‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 16 sur 175 · E IL · texte numérisé non relu

E IL

familles ou tribus prirent pour chef un fils de la famille Pa, nommé Ou-siang *°, qui plus tard fut appelé Lin-kiun'!. Lin-kiun descendit le fleuve Y-choui!° jusqu'à Yen-Yang [aujourd'hui Pa-chan du Y-ling!*]et fit sa résidence à Y-tching'5. Tous ces barbares connus sous le nom de Pa, répandus dans les pays de Pa'° et de Leang!?, étaient les descendants des cinq familles qui avaient choisi Linkiun pour souverain. |

[Le fleuve qu'on appelle aujourd'hui 7 sing-kiang!*, qui prend sa source à l’ouest du district du même nom, dans le mont Towting-chan!®, et qui coule dans le district de Pa-chan du Y-ling®, a porté le nom de Y-choui"! et aussi celui de Yen-choui??. — Le pays de Leang est également connu sous le nom de pays de Han”. — Dans son livre intitulé Heou-Han-sse , l'historien Fan-ye® écrit ceci : Les hommes des quatre tribus ? adoraient les

“# 4. "ff iL 1 C'est-à-dire : le prince Lin, ou le 19 Al ER LL.

prince de Lin. 2 Ci-dessus, note 9.

© 7. a EE A

14 Ci-dessus, note 9. 33 Ji

13 E pe. | 24 Histoire des derniers Han.

16 E, 25 Fcrivain.du Vme siècle de notre ère. 17 Voir, pour la situation des pays 26 Le texte a parlé plus haut de cinq

des EL Pa et de AL Leang, la plan- tribus, et non de quatre. Il est probable che4 des Tableaux de l'Asie, en observant que celle de Pa, à laquelle appartenait le que le pays de Leang est le même que chef souverain qui fut élu, est ici souscelui de Han, ainsi que notre texte l'in- entendue.

dique un peu plus loin.

esprits et les démons. N'ayant pas de chef souverain, ils convinrent de jeter leurs épées dans un antre de pierre, et de proclamer roi celui qui parviendrait à les ramasser toutes. L'un d’entre eux, nommé Ou-siang*”?, sortit victorieux de cette première épreuve. Ils exigèrent encore que celui qui voulait devenir leur roi pùt naviguer sur un bateau de terre**. Tous ceux qui tentèrent l'aventure furent submergés. Le seul Ou-siang eut le talent d'accomplir cette merveille. Alors il fut proclamé roi sous le nom de Lin-kiun. Il descendit le fleuve Y-choui sur son bateau de terre. Comme il arrivait au pays de Yen-vang, une déesse du fleuve lui apparut et lui dit : « Reste ici, la terre est fertile, le sel ne manque pas, le poisson est abondant et je veux être ta compagne.» Lin-kiun ayant refusé de la prendre pour femme, elle vint le trouver de nouveau pendant la nuit. Ensuite elle se changea en insecte ailé et, volant avec des myriades d’autres insectes, elle intercepta la lumière du soleil au point que les ténèbres se firent pendant dix jours et dix nuits. Enfin, Lin-kiun saisit le moment de lancer une flèche et la tua. Aussitôt le ciel reprit sa clarté. Lin-kiun s'établit à Y-tching et régna sur les tribus qui avaient reconnu son autorité. Quand Lin-kiun mourut, son âme passa dans le corps d’un tigre blanc. Le tigre boit le sang de l'homme; c’est pourquoi la famille Pa lui offre des sacrifices humains. Ces récits renferment beaucoup d’extravagances, on les rapporte toute-

fois par curiosité. |”

27 Ci-dessus, note 10. Tchang-yang (latit. 30, longit. 108). Le 38 + fr. fleuve Tsing-kiang, jadis appelé Y-choui et 29 Il a été dit plus haut que le pays de aussi Ÿen-choui, prend sa source aux fron- Yen-yang était le même que celui de Pa- tières du Sse-tchouen et se jette dans le

chan du Y-ling, actuellement territoire de Ta-kiang, à peu de distance au-dessous

À l’époque appelée tchen-koue®, Hocï-ouang, roi de Tsin, ayant conquis la partie centrale du pays de Pa*!, reconnut un prinee de la famille Pa pour chef-souverain des barbares de ce nom. Le tribut imposé è ce prince fut de deux mille seize sapèques chaque année, indépendamment de l’hommage triennal appelé Y-fou qui était de dix-huit cents sapèques. Chaque famille barbare fonrnissait en outre vingt-deux fchi* de toile, et la quantité de plumes nécessaire pour garnir de barbes trente flèches.

