‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 151 sur 175 · BE · texte numérisé non relu

BE

Le royaume de Ho-ling, aussi appelé Tou-po! et Tou-po ou Che-po*, est situé dans la mer du midi. A l’est, il touche au

Ho si 2

(page 494) du pays de ce nom et j'ai dû

Il a été traité plus haut

tenir compte de l'opinion d’un savant lettré chinois, M. Yang-ouen-hoeï, suivant lequel on doit prononcer Che-po, en donnant ici le son che au caractère A qui peut aussi se prononcer tou. Il est cepen- 4 ©:

dant à remarquer que HA D et }} Fil Tou-po étant deux noms qui servent à désigner le même pays, il semblerait plus naturel de ne voir qu’une variante d'orthographe du même son dans

les caractères FA et FH. Quoi qu'il en

soit, il ne paraît pas douteux que ces

diverses dénominations ne se rapportent à Java, qui renfermait plusieurs royaumes, entre autres celui de Ho-ling, que Matouan-lin paraît identifier ici avec celui de Che-po ou Tou-po, bien qu'il en ait traité séparément. — Deux causes d'erreur et de confusion se rencontrent parfois dans les documents puisés par Matouan-lin à des sources variées et d'époques différentes, l’une tenant à ce que les Chinois ont souvent désigné une ile toute entière par le nom de l’un des petits états qu'elle renfermait et ensuite plusieurs petits états d'une île par le nom que cette

ile avait retenu; l’autre, que certains

royaume de Po-li*; à l'ouest, il est voisin du Po-teng'. La mer le borne au midi; le Tchin-la est à son nord. Toutes les maisons du Ho-ling, même les plus grandes, sont construites et recouvertes en bois. Les lits sont ornés d'ivoire. L'ivoire, la corne de rhinocéros, l'or, l'argent, l’écaille sont prodigués partout cet attestent la richesse de ce royaume, où l’on trouve aussi du sel en abondance, cristallisé sur les parois de certaines grottes.

Les habitans font avec des fleurs de saule et de palmier un vin très capiteux, qui les plonge pendant toute une nuit dans une lourde ivresse. Ils ont une écriture et savent composer un calendrier. Ils mangent avec leurs doigts, ignorant l'usage des cuillers et des bâtonnets. On rencontre chez eux des femmes venimeuses, dont les approches causent des ulcères. L'homme qui meurt, son

cadavre n'est pas détruit par la putréfaction*.

noms géographiques des pays lointains n'ont pas toujours été prononcés ou transcrits d’une manière identique, ce qui expose l’auteur à donner deux notices sur le même sujet,

VA

1 Ci-dessus, page 523.

HA RIKU

tà Il semble bien qu'il s'agisse de la syphilis, dont on n'eut connaissance en Europe que fort longtemps après l'époque de l'observation ici mentionnée, puisque les documents recueillis par Ma-touan-lin

sur le Ho-ling paraissent s'arrêter au Xme

siècle de notre ère.

6 A YE PF A JB J'ai cru devoir traduire tout à fait littéralement cette petite phrase, en raison de la demi-obscurité qu'on y rencontre. A la première lecture, on serait tenté de la rattacher à la phrase qui précède et de supposer qu'il s'agit du cadavre de l'homme qui meurt par suite de la maladie contractée avec une femme venimeuse (E À |. . A HF li mais, après mûr examen et de l’avis de plusieurslettrés chinois que j'ai

consultés, les deux phrases paraissent indé-

pendantes l'une de l’autre et le sens de

Le Roi habite la ville de Che-po ou Tou-po'. Son ancêtre, nommé Ki-yen*, avait fixé sa résidence à l’est de la capitale actuelle, dans la ville fortifiée de Po-/ou-kia-sse®. Vingt-huit petits royaumes voisins étaient ses tributaires, et ses principaux officiers étaient au nombre de trente-trois. Sur une montagne est bâtie la ville de Lang-pei-ye'°, où le Roi se rend très souvent pour contempler la mer.

Au solstice d'été, si l’on dresse, dans ce pays, un gnomon de la hauteur de huit tchi, l'ombre est, au sud du gnomon, de la longueur de deux fchi et quatre fsun!!..

