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Kouei comprenait la partie nord-est du
Le gouvernement de
Kouang-si actuel. Les tcheou. à cette cpoque, n'étaient plus que de simnles dis-
tricts.
se produisit bientôt entre les rebelles. Les chefs nommés Fang-tsetan ®, Kan-ling-hoei*, Lo-tching-ouei*', Tchang-kieou-kiai® et Song-youen * offrirent de se joindre aux troupes impériales, avec plus de cinq cents de leurs principaux officiers, pour combattre Ou-tching-fei qui demeurait sourd aux propositions de paix. En une seule année, deux cents combats meurtriers furent livrés. Hoang-kien-yao, Tchin-tsong-yo, Leao-tien, Mo-chun, Leang-fong, Lo-tching et Mo-tsin furent successivement pris et décapités. Alors Ou-tching-tei et ses alliés perdirent courage ; ils s: chargèrent euxmêmes de liens et vinrent à la capitale du Kouei-tcheou, en attitude de suppliants, pour implorer la clémence impériale. L'Empereur donna l'ordre de les bien traiter, les gratifia chacun de plusieurs pièces de soie et leur laissa toute liberté de rentrer dans leurs foyers.
Cependant deux chefs du Si-youen-man, Tchang-heou* et Hia-yong®*, continuaient de tenir la campagne. Ils entrainèrent un troisième chef nommé Ou-kong-tsao *, s’allièrent avec les Leao commandés par Leang-isong'* et Kien-tan'!, dévastèrent les frontières chinoises, envahirent le T'ao-fcheou * et tinrent assiégée
la ville capitale de cette province pendant plus de cinquante jours.
OT 2, Aa. i vIh 41 NOÉ Ac RL USE 15 VE € az Dr 7 L vii ai Mi SU pi :? Fxtréme limite du Hou-nan actuel.
na, (ES Localité qui n'a pas changé de nom.
Le king-lio-sse * du pays de Kouei, nommé Hing-tsi, parvint à les repousser et leur fit de nombreux prisonniers, parmi lesquels se trouva Ou-kong-tsao ; mais il dut se retirer à son tour devant le flot croissant des barbares qui enveloppèrent de nouveau la capitale du Tao-tcheou, énergiquement défendue par son gouverneur Youenkia, et qui poussèrent leurs incursions jusque dans les fcheou de Chao! et de Yong‘. Une défection du général Quang-koue-leang, à qui le commandant supérieur des milices du Hou-nan, Sin-kingko, avait confié le soin de défendre l'entrée du pays de Ou-kang avec des forces considérables, acheva de porter le désordre à son comble. Ce général, jaloux de son autorité et irrité des ordres impérieux qu'il recevait, entra lui-même en pleine révolte; il rançonna les villes chinoises qu'il était chargé de protéger et trompa plusieurs fois, par de vaines promesses, les commissaires impériaux envoyés près de lui en parlementaires. À la première année kien-tchong (780)
cependant, les Si-youen-man s'étant retirés vers le Sud, Ouang-
koue-leang fit sa soumission *.
su l | 45 9 i | 4$ J'ai conservé ce titre de fonction- 7, Localité qui n'a pas changé
naire chinois, par la difficulté de le tra- de nom (Hou-nan méridional).
Les
duire d’une manière satisfaisante.
king-lio-sse étaient de hauts commissaires envoyés avec des pouvoirs très-étendus, pour représenter l'autorité impériale dans les pays tributaires où des troubles se pro-
duisaient,
su 74 . cl 4) Dans la circonscription actuelle
de Pao-king-fou.
