‹ Atsume gusa (volume 2)Chapitre 70 sur 175 · E HH · texte numérisé non relu

E HH

195 Ce passage de notre texte est rédigé dans un style tellement concis que j'eusse été, je l'avoue, très-embarrassé de !c traduire, si je n'avais pu m'aider du Tongkien-kang-mou qui rapporte les mêmes faits avec plus de détails et dans lequel Jai dû puiser quelques compléments de phrases, indispensables en français pour la clarté de l'expression. Voici le récit du

Tong-kien-kang-mou :

« Première année hoang-yeou (1049):

Dès le commencement de la dynastie des Tang, la famille Nong était puissante dans le pays de Sï-youen. Son chef résidait à Kouang-youen. Vers la fin de la dynastie des Tang, il se soumit aux Xïaotchi, maîtres des contrées voisines, et fut constitué gouverneur de Tang-yeoutcheou. Nong-tsiuen-fo ayant été mis à mort par le prince des Kiao-tch1, sa femme se remaria avec un riche marchand dont

elle eut un fils appelé Tchi-kao, qui

La quatrième année hoang-yeou (1052) !%, à la quatrième lune,

usurpa le nom de famille de Nong et devint ainsi Nong-tchi-kao. Ce Nong-tchikao, arrivé à l'âge d'homme, s'empara du Tang-yeou-tcheou, aidé par l'influence de sa mère, et fonda un royaume auquel il donna le nom de Ta-li. Les Kiao-tchi l'attaquèrent et le firent prisonnier ; ensuite ils lui pardonnèrent et le créèrent gouverneur héréditaire de Kouang-youen. Nong-tchi-kao ne tarda pas à trouver un prétexte pour secoucr de nouveau le joug des XNiao-tchi. Il envahit le Ngan-titcheou, nomma cette fois son royaume Nar-tien, et fit appel à tous les proscrits pour recruter une armée, en même temps qu'il sollicita par ambassadeurs son admission au nombre des grands vassaux de l'Empire. La Cour ayant décliné ses offres et laissé sans réponse une lettre enfermée dans une enveloppe d'or adressée par lui à l'Empereur, Nong-tchi-kao irrité tint conseil avec des lettrés chinois du Houang qu'il avait pris à son service et, résolu à s'emparer du Aouang-nan (Kouang-tong et Kouang-si actuels), il usa tout d’abord de ruse, afin d'endormir la vigilance des

autorités chinoises. Ses affidés vendaient

leurs vieux vêtements pour acheter des vivres et répandaient le bruit qu'une grande famine avait dispersé les tribus de sa domination. Le gouverneur du Yongtcheou se laissa tromper par ces mensonges; il négligea de se tenir sur ses gardes, et les barbares ne manquèrent pas d'en profiter. Un soir, Nong-tchi-kao fit incendier les villages de ses tribus, et les chefs qui lui étaient dévoués dirent à la multitude : a Le feu du ciel a détruit vos demeureset vos biens. Il veut que nous nous rendions maîtres des pays de Yong et de Kouang. Que chacun prenne les armes et comhatte, s'il Ie faut, jusqu'à la mort.» La multitude les suivit. Cinq mille barbares descendirent le cours des fleuves et pénétrèrent dans le Yong-tcheou. Le commandant chinois de la forteresse de Hongkiang périt avec tous ses officiers, en essayant vainement de les arrêter. Alors, l'Empereur ordonna aux gouverneurs du Kiang-nan ct du Fo-kien de réunir leurs forces et de marcher au secours des territoires envahis. »

{06 Notre texte dit seulement : « la qua-

trième année, à la quatrième lune,» mais

Tchi-kao qui s'était emparé de la forteresse de Hong-chan!" et qui avait envahi le Yong-tcheou “8 à la tête de cinq mille soldats, massacra les autorités chinoises, s'arrogea le titre d’empereur sous le nom de Jin-hoei!° et décréta que les années de son règne seraient appelées ki-li 119, Un long temps s'était écoulé déjà sans que la paix ne fut troublée dans les provinces méridionales de l'Empire, au moment où cette révolte éclata. Les places fortes, mal approvisionnées, s'étaient peu à peu dégarnies de troupes et de munitions. Beaucoup d'officiers se retiraient précipitamment devant l'ennemi sans essayer de défendre les villes dont la garde leur était confiée. Tchi-kao s'avançait en triomphateur. Il occupa successivement

le Tong-kien-kang-mou permet d'établir qu'il s'agit de la quatrième année hoangyeou. Cette omission du nom d'années n'est peut-être qu'une inadvertance de l'auteur du Ouen-hien-tong-kao; peut-être aussi quelques lignes du manuscrit original, dans lesquelles une première mention des années hoang-yeou était faite, ontelles été retranchées par une erreur de copiste, ce qui expliquerait un manque de liaison qui règnerait aussi dans ce passage, si l'on ne s’aidait du Tong-kienkang-mou pour l'éclaircir.

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