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ANCIENS EMPIRES DE L'ORIENT

Étendue des royaumes d'Assyrie, de Babylone, de L.ydie, de Médie, d'Egypte avant la conquête des Perses. — lia monarchie persane sous Darius Ier avec la division en 20 satrapies.

Cette carte représente la portion occidentale de l'Asie, pour l'intelligence des histoires d'Assyrie., de Ninive, de Babylone, de Lydie, de Médie et des Perses, pendant la période qui s'étend des âges historiques jusqu'à l'avènement de Xerxès ou Assuérus^ en 585 av. J. C.

Malgré les progrès du déchiffrement des écritures cunéiformes, une grande incertitude règne encore sur les anciens âges de l'histoire d'Assyrie.

On sait cependant que les races Couchite, ou Chamite, Aryenne ouIndo-Européenne,Scijthique ou Touranienne ont précédé, dans la vallée du Tigre et de l'Euphrate, la domination politique des Sémites qui commence vers l'an 2000 avant J. C. et qui trouvent les villes de Ninive et de Babylone déjà fondées. r ■

La domination Sémitique comprend trois périodes : 1° Empire Chadéen, dont on ne sait rien de certain; 2" Invasion Arabe, dont l'époque paraît coïncider avec celle de la domination des rois égyptiens de la XVIIIe et de la XIXe dynastie sur ces pays; 3° le Grand Empire d'Assijrie, qui subsista de 1314 à 788 avant J. C. et qui comprend deux dynasties : celle de Ninippaloukin, qui n'est pas dépourvu de grandeur, et celle de Belitaras à laquelle appartiennent les règnes importants de Téglath-Phalasar UT, de Sardanapale III, de Salmanasar III, de Bélochus IV et de Sémiramis sa femme, qu'il faut placer entre les années 850 et 822. Les monuments noas révèlent, pour cette seconde dynastie, des faits importants et déjà nombreux.

Les personnages de Ninus et de Ninyas sont fictifs et ces mots ne désignent que la ville de Ninive.

En 788 s'accomplit la grande révolution qui précipita du trône Sardanapale, le dernier roi du grand empire d'Assyrie. Du démembrement de cet empire se formèrent les royaumes de Babylone, de Ninive, de Médie et de Susiane.

Les rois de Ninive reprirent Babylone sous Sargon qui étendit ses victoires au loin, acheva la conquête d'Israël et restaura en partie l'empire d'Assyrie. Ce règne est connu dans ses détails par les inscriptions de Khorsabad. C'est d'après ces monuments, déchiffrés par MM. Oppert et Menant, que nous avons pu retrouver l'étendue que nous donnons à l'empire Ninivite en 702, époque de la mort de Sargon.

Plus tard, Nabopolassar, gouverneur de Babylone pour Ninive, s'étant révolté, détruisit Ninive et fonda, par la réunion des deux États, un 3e empire d'Assyrie, sous la dynastie Babylonienne. L'étendue de cet empire est indiquée sur notre carte, en 561, à la mort de Nabuchodonosor, le conquérant de Tyr et du royaume de Juda.

VEmpire des Mèdes, que le Persan Cyrus, chef des Achéménides, soumit à ses lois, est également indiqué avec les limites qu'il devait avoir à la même époque, c'est-à-dire à la mort d'Astyage son dernier roi, 560.

Le Royaume de Lydie sous Crésus, c'est-a-dire dans la plus grande extension qu'il ait jamais eue,

GÉOGRAPHIE. — EXPLICATION DES CARTES

est indiqué tel qu'il devait être vers l'époque de la conquête de ce pays par Cyrus après la bataille de Thymbrée (548).

Cyrus ayant mis le sceau à sa puissance par la prise de Babylone, en 538, établit dans presque toute l'Asie occidentale la Monarchie persane qu'il transmit à ses successeurs.

Cambyse y ajouta l'Egypte en 525. L'étendue de ce royaume, tel qu'il était lorsqu'il fut enlevé à Amasis et à son successeur, est marquée sur la carte.

Enfin Darius P* recula les limites de ce vaste empire du côté de l'Orient en y ajoutant la vallée de l'Indus; il soumit la Thrace, à l'autre extrémité de ses Etats, pendant une expédition faite par ce monarque contre les Scythes (Hérodote, IV) , expédition dont nous avons tracé l'itinéraire ; enfin il divisa la monarchie persane en vingt Satrapies qui nous ont été conservées par Hérodote et que nous reproduisons sur la carte. En voici le tableau :

Les 20 Satrapies de Darius (Hérodote, l. iii, ch. 90-97).

pays qui les composaient. Tribut annuel.

