‹ Atlas universel d'histoire et de géographieChapitre 792 sur 1093 · Nous donnons dans cette description les dernier · texte numérisé non relu

Nous donnons dans cette description les dernier

résultats obtenus par les savants topographes italiens.

d'Auguste en Germanie, à S* Maria-sopra-Quintiliolo, en face des cascatelles; la villa de Vopiscus, décrite par Stace, près de la grande cascade; les villas des Pisons, de Cassius, de Brutus, au sud de Tibur et sur les flancs de l'jEfflianus (M te Affliano), au pied duquel sont les immenses débris de la villa d'Hadrien, dans le domaine du prince Braschi. Il faut encore citer les villas de Popilius, de Ruber, des Caesonii, et le domaine des Plautii. Dans la Fie d'Horace, attribuée à Suétone, il est parlé d'un petit domaine du poëte à Tibur ; on ne sait sur quel fondement on le place à la petite chapelle S. Antonio, en face des cascatelles, dans un endroit inhospitalier où croissent difficilement l'olivier et même l'aloès. C'est à 12 milles environ de Tibur, qu'était la vraie campagne d'Horace, à Ustica, retrouvée à Rustica par M. Pietro Rosa, près des sources de la Licenza, l'ancienne Digenlia, à quelque distance au N., de Rocca Giovine, où était leFanum Vacunœ. Quant au viens de Mandela, il était près de l'Anio, à Bar délia, non loin de Varia, Vicovaro. En continuant de remonter l'Anio, on arrive à la villa de Néron, à Sublaqueum (Subiaço); plus près de Tibur, dans les montagnes des Èques, on reconnaît encore des ruines qui marquent sans doute l'emplacement de Sassula et a'Empulum; la station des Âquse Albulas, à 4 m. de Tibur sur la route de Rome, avec les bains d' Agrippa, encore debout, près du Lago délie Isole Natanti.

Entre' l'Anio et la via Appia: Antemnx, au confluent de l'Anio et du Tibre, et avant d'arriver à l'Anio, en partant de Rome, comme le nom l'indique (Ante amnem) ; Collatia, que M. Pietro Rosa a démontré ne pouvoir être à Castelluccio dell' Osa, mais à quelque distance de là, au N. de Gabii, dont les ruines se voient encore près des lacs desséchés de Gabii et de Regillus. Toute cette topographie a été récemment éclaircie et fixée avec certitude par l'habile archéologue; Querquetula, à FOsteria di Corcollo; Scaptia, à Passerano; Pedum etBola, positions moins certaines. Près de l'Anio, M. Pietro Rosa a retrouvé les carrières mentionnées par Strabon et Denys et qui ont fourni la pierre de travertin dont Rome a été construite. — Plus près de Rome, sont les villas des Gordiens et le Suburbanum Hadriani. — Dans le massif des M,s Albains: Tusculum, dont les ruines se voient au-dessus de Frascati ; le Tusculanum Ciceronis. que Pietro Rosa porte à Frascati même dans la villa Aldobrandini ; la villa de Lucullus dont la ville de Frascati et les villas fameuses, Torlonia et Picolomini, représenteraient l'emplacement ; — la villa de Porcius Caton à Mte Porzio; — Labicum, à Mte Compatri ; — la villa de C. Julius César après la station Ad Quintanas;

— Corbio et Tolerium à l'O. de YAlgidus qui donnait son nom au pays, Algidum, si célèbre dans les guerres de? premiers temps de la République et où passait la voie Latine qui conduisait, par ce défilé, aux pays des Èques, des Herniques et des Volsques, ce qui en faisait un point stratégique de première importance. — En Algide était le Fanum Fortunée. — Sur le sommet de YAlbanus, le temple de Jupiter Latial, qui réunissait pour des sacrifices communs, tous les peuples de la ligue latine;

— la douteuse position de Fabia doit être cherchée sur les flancs de la montagne; Alba Longa est reconnue sur les bords du cratère du lac Albain, entre le temple de Jupiter et le lac. Le couvent de Palazzola montre encore l'inscription consulaire déposée sur la route du cortège sacré qui, de la source Férentine (près de Marino), se rendait au temple. — Autour de la moderne Marino , se groupent les emplacements des villas de Marius, de Murena, de Sylla; puis Roboraria et Castrimœnium doivent être cherchées dans les environs.