#6 Cette rebellion d'un général chinois, auquel on envoie officiellement des parlementaires et qui finit par rentrer en uràce en se soumettant, est un fait qui semble étrange au premier abord, mais qui se rencontre assez fréquemment dans l'histoire de la Chine, aux époques de
guerres civiles et de grands troubles à l'in-
La dixième année tching-youen (794), le chef de la famille des Hoang, nommé Hoang-chao-king*', violait les frontières chinoises du gouvernement de Yong!* et le king-lio-sse Seou-kong-ki demandait instamment qu'on lui envoyàt des troupes, tirées des garnisons du Ling-nan, pour secourir les territoires envahis; mais l'Empereur Te-tsong, craignant de dégarnir cette province, se contenta d'envoyer des négociateurs et de lancer une proclamation menacante, dont les barbares d’ailleurs ne firent aucun cas. Ils occupèrent les quatre tcheou de Kin'*, de Hong®, de Tsin® et de Kouci®. Le fils de Hoang-chao-king, nommé Tchang-mien *, qui était habile et hardi, sempara encore de treize fcheou et se montra dès lors d’un orgueil intraitable. Yong-ming, gouverneur du Tang-tcheou, à qui l'Empereur en ces circonstances confia le commandement en chef des forces chinoises avec des pouvoirs très-étendus, parvint pourtant à faire changer les événements de face. Il attaqua vigoureusement les rebelles, les poursuivit sans relâche, et dans une campagne rapide leur reprit tous les {cheou qu'ils avaient conquis.
Au commencement des années youen-ho (806-820), le gouverneur du Yong-tcheou faisait prisonnier le chef nommé Hoangtching-king** et, l'année suivante, Hoang-chao-king lui-même se
térieur en méme temps qu'aux frontières i sk
de l'Empire. Ù Ki cd Hp “pg i È, ae Actucllement territoire 7 BI
du département de Nan-ning (Kouang-si ” is j0
méridional . 3; Dr x Ri
soumettait à l'autorité impériale avec plusieurs de ses adhérents. L'Empereur conféra à Hoang-chao-king le titre de tse-chi de Koueichun-tcheou et à son frère cadet Hoang-chao-kao* le titre de tsechi de Yeou-tcheou, ce qui n'empécha pas ces deux chefs d'accomplir peu de temps après de nouveaux actes de rebellion *f.
On eut aussi à combattre deux tribus obéissant à Hoang-chaotou?” et à Hoang-tchang-kouan**, qui s'emparèrent d'abord des tcheou de Pin®° et de Man et qui, dans la onzième année youenho (816), envahirent encore les {cheou de Kin ®! et de Hong ©’. Ces deux tribus furent châtiées et repoussées par les troupes impériales que commandait Ouci-youe, mais elles ne tardèrent pas à reprendre les armes et massacrèrent le gouverneur du Yen-tcheou 8.
L'inspecteur général Pei-hing-li affectait un grand mépris pour les forces militaires de ces barbares, qu'il jugeait faciles à dissiper. Il sollicita et obtint de l'Empereur Hien-tsong’la conduite d’une armée expéditionnaire, avec laquelle il promettait d'anéantir tous les rebelles. Les résultats de la campagne qu'il entreprit furent loin de
55 EE jh È 39 > a is 5 On a vu plusieurs fois déjà que " fo
l'Empereur conférait le titre de tse-chi 6! Ci-dessus, note 49.
(préfet) à des chefs indigènes soumis à la €? Ci-dessus, note 50.
suzeraineté de l'Empire, qui continuaient ‘3 Cet ancien tcheou comprenait la
ainsi de gouverner héréditairement les populations accoutumées à leur obéir.
partie méridionale du département actuel de Lieou-tcheou- fou, au centre du
Aouang-si.
répondre à son attente. Trois années s'écoulèrent, durant lesquelles on trompa continuellement l'Empereur en l’entretenant de victoires imaginaires, d'ennemis tués au nombre prétendu de plus de vingt mille et de prisonniers non moins nombreux qui n’existaient que dans les dépéches. La vérité fut que dans les deux cercles de Yong et de Yông il mourut huit soldats chinois sur dix, de blessures ou de maladies, et que le trésor public eut à supporter d'énormes dépenses sans qu'on obtint aucun fruit de tant de sacrifices. A Pei-hing-li incombait toute la responsabilité de ces désastres ; l'opinion publique était unanime à le condamner, et cependant la Cour lui confia plus tard le gouvernement important du Ngannan, à la suite des troubles dont cette province fut le théâtre sanglant. |
La première des années fchang-king (821), la Cour ayant donné pour instructions au king-lio-sse du gouvernement de Yông d'agir avec une grande prudence et de ne pas engager des hostilités, Yen-kong, ancien king-lio-sse du même pays, écrivit un placet dans lequel il conseillait, au contraire, de châtier vigoureusement la famille Hoang. Alors le vice-président du tribunal de la guerre, Han-yu, remit à l'Empereur un rapport qui concluait ainsi : « Les expéditions contre les barbares du Midi ont toujours eu des conséquences désastreuses. Les populations du Ling-nan sont clairsemées ; les lieux qu'elles habitent ne sont que des antres sauvages. Lors même qu'on parviendrait à détruire tous ces barbares, la
5! Ci-dessus, note 2. nan, ou Midi des montagnes de Ling, les 6 Ci-dessus, note 1. régions qui forment aujourd’hui les pro-