Au commencement de la dynastie des Han, le gouverneur du Nan-kiun *, nommé Kin-kiang, conseilla de ne rien changer à la politique des Tsin, en ce qui concernait les relations établies entre les Lin-kiun-tchong et l'Empire. |

La vingt-troisième année kien-ou (47 ans après J ésus-Christ) le gouverneur du Nan-kiun fit savoir que les barbares du mont Tou-

chan® se révoltaient. L'Empereur chargea Lieou-chang®° de les

de la ville Y-tchang-fou. Abstraction faite des éléments fabuleux de cette légende, le berceau des Lin-kiun-tchong se trouve donc clairement circonscrit dans la partie sud-ouest du Hou-pe.

30 C'est-à-dire des royaumes combattants. Les Chinois donnent ce nom à l'époque des grandes luttes féodales qui amenèrent la ruine de la dynastie de Tcheou.

Hoei-(ouen)-ouang, aieul de Tsin- chi hoaug-ti, régna de l'an 338 à l'an 311 avant Jésus-Christ.

$! Ci-dessus, notes 16 et 17.

3 Dernières années du IIIe siècle avant notre ère.

3 Ci-dessus page 9, note 42.

5 I 4 i}. Le texte porte littérale-

‘ment: Y# LL Ka ir E ce qui

peut signifièr également: Loui-tsier (chet) des barbares de Tou-chan..., ou bien :

Les barbares Loui-tsien du Tou-chann.....

La difficulté de choisir entre ces deux versions m'a décidé à traduire simplement :

les barbares du Tou-chan.

36 Le même général qui devait l'année

châtier. Ce général battit complétement les rebelles et transporta dans le Aiang-hia* plus de sept mille prisonniers qu'il leur avait faits. Les barbares désignés plus tard sous le nom de barbares de Mientchong * étaient les descendants de ces transportés.

[Le Kiang-hia des Han comprenait les régions qui forment aujourd'hui les kiun de Youen-ling®, Fou-choui*, Ngan-lo*', Tsi-ngan Ÿ, Han-yang, Kiang-hia® et Ki-tchun*..)

Sous le règne de l'empereur Ho-ti, la treizième année yong-ÿouen (101), il y eut un soulèvement des barbares de Ouf ct des contrées voisines, irrités des taxes arbitraires qu'on leur imposait. Toutes les troupes cantonnées dans le Aing-tcheou!' se réunirent pour les combattre et parvinrent à les soumettre. Un grand nombre de prisonniers furent encore transportés dans le Kiang-hia.

[Le pays de Ou, au temps des Han, était le hien ou district de Ou-chan** du kiun de Yun-ngan * d'aujourd'hui. Le King-tcheou

suivante entreprendre une campagne dé- ‘a DR Kr. sastreuse contre les Pan-hou-tchong. Ci- s sh =] dessus, page 9. sc iL 5} = ìL dI. Voir le Dictionnaire géo- ni GO | À. graphique de Ed Riot. page 72. “ AK Voir ci-après la note 42. ù su pi . # Voir le Diction. de Ed. Biot, p. 80. 3 vi [È # UL 1] c'est-à-dire du mont Ov.

à 14 A. i situé aux confins du Sse-tcheuen oriental.

des Han forme aujourd'hui les kiun de Aiang-ling®", Y-ling®', Fong-yang®, Qu-ling*, Tchang-cha* et Heng yang vs, |

Sous le règne de l’empereur Ling-ti, la troisième année kouangho (180), les barbares transportés dans le Kiang-hia se soulevèrent à leur tour et causèrent de grands désordres pendant plusieurs années. Le gouverneur de Lou-kiang *, nommé Lo-kang, parvint à les faire rentrer dans le devoir.

Vers la fin de la dynastic des Han, Tchang-lou®?, qui pratiquait la magie, séduisit un grand nombre de barbares, de ceux qu'on appelait {song-jin*#. Profitant des troubles de l'Empire et suivi des masses crédules qu'il avait rassemblées, il passa du Pa occidental dans le pays de Han-tchong **, où il s'établit.

Yang-kiu-fan® ranconnait et dépouillait les voyageurs. Le peuple souffrit beaucoup de ses brigandages. Il fut connu sous le nom de Kiu-pa"!.