— Sur les flancs opposés du cratère, au sud , se voient encore les ruines de la villa de Domitien (à Castel Gandolfo et aux villas Barberini et Torlonia),

construite, en partie, sur l'emplacement d'une des villas de Clodius, qui en possédait une autre sur les flancs de YAlbanus , entre Aricia et le temple de Jupiter, à 16 ou 17 m. de Rome (supposition rendue nécessaire par le texte de la milonienne). C'est la villa inférieure, celle qui était voisine du 13e m. de la voie Appienne, qui renfermait les hommes placés en embuscade, et c'est en face de cette seconde villa qu'il fut tué, près de l'autel de la Bonne- Déesse , non loin de la ville de Bovillse, qui est au 12e m. de la voie Appienne. La ville moderne d'Albano occupe l'emplacement du camp prétorien des empereurs. On en voit encore les étages divers et la disposition générale. — La villa de Pompée était à l'entrée même de la moderne Albano ; et le monument que l'on remarque, à gauche de la porte, au 15e m., passe pour avoir reçu ses cendres (Plutarque) . Aricia avait une citadelle, qui est la Riccia, et s'étendait jusque sur les bords du lac, desséché aujourd'hui, mais dont on voit très-nettement le cratère. — M. Pietro Rosa a retrouvé et restitué le fameux temple de Diana Nemorensis, sur les bords du lac du même nom , aujourd'hui lago di Nemi , en face de Genzano. Il a reconnu également le Clivus Virbii, sentier d'Hippolyte Virbius qui y conduisait et se raccordait avec la via Appia, au 16e m. L'émissaire souterrain du lac Nemorensis et celui du lac Albanus ont été déterminés avec exactitude par le même savant. — Sur les confins du pays des Eques et des Volsques, il faut citer encore Velitrse, Velletri, première ville des Volsques de ce côté, autrefois immense et dont l'étendue est encore facile à reconnaître; dans la montagne : Cora, Cori, Norba avec ses murs cyclopéens, l'arx Carventana , Artena Volscorum, Vitelb'a, dans la plaine, et, sur la limite du pays des Èques : Frseneste, Palestrine, avec sa citadelle, où Marius le Jeune se fit donner la mort, après la bataille de Sacriportus. La ville moderne de Palestrine occupe en partie l'emplacement de l'immense temple de la Fortune.

Entre la via Appia, la mer et le Tibre, rive gauche, s'étend aujourd'hui un désert couvert de ruines et rempli des plus illustres souvenirs; sur la via Appia sont, au 2e m., les catacombes historiques de S. Caliste, découvertes par M. de Rossi, en 1854, avec les tombeaux des papes de l'Église primitive, la basilique S. Sébastien, le cirque de Maxence, le seul au monde qui soit assez bien conservé pour faire comprendre les courses de char. Le Nympheeum de la nymphe Lara (Ovide) , fille de l'Almo, pris, à tort, pour la fontaine Égérie. Le tombeau de Caecilia Metella, femme de Crassus, les fossa Cluiliee, où combattirent les Romains et les Albains; au 5°m., le Campus sacer Horatiorum avec les tombeaux des Horace, encore subsistant, la v Ma des Quh tilii, usurpée par Commode; à droite de la voie, en partant de Rome, on voit, sur des éminences, des ruines de villes latines, Appiola, Mugilla, Tellene, dont les positions respectives ne sont pas faciles à déterminer; la villa des Sulpicii, à la 3û borne de la voie Ardéatine; la catacombe de Domitilla du 1er siècle de J.-C, explorée par M. de Rossi; le vicus Alexandrinus, près de S. Paul-hors-les-murs ; Politorium, dont l'emplacement est douteux; ainsi que celui de Ficana et de Canens; à 18 ou 20 m. de Rome, Corioli, qui appartient déjà au pays Volsque et Lanuvium, Citla di Lavigna. En nous rapprochant de la mer et de l'embouchure du Tibre nous entrons sur le théâtre des sept derniers livres de l'Enéide.

Topographie de Virgile.