6 On comprenait sous le nom de Ling- vinces du Kouang-si et du Kowang-tong.
conquête de leurs territoires ne serait pas d'un grand profit pour l'État. Contentons-nous de les tenir en respect et de nous garder d'eux comme des fauves. S'ils violent nos frontières, il faut les repousser, mais sans les poursuivre jusque dans leurs tannières. Cette politique épargnera beaucoup de peines et beaucoup de frais. Je souhaiterais que Votre Majesté adoptàt désormais le nom de 7aking? pour celui des années de son règne, qu'une amnistie générale fut accordée à tous les barbares et que des commissaires fussent chargés de répandre au loin les bienfaits de la mansuétude impériale. Ces mesures ramèneraient les chefs insoumis à l’obéissance et, si l'on choisissait ensuite avec soin les mandarins envovés dans les provinces pacitiées pour y maintenir le bon ordre, on n'aurait plus de soulèvements à réprimer. » L'Empereur accueillit favorablement ce rapport et maintint les ordres donnés par la Cour, sans toutefois décréter l’amnistie générale que conseillait Han-yu.
Cette même année, la tribu de Hoang fit irruption dans le tcheou de Yong ®8, s’empara des postes fortifiés du 7'so-kiang 5° et, pénétrant dans le Kin-tcheou ”, enleva de même les postes fortifiés de Zsien-kin"\. L'année suivante (822), le Kin-tcheou tout entier était dévasté. Le chef des rebelles, Hoang-tchang-kien®, parut cependant effrayé de ses propres succès. Il envoya Tchin-chao-ki"
et autres de ses principaux officiers, au nombre de vingt, pour
Si Grande réjouissance, grande récon- 70 Ci-dessus, note 4n, ciliation. d + È | = i. F-1 6 Ci-dessus, note 2. ° ui El Fhl
i La iL Le fleuve de gauche. Voir di D dà mi
ci-dessus, p. 120 note So,
offrir de se soumettre à de certaines conditions que l'Empereur King-tsong accepta. Les tribus de Hoang et de Nong occupaient alors dix-huit fcheou. Quand le king-lio-sse investi des pouvoirs impériaux arriva parmi ces barbares, ils lui firent un excellent accueil; mais au moindre sujet de mécontentement qu'ils croyaient avoir, ils renouvelaient aussitôt leurs incursions sur les territoires chinois voisins de leurs frontières, sans qu'il fut possible de les retenir, et cinq cents soldats que le gouverneur du Ling-nan avait placés à Hong-tcheou” pour garder la route fluviale du Tso-kiang n'étaient pas de force à défendre ce passage, quand tout le pays était insurgé.
Au milieu des années fai-ho (827-835), Tse-lan, que le king-liosse Tong-Tchang mit à la tête des troupes chinoises, parvint cependant à tenir en respect les barbares de tous les antres, intimidés par la vigueur de ses actes et par la fermeté de son commandement. Les dix-huit fcheou payèrent régulièrement l'impôt ; les communications demeurèrent libres et les chemins sûrs. La tribu de Nong, remuante et nombreuse, essaya d’entrainer les Nan-tchao dans une ligue offensive contre l'Empire, mais l'Empereur Y-tsong déjoua ses mauvais desseins en faisant lui-même alliance avec le prince de Nan-tchao et en s'assurant le concourszélé de deux tribusbarbares, qui l'aidèrent plusieurs fois à battre et refouler un ennemi commun. Cette politique d'opposer les unes aux autres des tribus rivales ayant porté d’heureux fruits, un mandarin nommé Siu-yun-kien fut en-
voyé aux frontières du pays de Nan-tchao pour faire amitié avec
7 Territoire actuel de Nan-ning-fou (Kouang-si).
Nong-kin-le ">, chef des deux antres de T'si-mei'i et de Ho-tan". Siu-yun-kien réussit dans sa mission. Nong-kin-le reconnut la suzeraineté de l'Empire et contribua, par son attitude, au maintien de la paix.