Ioniens, Magnètes d'Asie, Èoliens, Cariens, Lyciens, Milyens, Pamphyliens. 400tal.

Mysiens, Lydiens, Lasoniens, Cabaliens, Hygennéens 500 tal.

Hellespontins d'Asie, Phrygiens, Thraces d'Asie, Paphlagoniens, Maryandi-

niens , Syriens (de Cappadoce) 360 tal.

Ciliciens 500 tal.et300 chevaux

Sijrie, comprenant la Cœlésyrie et la Palestine, Phénicie et Chypre 350 tal.

de plus, le produit de la. pêche

Egypte, Libye, Cyrène et Barca 700 tal. <j sj f^cei

12AO0 mesures de blé.

Sattagidcs, Go ndariens , Dadices, Aparyles 170 tal.

La SÙsiane et les pays des Cissiens 300tal.

iet 300 jeunes eunuques.

Ecbatane, la Médie, les Paricaniens, les Orthocorybantes 350'tal.

Les Caspiens, les Pausiques? les Panthimathiens? les Darites 200tal.

Les Bactriens jusquà Eglées 300tal.

Les Arméniens, les Pactyces et les peuplades voisines jusqu'au Pont-Euxin. 400tal. Les Sagarites, les Sarangiens, les Thamanéens, les Utiens, les Myciens et

les insulaires de la mer Erythrée, lieu d'exil 600 tal.

Les Saces et les Caspiens ? ou plutôt Casiens ; 250 tal.

Les Parthes, les Chorasmiens, les Sogdiens, les Ariens 300 tal.

Les Paricaniens, les Ethiopiens d'Asie. . 400 tal.

Les Matiéniens, les Saspires, les Alarodiens 200 tal.

Les Moschiens. les Tibaréniens , les Macmns, les Mosynèqucs, les Mardiens. 300tal.

tal.

Total pour ces 19 Satrapies. . . .

XX. VInde, comprenant de nombreuses peuplades, pavait 360 talents de poudre

d'or = 360 X 13 argent = , 4680 tal

Total 12 260 tal.

Et avec les impôts en nature 14 560 talents Euboïques. 1 tal. Eub. = 5650 fr. du poids de notre monnaie, ce qui équivaut à 82 264 000 fr. annuels du poids de notre monnaie.

La Perse était exempte de l'impôt et n'était pas comprise dans les satrapies.

Les Ethiopiens, les Colchidiens et les peuples du Caucase envoyaient des présents. Ces derniers envoyaient tous les 5 ans 100 jeunes gens et 100 vierges.

Les Arabes fournissaient 100 talents d'encens annuellement.

Nos connaissances actuelles sur les anciens empires d'Assyrie diffèrent tellement de celles qui se rencontrent dans les histoires élémentaires, qu'il est indispensable de présenter ici

le tableau des résultats historiques certains obtenus dans ces derniers temps, pour avoir la pleine intelligence de la carte n° 7 et du tableau géographique qui précède.

Résumé synoptique de l'histoire d'Assyrie, de Minive, de ÏSabylone et de la Perse, d'après les dernières découvertes, pour l'intellsg'ence de la carte n° 7-

L'écriture cunéiforme, inventée probablement par les peuples d'origine Touranienne ou Scythique, était un instrument commun à plusieurs langues. De ces langues, les unes sont encore à peu près inconnues, ce sont les plus anciennes, elles sont dites anaryennes, par opposition avec les langues, plus modernes et plus connues, des Bactriens et des Persans, qui sont dites aryennes.

On est certain du sens que présentent les inscriptions cunéiformes qui se rapportent à la langue des anciens Perses, idiome voisin du Zend et dérivé du Sanscrit. Ceite

écriture est alphabétique et compte quarante signes. Grottefend, Lassen et Burnouf ont fait faire de grands progrès à cette branche de la science.