{Enéide, les 7 dern. livres.) Pour comprendre la topographie de Virgile , il faut rétablir, par la pensée, le rivage,— si complètement changé aujourd'hui par suite des atterrissements considérables du Tibre, tel qu'il était,— non

GÉOGRAPHIE ANCIENNE. — N° 13. L'ancien Latiunt.

pas au temps d'Énée, car Virgile n'était pas géologue, mais au temps de Virgile, car il a décrit très-exactement le pays tel qu'il le voyait. Or l'emplacement que nous avons donné à Ostia sur la rive gauche du fleuve, d'après les ruines qui en subsistent aujourd'hui, marque le point où s'arrêtait la terre et où commençait la mer au temps du poëte. Le Lacus Ostiensis existait. Troja fut établie près du lieu de débarquement, entre le fleuve et le lac. Le camp troyen faisait face à la mer, et l'espace entre le lac et la mer était trèsétroit. La Sylva Laurentina était derrière le lac, et la ville de Laurentum est déterminée au S.-E. par la route Laurentina, encore visible aujourd'hui. — Lavinium est certainement aux masures de Pratica; le rio di Pratica est le Numicius ; les macchie ou petits bois de la rive droite, rappellent le Lucus consacré à Jupiter Indiges. La chapelle de S. Anna Petronilla, près d'une petite source, rappelle le temple et la source de la nymphe Anna Perenna, d'Ovide; l'Anna soror de Virgile. Lavinium, s'appela sous l'Empire Lauro-Lavinium. La Fontaine de Juturna ou le Lac de Turnus est vers la source du rio di Pratica. L'Albunea de Virgile et l'oracle de Faune sont très-reconnaissables à la Solforata d'Altieri ; la description de Virgile est littéralement exacte. Le bois de Picus n'a pas changé de nom et s'appelle aujourd'hui Macchie di Pichi. Près de là, au S.-E., est le pays des Rutules, avec sa capitale, Ardea, Ardia , le Lucus Pilumni , le Castrum Inui et les eaux sulfureuses d'Ardée.

Il faut citer, dans le Latium maritime, comme appartenant à une autre époque, le remarquable système des ports qui furent substitués, sur la rive droite, à l'ancienne Ostia de la période royale et républicaine. Lorsque le fleuve se partagea en deux bras et que YInsula Sacra fat formée par suite des atterrissements, Claude fit creuser un port, encore parfaitement visible, et Trajan l'agrandit. — Ce port, qui avait son accès sur la mer à quelque distance de l'embouchure du Tibre, communiquait, d'autre part, avec le fleuve au-dessus de sa barre. Par cette disposition le problème était résolu et la navigation dégagée des entraves de la barre, toujours si graves dans les fleuves des mers intérieures. Les Salinse furent établies et existent encore aujourd'hui entre le lac d'Ostie et le fleuve.

Nous citerons enfin sur le bord de la mer, la villa de Pline le Jeune que l'on peut restituer d'après sa description et celle d'Hortensius ; — chez les Rutules. le temple de Vénus ; — et, chez les Volsques , Antiûm, Nettuno, avec la villa de Néron.

Aqueducs anciens.

Rome est aujourd'hui la première ville du monde par l'abondance , la limpidité et la fraîcheur de ses eaux. Elle n'en a que la 10e partie environ de ce que la Rome ancienne des Césars en possédait. Nous avons un rapport officiel adressé par Frontin, curator aquarum, surintendant des aqueducs, à Trajan. Ce rapport mentionne 13 aqueducs; la Notitia en mentionne 17; Aurelius Victor, 20. Au temps de Procope, au vie siècle, il y avait encore 14 aqueducs sous les arcades desquels pouvait passer un homme à cheval. Voici le tableau comparatif des aqueducs suivant les trois premiers auteurs.

Frontin.

P. Victor.

Notitia.

Appia ,

Appia,

Trajana,

Anio Vêtus ,

Marcia ,

Annia.

Marcia ,

Virgo,

Alsia,

Tepula ,

Claudia,

Claudia,

Julia,

Herculanea,

Marcia,

Crabra,

Tepula ,

Herculea,

Virgo ,

Damnata ,

Julia,

Alsietina, ou

Trajana,

Augustea,

Augusta,

Annia ,

Appia,

Augusta (de Rome)

, Alsia,

Alsietina,

Augusta (de l'Anio)

, Caerulea ,

Setina,

Octaviana,

Julia ,

Ciminia,

Claudia,

Algentiana ,

Aurélia,

Anio Novus.

Ceminia ,

Damnata,

Sabatina ,

Virgo,

Aurélia,

Tepula,

Septimiana ,

Severiana,

Severiana,

Antoniniana ,

Alexandrina.

Les principaux aqueducs sont tracés sur notre carte avec la source d'où ils tiraient leurs eaux; on pourra se rendre compte de leurs directions et de la distance qu'ils parcouraient.

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