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L'ANCIEN LATIUM. — LATIUM VETUS

Sources et Documents : Dépouillement des textes ancien», les itinéraires, les travaux modernes de topographie de Gel!, Westphal, Bormann, Nibby, Canina et surtout ceux de Pietro Rosa; les recueils d'épigraphie et d'archéologie. Recherches et travaux personnels.

La campagne de Rome, en partie déserte aujourd'hui, est le pays du monde qui a vu les plus grandes choses et qui est, de beaucoup, le plus riche en souvenirs. C'est ce qui nous a décidés à en donner la topographie détaillée dans une carte spéciale.

Il faut distinguer : 1° le Grand Latium, qui comprenait, outre le pays des Latins, ceux des Èques, des Berniques, des Rutules et des Volsques, ce dernier embrassant les contrées occupées par les Ausones, les Auronces, les Opiques, etc. — 2° le Petit Latium ou Latium proprement dit, désigné par les géographes sous le nom de Latium Vetustissimum, qui se composait presque exclusivement

du pays des Latins, du sud de la Sabine, des terres voisines de Rome en Ëtrurie, sur la rive droite du Tibre, du petit territoire des Rutules et des pays limitrophes des Èques et des Volsques. C'est à peu près le pays auquel on donna le nom d'Ager romanus, et qui fut, pendant les siècles mémorables qui suivirent la fondation de la Ville, le champ de bataille où Rome se prépara à la conquête du monde. On remarquera d'ailleurs que nous n'avons point tracé de limites sur notre carte. C'est une erreur des géographes de vouloir enfermer dans des frontières imaginaires les peuples de l'ancienne Italie. Rien de plus variable que l'extension et la réduction

GÉOGRAPHIE. — EXPLICATION DES CARTES

de leurs territoires. La seule division certaine, fixe et durable était la cité; aussi bien cbaque cité formait-elle un État à part, avec ses magistrats, ses institutions et ses terres ; mais le lien qui unissait ensemble les cités n'avait rien d'administratif; c'était : 1° une ligue politique d'un caractère transitoire suivant les besoins ou les dangers du moment; 2° une ligue religieuse avec des sacrifices annuels, commémoratifs d'antiques alliances, et signes d'une commune origine ethnographique. Dire précisément où s'arrêtait le territoire latin, où commençait celui des Volsques, des Eques et des Herniques est chose impossible. Les premières grandes divisions qui apparaissent dajis la géographie historique de l'Italie sont celles des régions d'Auguste; encore ne répondent-elles nullement à un système administratif, mais sont-elles de simples répartitions de territoire représentant en gros les anciens groupes des nations vaincues et assimilées aux vainqueurs. La cité, au contraire, a été, de tous temps, et est demeurée après la conquête la division politique, invariable et complète du territoire romain, comme elle avait été la seule division politique de l'ancien Latium où Rome trouva autour de son berceau le germe des institutions qu'elle a développées dans son sein et appliquées au monde soumis. Les provinces elles-mêmes ne furent d'abord, à proprement parler, que des départements, ou, mieux encore, des commandements militaires mobileSj avec des frontières changeantes, une administration irrégulière et qui ne commencèrent à trouver leur assiette que sous l'Empire.

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