III. Ruines de Thèbes
Thèbes était la seule ville de l'Egypte qui s'étendit sur les deux rives du fleuve, cependant très-large en cet endroit. A droite était le quartier principal qu'on peut appeler la cité par excellence. A gauche était surtout la ville des morts, quoiqu'un vaste territoire fût certainement habité de ce côté. La ville de droite, dont les imposantes ruines révèlent l'immense étendue, possède les monuments les plus célèbres de l'Egypte et est couverte, sur deux points, des débris les plus vastes qui soient au monde. Le plus important de ces deux quartiers est celui auquel le petit village de Karnak à donné son nom ; c'est là que sont ces temples, dont l'ensemble n'a guère moins d'une lieue de tour et où se trouvent les pylônes, les salles hypostyles, les obélisques, les sanctuaires de tous les âges depuis l'époque antérieure aux Pasteurs jusqu'à Philippe Arrhidée. Ces pages d'histoire, déchiffrées aujourd'hui, nous donnent surtout des annales entières des grands règnes des Toutmès et des Ramsès. A Luqsor, sont des temples du temps de la XVIIIe et de la XIX" dynastie.
Sur la rive gauche, on ne trouve guère que des monuments sacrés sur la limite du désert et semblant appartenir déjà à la nécropole. Ce sont, du N. au S. : le temple de Gournah, du temps de Séti Ier et de Ramsès II son fils; le Ramesseum, ou grand temple de Ramsès II avec des pylônes célèbres racontant ses victoires ; le Memnonium, avec ses deux colosses qui remontent à Aménophis III; les temples de Médinet-Abou, ou mieux Medineh-Tabou, dont l'un est du temps des Ramsès, les deux autres de l'époque ptolémaïque; on y voit aussi les débris du palais de Ramsès II. A l'O. de ces édifices, commence la nécropole de Thèbes, d'abord resserrée vers le S. entre la ville et les montagnes libyques, puis, s'élargissant vers le N., pour former les quartiers célèbres désignés sous le nom de Deir-el-Bahari, où se trouve, parmi des myriades de sépultures, un temple du temps des premiers Toutmès et de la régente Hatasou, l'Assassif, Drah-Abou - Neggah, où dominent les tombes de la XIe et peut-être même de la VIe dynastie. Enfin, derrière les plus hauts sommets de la montagne libyque, et à l'extrémité d'un chemin tortueux et aride encaissé dans des roches inaccessibles, sont les tombes des rois. Ce quartier, connu sous le nom de Biban-el- Molouk, a déjà fait connaître les magnifiques tombes
GÉOGRAPHIE ANCIENNE. — K° 6. Egypte ancienne.
royales de Séti Ier, découvertes en 1819 par Belzoni, et de plusieurs Ramsès.
Plan d'Alexandrie.
La principale description que nous possédions d'Alexandrie est de Strabon (1. XVII, ch. i). La ville fondée par Alexandre était assise sur la langue de terre qui séparait le lac Maréotis de la Haute mer, en face de l'île de Pharos, à laquelle elle fut rattachée par une digue appelée Heptastade à cause de la distance de 7 stades (environ 1 mille, ou 1480 mètres) qui la mesurait. Le rivage de la terre ferme se rapproche des deux côtés, à l'O. et à l'E., de l'île de Pharos, dont la forme est allongée, et cette disposition produit les deux ports d'Eunoste, à l'O., du Grand-Port, à l'E., séparés l'un de l'autre artificiellement par l'fieptastade qui ménageait toutefois un double passage de l'un a l'autre, à l'aide de deux ouvertures, avec des ponts mobiles. Le Phare était isolé dans la mer à l'extrémité orientale de l'île et en face du promontoire Lochias. Le grand port était subdivisé en plusieurs autres ports. Près du cap Lochias étaient les immenses palais des Ptolémées, le Musée, le Soma ou sépultures des rois parmi lesquelles était le tombeau d'Alexandre. Dans ce quartier royal, sur le côté oriental du Grand-Port, était un petit port fermé appelé Port des rois et qui renfermait la flotte des princes. En face de ce petit Port des rois, toujours par conséquent dans le grand port, était la petite île Antirhodus qui supportait un palais, un théâtre et qui avait elle-même un petit port. La côte qui formait le quai méridional du Grand- Port, de-
puis le quartier des palais royaux jusqu'à l'Heptastade, offrait d'abord un lerEmporium; le quai formait ensuite un coude appelé le Posidium, à cause du temple de Neptune qui le surmontait. C'est à ce point qu'Antoine fit construire une jetée s'avançant jusqu'au milieu du Grand-Port, et c'est là que s?élevait un palais auquel il avait donné le nom de Timonium; puis venaient le 2e Emporium, le Cœsareum,\es arsenaux et les chantiers. — De l'autre côté de l'Heptastade était le port à'Eunoste qui communiquait avec un autre port creusé au S. et appelé Kibotos, Cibotus, auquel aboutissait un grand canal ayant son ouverture méridionale dans le grand Port du Lac Maréotis. C'est là que les navires du haut Nil arrivaient avec les marchandises de l'Orient et de l'Egypte. De nombreux canaux, les uns latéraux au Nil depuis la haute Egypte, les autres pris au fleuve à la même latitude qu'Alexandrie (pour le commerce du Delta), offraient des communications faciles avec tous les points importants du pays. C'est là que se faisait le commerce d'importation ; dans les ports de la Méditerranée, le commerce d'exportation. A l'O. du canal qui faisait communiquer le Port-du-lac avec le Cibotus, était encore une portion de la ville, puis la Nécropole; à l'E., était le Serapeum, le Stade, et les grands quartiers, le Panium, l Hippodrome, le Cirque. La ville avait trente stades de long (de l'E. à l'O.) et sept ou huit de large (du N. au S.). Deux grandes rues la traversaient dans les deux sens et par conséquent la coupaient à angle droit. Dans l'île de Pharos était encore un port ouvert au N. et qu'on appelait le Port des Pirates, ce qui faisait 7 ports à Alexandrie.