Piien de bien certain pour le déchiffrement des inscriptions cunéiformes qui se rapportent aux langues anaryennes de l'Assyrie. Les monuments bilingues et trilingues ont cependant fourni quelques lumières aux interprètes de ces langues, et l'on a pu déchiffrer d'abord las noms propres. On s'est convaincu que cette écriture était syllabique et idéographique, et comprenait un nombre très-

GÉOGRAPHIE ANCIENNE. — N° V. Anciens empires de l'Orient.

considérable de caractères. On a constaté que les langues qu'elle recouvrait étaient sémitiques. Ce qui complique encore cette étude, c'est que le même signe peut avoir plusieurs prononciations. Quoi qu'il en soit, les textes cunéiformes aryens et ce que l'on connaît des textes cunéiformes anaryens ont permis de jeter les fondements de l'histoire assyrienne, d'en déterminer les principales révolutions et d'en tracer les grandes divisions. Telle a été l'œuvre surtout de MM. Oppert, Rawliuson et Menant.

— I. Race et domination Chamite. 11 est incontestable que la grande famille Couschite (de Chus), de la race dite Chamite, a dominé sur les bords de l'Euphrate, à une époque très-ancienne qui semble marquer le début des âges historiques. C'est à cette période qu'il faut rattacher le règne de Nemrod ou Évéchos (Seven-Kousch, fils de Cousch). Villes fondées : Babylone, Evech, Accad, Chaîne, Resen, Calach et Ninive. Cette domination Couschite se serait même étendue sur la Syrie et les pays voisins.

— II. Race et domination Aryenne. Il paraît certain que, vers 2400 avant notre ère, à la suite des émigrations Indo-Germaniques, vers l'Occident, les Bactriens, peuple de cette race Aryenne, occupèrent les vallées du Tigre et de l'Euphrate, eurent des rois et répandirent la doctrine de Zoroastre dans ces contrées.

— II. Race et domination Scythique od Touranienne/A la prépondérance éphémère des Aryens, aurait succédé celle des Scythes ou populations Touraniennes, auxquelles on doit l'écriture cunéiforme (vers 2200 à 2000). Cette domination aurait été très-étendue. La Genèse nous montre quatre rois ligués contre la Pentapole de ia mer Morte : parmi ces quatre rois figure le roi d'Élam Codorlahomor, nom de physionomie touranienne.

— IV. Race et domination Sémitique (de 2000 à 538). Les Sémites établirent, vers le xxie siècle, leur domination dans les vallées de l'Euphrate et ne furent entièrement dépossédés que par Cyrus. Cette longue période doit être divisée en 3 époques

lre époque. Empire Chaldéen. On ne connaît que deux ou trois noms de rois.

2e époque. Invasion des Arabes et domination de 8 rois arabes (1560-1314). Cette domination étrangère paraît correspondre à celle que les Égyptiens, sous les Toutmès et les Ramsès, ont exercée sur cette partie de l'Asie.

(1314-788) 3e époque. Grand empire d'Assyrie (2 dynasties).

Le fondateur de cet empire, qui dura 526 ans, qui commence en 1314 et qui compte 2 dynasties, est Ninippalloukin, qu'on a identifié à tort avec Ninus (il est certain aujourd'hui que Ninus n'a jamais été que le nom de la ville de Ninive. Hérodote ne s'y est pas trompé).

I La succession de Ninippalloukin est connue :

Assourdayan,

Moutakkil-Nabou,

La domination égyptienne sur les bords de l'Euphrate paraît cesser vers cette époque, ce qui coïncide en effet avec la décadencedes Pharaons, sous la dynastie des Prêtres d'Ammon (XXIe dyn. et suivantes).

Assour-ris-ilis.

Sac de Ninive par les Chaldéens.

Téglath-Phalasar I (ou Téglath-Piliser)

Sardanapale I (Assour-Iddannas-Palla) Téglath-Phalasar II (ou Delketades).

Sélochus I, dernier roi de la Ire dynastie Sémitique.

IIe Dynastie, vers lioo.

Belitaras, désigné comme fondateur de la dynastie et aïeul de Bélochus III, sur un

monument du British Muséum.

Salmanasar I, fondateur du palais de Calach. Sardanapale II, arrière-petit- fils de Belitaras.

Salmanasar II.

Assaraddon I (ou Assour-dan-il).

9W — Bélochus 111.

929 — Téglath-Phalasar III (Téglath-Piliser) a fait de grands exploits, point de monuments contemporains.

923 — Sardanapale III, le Grand, dont on possède les annales sur une stèle du British Muséum.

898 — Salmanasar III reçut les tributs de Jéhu, roi d'Israël (Obélisque, dit de Nemroud, en basalte, au British Muséum). Ses conquêtes et ses principaux actes sont connus jusqu'à la 21e année de son règne. Il y a 31 campagnes.

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