation par du taffetas adhésif, ou la suturefl de Gaillard, on corrige cet ectropion généralement temporaire.
[On peut faire utilement une résection cutanée en losange 9 horizontal avec suture immédiate. A. T.]
Ventropion cicabucie/présente de plus grandes difficultés ;9 thérapeutiques ; ce raccourcissement cicatriciel de la con- 1 jonctive est causé par le trachome, la diphtérie, et lesfl brûlures (parfois aussi par des cautérisations trop fortes). Cette forme est justiciable ordinairement d’une opéra- I tion.
Les corrosions et les brûlures ou même des ulcérations fl entraînent l’union des paupières au globe de l’œil, état 9 connu sous le nom de symblèpharon.
Les bords ciliaires peuvent quelquefois s’unir ( ankyloblépharon). On désigne sous le nom de blépharophi- 9 mosis le raccourcissement apparent de la fente palpébrale fl au niveau de la commissure externe : cet état est S entraîné par la superposition d’un pli cutané vertical au- fl devant de la commissure externe, qui est normale 9 derrière lui et bien visible si on détruit le pli en tirant fortement la peau des paupières du côté de la tempe.
[Il y a là une sorte d’épicanthus externe. A. T.]
Si la fente palpébrale est au contraire réellement ,9 rétrécie au niveau de la commissure externe par l’adhé- fl rence des bords ciliaires entre eux, il est préférable de || comprendre la lésion sous le nom plus juste d’ankylo- fl blépharon de l’angle externe.