Quei-ou® posséda le Han-tchong à son tour, et le grand-père

de Li-te, auquel obéissaient cinq cent familles, se réunit à lui. Ils

x IL DE tribut en étoffe que pavaicnt les barbadI La DE res du midi; (ci-dessus, page 8); mais si HH DB. nous verrons plus loin que le nom de 54 I 54 tsong-jin s'appliquait particulièrement 54 ia ÿb aux barbares Pan-chun-man du pays de 53 af DE. Pa, dont l'article vient ci-après.

56 Hi ÿL. 39 Dictionnaire de Ed. Biot, p. 27.

“i bi Hi IR iù 74 À. L'expression {song-jin si- " DU CL.

62 AB “Tr gnific littéralement hommes soumis au FI IK.

étendirent leur domination jusqu'au nord du pays de Lio-yang‘, et donnèrent à ce pays le nom de Pa-tifi.

Le père de Li-te, nommé Mou %, portale titre de Tong-kianglie-tsiang ©. Quant à Li-te, dès sa jeunesse il avait occupé des charges importantes au service du gouvernement chinois et s'était annoncé comme l’un des hommes les plus remarquables de son époque, tant par sa haute intelligence que pour sestalents militaires.

Au milieu des années youen-kang (291-299), 7si-ouan-nien®, qui régnait alors sur le pays de (Pa)-ti, secoua le joug de l'Empire et envahit le Kouan-tchong'#. Les troubles qu'il suscita durèrent plusieurs années et causèrent une grande famine. Les populations émigrèrent ; quelques dizaines de mille hommes ayant pénétré dans le pays de Han-tchouen®, Li-te se mit à leur tête et les conduisit dans le pays de Chou. Bientôt ce chef de partisans vit accourir sous ses drapeaux toutes les bandes de farouches brigands qui terrifiaient le Pa-si. Avec de tels contingents, il se rendit maître facilement des pays de Leang” et de Y".

li li, DE, latit. 33, 22 ; longit. 103,

48. La ville qui porte encore actuellement ce nom est désignée par erreur sur quelques cartes sous celui de Lo-yang.

PP LS — 2 s<

ù di >* Ti nf (généralissime

vigilant des Kiang orientaux.)

eh HN SE.

6 Partie méridionale du Chen-si actuel. (Voir le dictionnaire de Ed. Biot, pages 86 et 172).

69 Actuellement Han-tchong (Chen-si méridional.)

7 Voir ci-dessus, note 17, et planche 4 des Tableaux historiques de l’Aste.

mt actuellement territoire de

Tching-tou-fou (Sse-tchouen.

Le frère cadet de Li-te, nommé /Li/-lieou "?, consolida les conquêtes de son aîné. Il eut pour successeur /Li/-hiong*, fils de Lite, auquel succédèrent ensuite (Li-pan , [La)-ki ®, [Li)-cheou et (Li)-chi". Ces princes usurpèrent le titre d'empereur, mais leur dynastie fut détruite à la sixième génération ?8.

78 Le fait de terminer sa notice des Lin-kiun-tchong par la mention des princes de la dynastie de Li-te qui prirent le titre d'empereur montre clairement que Ma-touan-lin considère Li-te comme un chef de la nation des Lin-kiun-tchong ; celui d'arrêter la notice des Lin-kiuntchong à l'extinction de la dynastie fondée par Li-te indique qu'à partir de cette époque les Lin-kiun-tchong ont dû s'incorporer définitivement à l'empire chinois; mais l'extrême concision des derniers paragraphes de notre texte nous oblige à rechercher ailleurs quelques éclaircisse-

ments. Le Z'ong-kien-kang-mou parle de

Yang-kiu-fan et de Tsi-ouan-nien, comme

de chefs puissants de la nation des Xiang,

qui s'étaient alliés aux Hiong-nou, vers la

fin du III° siècle de notre ère, et s'étaient rendus maîtres d'une partie du Chen-si et du pays de Lio-yang (ci-dessus, note 63).

D'autre part, nous venons de voir que Mou, le grand-père de Li-te, prenait le titre de généralissime des X'iang. Les Lin-kiun-tchong, selon Ma -touan-lin, auraient donc fait partie de cette grande famille des peuples appelés XK xiang.

nom que Klaproth a considéré comme le nom générique des nations Tibétaines ‘Tableaux hist. de l'Asie, pl. 12). Deguignes, dans son Histoire des Huns(tomel, page 119), a consacré un article à la petite dynastie de Li-te, qui occupa les pays de Han et de Chou ; mais sans rechercher à

quelle race elle appartenait.

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