‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 66 sur 175 · RE GI HT · texte numérisé non relu

RE GI HT

24 Litt.: La ville de ; ° Che-li-fo (en sanscrit Céripouttra).

21 Le Aou-kin-tou-chou-tsi-tching ajoute à cette description les détails suivants : « Les briques du mur d'enceinte étaient de couleur verte; ce mur d'enceinte avoit douze portes, et chacun de ses

angles était muni de tours. Les maisons

li-chi (dymocarpus li-chi, dit Lobschied).

Dans le palais du Roi étaient deux cloches, l’une d'or et l’autre d'argent, que l'on frappait d'une certaine façon si le royaume était menacé d'invasion, pour tirer des présages heureux ou malheureux des sons qu'elles rendaient. Près du palais, était un grand éléphant, haut de 100

pieds, devant lequel s'agenouillaient tous

en”

PIAO

Les habitants du royaume de Piao professent l'amour de la

vie et l'horreur de tuer. Leur pays est propre à la culture des

plantes potagères, du riz et du gros millet appelé /eang, mais ne

produit ni chanvre, ni blé. On n'y fait usage ni d’entraves, ni de

menottes, ni d'aucun instrument de supplice à l'égard des accusés.

qui sont simplement attachés. Ceux qui sont reconnus coupables

reçoivent sur le dos des coups de bambou, dont le nombre est de

cinq pour les fautes graves ct de trois pour les fautes légères. L’ho-

micide seul est puni de mort.

Les jeunes garçons et les jeunes filles ont la tête entièrement

ceux qui avaient des procès à soutenir, en se consultant eux-mêmes intérieurement sur la justice ou l'injustice de leurs propres causes. En cas de malheurs publics, le Roi lui-méme se prosternait devant l'éléphant, brûlant des parfums ct s'accusant ouvertement des fautes qu'il avait commises. Dans le voisinage de la ville, sont des montagnes de sable et des terrains stériles. » — Ce que rapportent les auteurs chinois de l'enceinte et des monuments de l'ancienne capitale du royaume de Piao fait songer tout natureilement aux ruines gigantesques et mystéricuses d'Angcor, et l'incertitude qui régne sur l'étendue de ce vaste empire Comprenant deux cent quatre-vingt-dix-

huit gouvernements, sans parler de vingt royaumes tributaires, aussi bien que l'évaluation de 2,000 à 3,000 li pour la distance entre ses frontières (ou sa capitale) et la ville de Yong-tchang située au 25me degré de latitude, laissent une grande marge aux suppositions, Il sera donc important d'examiner en détail chacune des indications qu'on rencontre ici, sans négliger cette mention de montagnes de sable et de terrains stériles que le Xou-kintou-chou-tsi-tching ajoute aux renseignements fournis par Ma-touan-lin, puisqu'il serait peu vraisemblable qu'il fut question de deux villes capitales distinctes, à des

époques diflérentes.

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rasée à l'âge de sept ans et sont placés aussitôt dans les temples et

dans les couvents. Ils y demeurent jusqu'à leur vingtième année”,

étudiant la religion de Bouddha; ensuite ils rentrent dans le monde.

Leurs vêtements ne se composent que d’une robe blanche en coton

et d'une ceinture dont la couleur rouge imite la teinte des nuages

qui entourent le soleil levant. Ils repoussent l'usage de la soie,

disant qu'il faut nuire à la vie pour se la procurer *.

L'ambassade du roi de Piao fit hommage de la musique de

25 Une édition du Quen-hien-tong-kao dit jusqu'à leur vingt-cinquième année, mais la variante qui porte jusqu'à leur vingtième année, et qui est conforme à la version du Aou-kin-tou-chou-tsi-tching, paraît la meilleure à tous égards.

% Parlant des mœurs, des usages ct des productions du royaume de Piao, le Kou-'kin-tou-chou-tsi-tching s'exprime ainsi: « Le pays est propre à la culture des plantes potagères. On y récolte du riz, du millet et des cannes à sucre d'une énorme grosseur. On n'v tait usage ni de graisse ni d'huile. On y brûle des bougies de cire préparées avec des parfums qui les rendent odoriférantes. On y voit des monnaies d'or et d'argent qui ont la forme d’un croissant ‘litt. d'une demi-

lune). Les habitants les nomment 19,

TE kia-to et JE vi TE Tso-tan-to,

Ils font le commerce avec les nations voisines, auxquelles ils vendent particulièrement des étoffes de laine blanche trèsfines, du lieou-li (voir ci-dessus, note 29, p. 178), et des vases d'argile. Les femmes réunissent leurs cheveux au sommet de la tête, en formant un gros nœud qu'elles ornent de fleurs en étain, de perles et de diverses pierres. Toutes portent des éventails ; ce:les de la classe élevée en suspendent cinq ousix à leur ceinture. — A sept ans les enfants entrent dans les temples, après avoir eu les cheveux coupés. Ils y restent jusqu'à l'âge de vingt ans. Ceux qui n'ont pas de vocation pour la vie rcligicuse rentrent alors dans leurs fa-

milles. »

PIAO

son royaume, comprenant vingt-deux morceaux exécutés par un

orchestre de trente-cinq musiciens. Les paroles de cette musique

étaient toutes en l'honneur du culte de Fo ??.

©" Le Aou-kin-tou-clou-tsi-tching s'étend très-longuement sur la musique du

rovaume de Piao et sur les danses dont elle

formait l'accompagnement. Les danseurs

ou danseuses, au nombre de soixante-quatre, changeaient plusieurs fois de costumes et de coiffures et exécutaient des figures très-compliquées, dont les mouvements étaient réglés par des coups de tambour.

Souvent ils tenaient à la main de longues plumes, chaussaient de légères bottines de cuir, se ceignaient le front de bandeaux ornés de perles et se peignaient l'avantbras de diverses couleurs. Les instruments de musique se composaient de flûtes transversales à sept trous, d'orgues à seize

tuvaux, de grands et de petits cornets, de

vio!ons à cinq cordes, de luths à treize cordes, de cloches, de clochettes et de cymbales de plusieurs métaux, de claviers en coquillages, de tambours à caisse de bois ou de métal, de planchettes de fer ou de bambou, de disques et de carrés métalliques :sortes de triangles sans doute), etc.

Il y avait la chanson des jeunes filles, le chant des soldats, celui des religieux, etc.

L'auteur chinois fait remarquer combien ces raffinements contrastaient avec la rude organisation militaire des Nan-ichao, ce qui explique comment le royaume de Piao fut sans cesse dominé par eux. Il ajoute que, la sixième année tai-ho (832) notamment, le royaume de Piao fut en-

vahi par les Nan-tchao.

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