Au temps des Song, la tribu ou famille Nong était depuis une longue suite de générations en possession du fcheou de Kouangyouen "8 situé au sud-ouest de Yong **, pays montagneux et d'un accès difficile où le fleuve Yo a ses sources et dont le sol renferme de l'or et du cinabre. Ce pays de Kouang-youen, important par ses bourgades populeuses et ses nombreux villages, figurait officiellement dans la circonscription du gouvernement de Yong, mais en réalité les Kiao-tchi, conquérants du Ngan-nan*!, l'avaient soumis à leur autorité et tenaient d’ailleurs tous les chefs de la famille Nong sous leur dépendance.
au sud de la ville de Hong-tcheou, venant
79 Ci-dessus, note =.
# Ce fleuve de Fo (ED { I) est celui que la carte de Klaproth indique. sous le nom de Yu-kiang. comme une continuation du Tso-kiang, qui change plusieurs fois d'appellation depuis sa source jusqu'à l'achèvement de son cours, selon l'usage chinois. Le To-sse-fang-yu dit,
en parlant du Yo-kiang : Ce fleuve coule
du pays de Fk JE Yong-chun. Il entoure la ville de Hong-tcheou et forme (avec un affluent un circuit complet qui l'a fait appeler H 1 I Youe- kiang (fleuve de lune, fleuve en forme de lune).
Ensuite il entre dans ie district de Kouei, du département de Tsin-tcheou-fou.
8! On a vu déjà que le Ngan-nan comprenait le Nord du Tong-king et le sudouest du A'ouang-s1i actuels. line notice historique sur le Æïao-ichi est donnée
plus loin.
Un chef du nom de Nong-tsiuen-fo* étant maître du pays de Tang-yeou*:, et son frère cadet, nommé Nong-tsun-lo “, du pays de Quan-yai*, tandis que son beau-frère (frère cadet de sa femme) appelé Nong-tang-tao commandait dans le pays de Ou-/e*, il arriva que Nong:tsiuen-fo tua (Nong)-tsun-lo et Nong-tang-tao pour s'emparer de leurs territoires. Le prince des Kiao-tchi, ne voulut pas laisser ces crimes impunis ; il envoya un corps de troupes qui cernèrent Nong-tsiuen-fo et le firent prisonnier, ainsi que son fils (Nong}-tchi-tsong ®. Sur le point de tomber entre les mains des Kiao-tchi et craignant que sa femme, appelée Ngo-nong,* ne fut emmenée en esclavage, Nong-tsiuen-fo la donna pour épouse à un riche marchand dont elle eût un fils nommé 7cki-kao ®. Ce Tchikao, quand il eût atteint l’âge de treize ans, assassina son propre père, disant qu'il en avait un déjà et qu'en ce monde on ne pouvait en avoir deux. Aussitôt il prit par usurpation le nom de famille Nong et se réfugia dans les montagnes du Lowi-ho *, où Ngo-nong le suivit et se remaria avec le chef Nong-hia-king *, qui était du cercle de Te-mo*. Quelques années plus tard, celui qui avait pris si auda-
n: 15 ZA ir ii Fr] 15 Ou Ouo-nong; de la fa-
#3 ia iù mille Nong, comme l'indique son nom, ui 1) É x: E et sœur de Nong-tang-tan. ainsi qu'il 8; te, È: résulte du texte précédent.
= {8 De 6 "EN
“I ii) Sur les bords de 7so- n a K kiang. | . Ò ki: Pe] JEU Ù CIRO) té, Hat di FF Ji Ci-dessus, p. 227,note 221.
cieusement le nom du premier mari de sa mère reparut tout à coup dans lc pays de Tang-yeou, s’en rendit maître et se proclama roi de Za-li°t.
Le prince des Kiao-tchi résolut de châtier Tchi-kao, ainsi qu'il avait jadis châtié Nong-tsiuen-fo. Il mit une armée en campagne. Le pays de Tang-yeou fut reconquis et Tchi-kao chargé de fers ; mais le vaincu sut gagner les bonnes gràces du prince qui le tenait captif et obtint, avec la liberté, le gouvernement des fcheou de Kouangyouen ®, Loui-ho ®, Pin-po”?, Hoei-tong*, et Sse-lang*. Durant quatre années, il garda les apparences d’un sujet fidèle ; ensuite il envahit le icheou de Ngan-te'%, en invoquant de prétendus griefs, s’intitula, cette fois, roi de Nan-fien!°! et décréta que les années de son règne porteraient le nom de king-choui!®.
