‹ Atlas manuel des maladies externes de l'oeilChapitre 72 sur 79 · GLAUCOME INFLAMMATOIRE · texte numérisé non relu

GLAUCOME INFLAMMATOIRE

Le stade prodromique peut persister pendant des semaines, des mois, une année même. Mais, dans ce dernier cas, il se produit des modifications dans l’état de l’œil, telles que la réplétion des vaisseaux ciliaires antérieurs, particulièrement une excavation du nerf optique et par suite une diminution de l’acuité visuelle.

Au cours du glaucome confirmé, une attaque se carac-'' térise parles symptômes suivants. Au milieu de violentes‘ douleurs dans la tête et dans l’œil, qui deviennent bientôt insupportables et suppriment le sommeil et l’appétit,: apparaît une coloration rouge somBre du globe de l’œil. Les paupières peuvent aussi rougir et devenir œdémateuses. Cet œdème peut, dans les cas très intenses, envahir aussi la conjonctive bulbaire. La vision tombe rapidement, au point que l’œil atteint devient presque complètement aveugle. Si l’attaque est très violente, des vomissements apparaissent jusqu’à ce qu’elle cesse.

Le patient est ordinairement obligé de se mettre au lit et donne l’impression d’être gravement malade. Si le médecin l’examine alors, il trouve comme symptômes oculaires caractéristiques : nébulosité et trouble diffus de la cornée, chambre antérieure réduite, pupille élargie et souvent irrégulière, présentant une forme ovale en haut ou obliquement et occupant quelquefois une situation assez excentrique. Elle ne se rétrécit que peu ou' pas à la lumière. Dans sa profondeur apparaît un reflet gris verdâtre (PI. XXXVI a) qui, bien qu’il ne soit pas caractéristique, a donné son nom à la maladie (cataracte verte). En effet, on peut observer ce reflet dans la plupart des yeux de vieillards, chez lesquels on dilate la pupille : il provient surtout de la sclérose du cristallin. Il est doncproduit par la dilatation glaucomateuse de la pupille, à laquelle s’ajoute, dans la plupart des cas, un léger trouble du corps vitré. Si alors on examine l’œil à l’ophtalmoscope, le fond de l’œil est complètement ou presque complètement invisible, d’abord à cause du trouble et de la nébulosité de la cornée, mais encore à cause du léger trouble du corps vitré dont nous avons déjà parlé. L’examen de la tension démontre une dureté anormale de l’œil.

GLAUCOME

Si la thérapeutique n’est pas rapidement appliquée, une semblable attaque peut durer des jours ou des semaines, puis disparaître graduellement, mais non sans laisser des modifications persistantes : la vision demeure définitivement atteinte, les veines ciliaires antérieures restent gonflées, la pupille est dilatée, immobile, l’iris atrophié, la chambre antérieure peu profonde (PI. XXXY1 a). Le champ visuel présente souvent un fort rétrécissement du côté nasal. Le disque du nerf optique est plus ou moins excavé et a pris la teinte atrophique, surtout dans sa moitié temporale. Si l’on trouve alors à l’ophlalmoscope des hémorragies rétiniennes, on a affaire à la plus mauvaise forme de glaucome, le glau- ’come hémorragique , qui peut également entraîner des hémorragies dans la chambre antérieure et le corps vitré (1).

L’œil atteint de l’état glaucomateux est pris tôt ou tard de:nouvelles attaques, le plus souvent moins fortes.

La vision et le nerf optique s’altèrent de plus en plus. Finalement survient la cécité totale et définitive et l’œil se trouve à l’état de glaucome absolu : autour de la cornée, qui est maintenant moins terne et moins trouble, on aperçoit un anneau de vaisseaux dilatés ; la chambre antérieure est très rétrécie, l’iris réduit à une bande extrêmement étroite ou même imperceptible (PI. XXXX). Un reflet gris verdâtre occupe la pupille dilatée et rigide. Le nerf optique est totalement (c’est-à-dire jusqu’au bord du disquej et profondément excavé, et le globe a la dureté de la pierre. De temps à autre surviennent de nouveau des douleurs. Peu à peu l’œil est en pleine dégénérescence, la cornée devient le siège d’un trouble permanent et se recouvre de productions vitreuses ou rugueuses. Il peut se développer des ectasies de la sclérotique autour de la cornée ou dans la région de l’équateur. Le cristallin devient cataracté.

[Enfin la cornée peut s’ulcérer, se perforer, et l’œil se vider par hémorragie expulsive. A. T.]

(1) \oy: Atlas d,'Ophtalmoscopie, 2 e éd., planche XX1I-XXIV.

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