TING-NGAN
Au milieu des années faï-ping-hing-koue (976-983), l'empereur Taï-tsong ayant résolu d'attaquer les Ki-tan fit proposer au roi de Ting-ngan de prendre part à la guerre et de l'aider à détruire l'ennemi commun. Le roi de Ting-ngan Ou-hiuen-ming* reçut ces ouvertures avec d’autant plus de joie que les Ki-tan ne cessaient de dévaster ses terres et de maltraiter ses sujets. L'alliance de la Chine lui apparut pleine d’espérances et, la sixième année faï-ping-hingkoue (981), en hiver, comme l'ambassade périodique des Niu-tchin portant le tribut à la Cour traversait encore son royaume, il lui remit pour l'Empereur une lettre écrite sur un rouleau de soie, dans laquelle lettre il était dit : « Moi, Ou-hiuen-ming, roi de Tingngan et sujet de l’Empire, établi sur un coin retiré de l’ancien territoire de mes pères, je gouvernais paisiblement les débris des Kao-li et des Po-hai* rassemblés par mes prédécesseurs. Pareille à la rosée bienfaisante qui entretient partout la vie, la protection de Votre Majesté descendait sur mon peuple et permettait qu'il fût heureux. Jadis, mes ancêtres ont pu soustraire aux cruautés et à la tyrannie des Ki-tan ces populations fugitives que moi-même, jusqu’à ce jour, j'ai su préserver de la servitude ; mais les habitants du Fou-yu-fou commencent à se réfugier dans mon royaume, et
3 F A HH. Une autre édition écrit | 76 | Ou-youen-ming.
4 On a vu précédemment que le Po-haï avait été conquis par le premier empereur des Ki-tan, Ye-liu-ngo-pao-ki.
3 Le Fou-yu-fou était le territoire de la
ville de Fou-yu appelée Fou-yu-tching,
qui avait fait partie du royaume de Pohaï détruit par les Ki-tan. Les habitants de cette province avaient résisté longtemps à la domination du Leao et leur chef était allé visiter l'empereur Taitsong pour implorer sa protection, ainsi
qu'il a été dit plus haut.
jamais nous n'eûmes à redouter des calamités plus terribles que celles dont nous sommes menacés en ce moment. J'apprends donc avec joie les intentions de Votre Majesté. Ses volontés seront obéies. Nous fournirons de braves soldats, impatients de venger nos injures. J'appelle de tous mes vœux le secours de la dynastie céleste, et je me prosterne humblement devant l’auguste Empereur. »
Cette lettre était datée de la sixième année youen-hing®, le dixième jour de la dixième lune.
L'Empereur répondit au roi Ou-hiuen-ming, en l'engageant à ne pas différer plus longtemps d'attaquer avec lui les Ki-tan, et chargea les envoyés des Niu-tchin, qui devaient traverser de nouveau le royaume de Ting-ngan pour retourner dans leur pays, de porter cet ordre impérial.
La seconde année touan-kong ‘989), toujours par l'intermédiaire des Niu-tchin, le roi de Ting-ngan offrit en tribut des che-
vaux, des plumes d'aigle et des flèches sonores’.
6 /L D. On rencontre des années des fl:ches garnies, au lieu de pointe, gouen-hing dans la chronologie chinoise, d'une boule en bois creux qui produit un mais à des époques très-éloignées de celle sifflement aigu annonçant leur passage dont il s'agit ici.— Ma-touan-lin rapporte et qui renferme aussi une petite cavité sans doute ce détail pour montrer que les propre à contenir un billet. Ces flèches rois de Ting-ngan donnaient desnoms chi- servent, à la guerre, pour transmettre des nois aux années de leurs règnes, à l'imi- avis à l'ennemi qu'on veut attirer dans tation des rois coréens. son parti ou avec lequel on a des intelli-
* Les flèches sonores, NÉ BA. sont gences. En cas de siège, on les lance par-