La cinquième des années hoang-yeou (1053) ce roi de Nantien dévasta le Yong-tcheou et repoussa les Kiao-tchi qui essayaient de l'arrêter. Effrayé de ses progrès, le commissaire impérial du Kouang-si, nommé Siao-kou, eut la pensée de se défaire de lui par
di X FÉ Ne pas confondre ce Ù [o] LE
nom de Ta-li, avec celui qui a été men- Ù Hi ih
tionné précédemment à l'article Nan- 100 4 qui
tchao, et dont l'orthographe chinoise est soi Pei K (Ciel du midi).
différente (Voir ci-dessus, p. 226, notes 102 = Hi (Présages de splendeur).
217 et 218). On a vu que le scul fait de donner un 9 Ci-dessus, note 78. nom particulier aux années de son règne 6 Ci-dessus, note 91. était une déclaration d'indépendance
47 v Jr VE absolue, de la part d'un prince étranger.
un meurtre. Il chargea King-ping, l'un de ses officiers, du soin de le préparer et de l’accomplir; mais King-ping, à qui cette commission répugnait, prit sur lui d’attaquer Tchi-kao à force ouverte avec les troupes dont il disposait. Le succès ne répondit pas à ses résolutions généreuses ; il fut battu et conduit prisonnier devant le prince barbare.
Tchi-kao interrogea lui-méme son prisonnier sur les affaires de la Chine, ce qui amena King-ping à lui conseiller de rechercher la haute protection de l'Empire. Accueillant cette idée avec empressement, Tchi-kao écrivit des lettres pour l'Empereur dans lesquelles il sollicitait la faveur d'être admis à faire chaque année la visite d'hommage. Il chargea King-ping de porter ces lettres à la Cour, avec différents produits de son pays qu'il désirait offrir en tribut. Un premier refus de l'Empereur ne l'empêcha pas d'envoyer bientôt de beaux chevaux, des éléphants, de l'or et de l'argent, qui furent également refusés, par cette considération que celui qui les offrait devait être considéré comme un vassal du Kiao-tchi. Tchi-kao, sans se rebuter, essaya encore d'employer le bon vouloir du gouverneur de Yong-tcheou, nommé Tchin-kong, pour faire parvenir à la Cour un placet renfermé dans une enveloppe dorée; mais ce placet demeurant sans réponse, il vit clairement qu'il n'avait pas de secours à cspérer du côté de la Chine. Alors il prit le parti d'appeler autour de lui tous les proscrits et tous les mécontents, afin de grossir son armée. Il dissimula les mauvais desseins qu'il nourrissait par des moyens astucieux, de nature à faire croire qu'il manquait à la fois d’argent, d’'hommes et de vivres. Ses affidés parcouraient les marchés offrant leurs vieux habits en échange d’un peu de riz, et publiant faussement que la disette avait contraint les populations à se dissé-
miner. Ces bruits, répandus au loin, entretenaient le gouverneur du Yong-tcheou dans une sécurité trompeuse. Il crut que des barbares aussi affaiblis seraient incapables de rien entreprendre et négligea de maintenir ses places en état de défense.
Dès qu'il jugea le moment favorable, Tchi-kao ne manqua pas de le saisir. Il avait pour conseillers deux lettrés du Kouang-tcheou, Hoang-ouei et Hoang-chi-mi, et pour auxiliaires plusieurs chefs de la famille Nong, Nong-kien-heou ‘®, Nong-tchi-tchong 1 et autres, tous altérés du désir ardent de piller les provinces chinoises. Un soir, ils brûlèrent eux-mêmes les villages des barbares qui leur étaient soumis, feignant que le feu du ciel eût allumé l’incendie et disant à la multitude : « Le ciel a détruit tout ce que vous possédiez ici. Sa volonté manifeste est que nous nous rendions maîtres des pays de Yong et de Kouang. Que chacun de nous prenne donc les armes et combatte, s’il le faut, jusqu'à la mort 1%, »
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