Sous la dynastie des Tang, dans les années fching-kouan (627-649). des envoyés du Ho-ling vinrent offrir le tribut et l'on vit arriver en même temps d’autres envoyés représentant les royaumes de 7Zo-ho-lo'? et de 7o-po-teng'*. L'empereur Tai-

tsong voulut que tous ces étrangers fussent traités avec une grande

cette dernière serait que, dans le sol et Le R tchi ou pied chinois,

sous le climat du Ho-ling, les cadavres se dont la mesure a beaucoup varié dans le

momifient au lieu de sc décomposer, — On remarquera que l’usage de brûler les morts, signalé dans la relation des mœurs des royaumes voisins, n'est pas mentionné en ce qui touche particulière -

ment le Ho-ling.

LE

Eb FF

courant des siècles, était au temps du P. Martini, qui en a donné une figure gravée, de la longueur de 0,3020 et est aujourd’hui, selon les traités officiels, de 0,3581 (mesure métrique). Il contient dix DE tsun, terme qu'on rend souvent par le mot pouce.

Lo

13 Bei VE ei Voir, ci-dessus, la

note 4, page 523.

bienveillance. Le To-ho-lo demandait de bons chevaux; l’Empereur ordonna de lui en donner.

Au cours des années chang-youen (674-675), les habitants du Ho-ling mirent sur le trône une princesse qui régna sous le nom de Si-mo!}. C'était une femme d’un caractère sévère, qui ne souffrait aucune désobéissänce à ses ordres ni aucune atteinte à son autorité. Elle avait défendu que, sur les routes, aucun objet perdu fut ramassé par les passants. Un chef souverain des 7achi! ayant entendu parler de cette défense (et voulant juger sans doute du respect qu'elle inspirait), fit déposer un sac rempli d'or audelà de ses propres frontières, dans le milieu d'un chemin. Trois ans s'étaient écoulés sans que personne osàt même toucher à ce sac d'or, lorsque le prince héritier eut l’idée, en passant, de le fouler aux pieds. Ce seul fait mit Si-mo dans une si grande colère qu'elle ordonna tout d’abord que le coupable fut puni de mort. Les ministres suppliant la Reine de revenir sur une condamnation si rigoureuse, Si-mo répondit qu'il fallait au moins couper les pieds qui avaient commis le crime. Enfin, les ministres intercédant encore, elle consentit à ce que la peine fut réduite à la mutilation des doigts de pieds; mais, pour l'exemple, elle ne voulut pas qu'une grâce entière fût accordée. Une telle fermeté effraya les Ta-chi, qui n’osèrent jamais faire la guerre à cette reine !f.

Ve re 2 # # . CN .

op BL métans en général. (Voir à ce sujet une 13 k R intéressante dissertation du P. Gaubil,

16 K & Ta-chi ou Ta-che est page 372 et suivantes de son Abrégé un nom souvent employé dans l'his- de l'Histoire des Tang.)

toire chinoise pour indiquer les maho-

Trois ambassades du Ho-ling parurent à la Cour durant la période des années ta-li (766-779) et, dans la huitième année yowenho (813), des envoyés du même pays offrirent à l'Empereur quelques oiseaux curieux, notamment des perroquets du pays de Seng-kinou! dont le plumage était de quatre ou cinq couleurs différentes. L'empereur Hien-tsong ayant accordé un titre honorifique au roi de Ho-ling, ce prince demanda l'autorisation de le céder à son frère cadet, ce à quoi l'Empereur consentit en lui conférant un nouveau titre à lui-même. On vit venir encore des ambassadeurs du Ho-ling vers la fin des années {a-ho (827-835) et dans le courant des années hien-tong (860-873). Ces derniers amenèrent avec eux une troupe de musiciennes que leur souverain offrait à l'Empereur.

Le royaume de To-ho-lo (dont il a été parlé plus haut) et le royaume de Kia-lo-sse-fo-si'* font partie des possessions du Tchinla dans la mer d'orient. En partant de Kouang-tcheou!°, on y arrive après cinq mois de navigation. Ces deux royaumes fournissent de belles cornes de rhinocéros.

[Le To-ho-lo est situé au nord du royaume de Pan-pan?].

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