‹ Atlas manuel des maladies externes de l'oeilChapitre 71 sur 79 · Glaucome inflammatoire · texte numérisé non relu

Glaucome inflammatoire

Il peut se présenter sous des formes différentes, suivant qu'il s.’agit de glaucome inflammatoire aigu ou chronique ; la forme aiguë passe souvent à la chronicité.

Généralement des prodromes annoncent l’attaque de glaucome inflammatoire : céphalalgie, tiraillements, douleurs à la tempe, et même névralgie occipitale ; puis brusquement un affaiblissement visuel se produit, de telle sorte que le patient croit qu’il y a de la fumée dans sa chambre et qu’il se trouve dans un nuage. S’il regarde une lumière, il voit pendant ces phénomènes prodromiques un anneau de la couleur d’un arc-en-ciel entourer la lumière ; si le médecin examine alors l’œil, il trouve l’origine de ce trouble visuel dans un léger ternissement de la surface cornéenne qui, surtout dans sa partie moyenne, apparaît comme une plaque de verre obscurcie par l’haleine : si nous regardions une plaque de verre ainsi disposée et placée devant une lumière, nous verrions aussi un arc-en-ciel autour de la lumière. De plus la chambre antérieure se trouve moins profonde, l’iris et le cristallin sont un peu projetés en avant, la pupille est assez dilatée et réagit difficilement à la lumière. Le plus souvent il existe aussi une hyperémie ciliaire. Après une semblable attaque prodromique, qui. peut durer plusieurs heures, l’œil. redevient tout à fait normal. D’abord, ces accès reviennent à des intervalles assez longs, puis ils se rapprochent, surtout s’ils sont favorisés par diverses circonstances, telles que de vives émotions gaies ou tristes, des repas copieux, l’action de se baisser fréquemment, [des crises douloureuses viscérales, une opération sur l’œil opposé, etc. A. T.]

Souvent aussi, on ne trouve pas de cause occasionnelle appréciable.

[Le terrain est souvent arthritique ou névro-arthritique; l’artériosclérose et les affections cardiaques coexistent aussi très fréquemment ici. L’hérédité et le sexe féminin jouent aussi un rôle. A. T.]

GLAUCOME

Planche XXXVI.

à. Glaucome aigu.

La femme T. B., âgée (le soixante et onze ans, a été opérée à l’œil gauche, il y a sept ans, de cataracte (sans iridectomie). Elle a bien vu pendant tout ce', temps, la capsule postérieure ayant été aussi discisséc ' peu après la première opération. La pupille était ronde et mobile. Il y a deux jours, survinrent subitement, sans aucune cause, des douleurs de l’œil et un obscurcissement de la vue. L’état s’améliora rapidement par les myotiques, en sorte que l’acuité visuelle regagna rapidement 1/2. Il / survint encore (à la clinique)’une attaque de glaucome aigu avec T + 2;;| rougeur du globe et dilatation de la pupille (voir la planche) qui était en même temps excentrique et attirée' en haut, comme cela se voit souvent^! dans le glaucome.

La cornée était en même temps trouble et terne à sa surface. Léger reflet verdâtre dans la profondeur de l’œil. La sclérotomie, une nouvelle i et large discission et l’emploi consécutif de l’ésérine et de la pilocarpinc amènent peu à peu la guérison avec une acuité visuelle de 1/3.

b. Éclat de fer dans le corps vitré (extraction), perforation de l’iris, cataracte traumatique, troublé du corps vitré.

La femme V. Sch., paysanne, âgée de soixante ans, reçut le soir du 14 juin 1897, un fragment de fer dans l’œil gauche en travaillant des pommes de terre. Le lendemain elle consulta un médecin qui considéra la blessure comme étant purement extérieure et peu importante. Elle n’éprouva du reste jamais de douleurs après l’accident, mais elle voyait seulement un épais brouillard. Le 18, à son entrée dans ma clinique privée, on voyait nettement sur l’œil rougi l’orifice de la blessure qui ' avait livré passage au fragment do fer qui avait pénétré dans l’œil. a

Le trajet de la blessuréfcoiilmençait dans la cornée par une fine ligne ..grisâtre longue de t mill.,5 un peu au-dessous du milieu do la cornée, et. ÿ au-dessous de cette ligne, surtout après dilatation de la pupille, le point de pénétration dans l’iris (perforation) et le trouble traumatique du cristallin étaient parfaitement visibles à côté de la blessure de la cristalloïdéj qui présentait une forme triangulaire. L’iris était adhérent à la capsule antérieure. Dans ce cas également, on voit un reflet gris verdâtre dans la pupille, surtout dans sa partie inférieure. A l’éclairage latéral, le trouble cristallinien présente un reflet brillant et métallique au niveau de la cristalloïde postérieure. Le corps étranger se trouve évidemment j dans le corps vitré, mais il est invisible. Le gros aimant est approché do l’œil, le corps étranger apparaît de suite dans la chariibre antérieure et est extrait en entier par sa porte d’entrée (17 juin). Le 27, l’œil n'est presque plus rouge, si bien que la malade est congédiée le 29, avec un œil tout à fait tranquille, qui compte les doigts à 2 mètres : cette acuité visuelle existe encore le 9 juillet, ce qui est d’accord avec ce fait que l’opacité de la cataracte traumatique n’a pas augmenté.

On peut aussi voir très convenablement le fond de l’œil.

Tab. 36.

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