Brûlures
Les brûlures par le plomb ou le fer en fusion, les cendres brûlantes, etc., les corrosions par les acides, les lessives alcalines, surtout par la chaux vive ou éteinte
(mortier), sont parmi les affections fréquentes à soigner. Elles portent en règle générale leur action corrosive sur le cul-de-sac inférieur et la partie inférieure de la cornée (PI. XIX). Les endroits atteints paraissent d’abord, à cause de la nécrose des tissus, grisâtres ou blanc bleuâtre, et sont entourés d’une conjonctive un peu rouge et gonüée, présentant parfois de petites hémorragies. Sur la cornee, la. lésion se présente aussi sous forme d’une surface blanchâtre dont l'épithélium tombe bientôt (PI. XIX, b) et qui se transforme peu à peu en un ulcère plus ou moins profond. Des cicatrices opaques lui succèdent et gênent considérablement la vision, lorsque le centre de la cornée a ôté touché. La nécrose de la conjonctive provoque aussi finalement une cicatrice dense qui se rétracte de façon à entraîner quelquefois le rétrécissement d.e la conjonctive et du cul-de-sac conjonctival, puis l’adhérence des paupières au globe de l’œil (symLilépharon).
Lorsque la cornée elle-même est corrodée, ses pertes de substance se cicatrisent parfois en se recouvrant de la conjonctive qu’elles attirent: il se forme ainsi un pseudu-ptérygion.
Les brûlures par la chaux ont souvent des suites beaucoup plus graves qu’on ne le croit au premier abord et nécessitent un traitement minutieux. Les yeux ainsi
Planche XVII. — Eczéma conjonctival avec eczéma abondant sur le visage.
La malade est une ouvrière de fabrique, âgée de quinze ans, fort mal nourrie, et d’un aspect bouffi. Elle souffre d’un catarrhe nasal chronique, d’eczéma du nez et du visage et d’uu catarrhe eczémateux assez fortement sécrétant aux deux yeux. A droite, il existe une pustule marginale qui surplombe légèrement la cornée. A gauche, pustule isolée de la conjonctive bulbaire du côté temporal ; sur le bord correspondant de la cornée, il existe aussi une line éruption eczémateuse .invisible dans le dessin!. Traitement de l’eczéma facial : badigeonnages de la conjonctive au nitrate d’argent ; plus tard, insufflations de calomel. Cure de sudation. Après deux mois de traitement à la clinique, et après plusieurs -récidives, la malade sort complètement guérie et sans aucune lésion oculaire.
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PTÉRYGION.
atteints ne doivent surtout pas être lavés avec de l’eau, qui exagère encore l’action brûlante de la chaux et l’étend sur une plus grande surface. On nettoiera l’endroit malade de préférence avec un pinceau trempé dans l’huile, puis on y verse une solution concentrée de sucre, le sucre formant avec la chaux une combinaison insoluble. Lorsque la brûlure résulte d’un acide ou d’un alcali, on emploie pour nettoyer la plaie, des substances qui neutralisent l’agent nocif. Pour diminuer les douleurs et recouvrir le mieux possible le tissu corrodé, on emploiera une pommade de vaseline à l’atropine à t p. 100 : ces onctions empêchent dans une certaine mesure l’adhérence du globe aux paupières. Mais cette adhérence ne se laisse souvent arrêter par aucun moyen et conduit plus tard à une opération pour tâcher de supprimer ou de diminuer le symblépharon.
[Les onctions de pommade iodoformée (1/40) sont fort recommandables dans toutes les brûlures conjonctivales. Quant aux onctions huileuses, on aura soin de ne les faire, s'il y a lieu, qu’avec de l'huile fraîche et lavée à l’ulcool pour éviter l’action irritante qui résulterait sans cela de l'application. Sauf hernies iriennes et très larges ulcérations, on évitera le bandeau compressif pour diminuer la tendance au symblépharon et on mobilisera souvent les paupières. A. T.]