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204 L'ordre chronologique dans lequel Ma-touan-lin a placé ce document nous fait voir qu'il appartient à la première moitié du vue siècle, c'est-à-dire aux derniers temps du premier royaume de Aaolî, sous la domination des princes de ia race de Xao. L'influence chinoise se reconnaît aisément dans cette division des mandarins cn neuf classes. Ajoutons que plusieurs des noms qui leurs sont donnés paraissent étrangers à la langue chinoise, tels que ceux de fa-mo-ta, de mo-sa et de
mo-ke, mais que bon nombre d'autres ont,
dans cettelanguc, une valeur significative:
Ta-toui-tou-tsong-chi koue « grand touilou qui connaît de toutes les affaires du rovaume; » fa-hiong « grand frère ainé; »
tsao-y--teou-ta-hiong « grand frère aîné vétu de noir; » Tsao-y-sien-jin « ancien habillé de noir; » Ta-sse-tche « grand délégué; » Ling-tsien-jin « qui commande mille soldats, etc. »
203 Voir ci-dessus. p. 45.
206 ho A. litt. « rochers entassés. »
207 4 ti 208 Ce passage du Chou-king se trouve
dans lc chapitre Yn-kong. Il evplique la
ou les monts) Kie-chi à l'embouchure du Hoang-ho, était situé à eo
20 li au sud de Yeou-pe-ping*”. La montagne du ÆKao-li, dont il
est parlé ici, est donc le T'so-kie-chi ou Kie-chi de la gauche*".
route que suivaient les princes tributaires des pays au N.-E. de la Chine, qui venaient faire la visite d'hommage par le golfe du Leao-tong.
20 À AK P. aujourd'hui Tsun-
hoa.
310 Î n A. Par opposition avec le Kie-chi qu'on laissait à droite pour remonter le Hoang-ho. Cette dénomination n'est évidemment basée que sur un jeu de mots; mais le fait important signalé par notre texte est l'existence de deux Kie-chi qu'il ne faut pas confondre, l'un appartenant à la Corée et l'autre aux frontières du Pe-tchi-li. Klaproth a fait cette confusion dans son Aperçu des trois royaumes, où le même renseignement s'est trouvé reproduit. Elle l’a conduit à prendre les ruines de la grande muraille pour celles de Soui-tching et le Leao- (tong) pour le Leao-(choui), sauf à juger ensuite avec raison que « de telles assertions paraissaient peu exactes. » Essayons
cependant de montrer que cette note ren-
ferme, au contraire, des indications trèsnettes et d'un réel intérêt :
Dans son mémoire sur le chapitre Yukong, du Chou-king, Ed. Biot s'est appliqué à reconnaître la situation du mont ou des monts Kie-chi, afin de déterminer sûrement celle de l’ancienne embouchure du Hoang-ho, dont on sait que le cours a subi de grands changements depuis les premiers temps de l'histoire chinoise. Il a cru pouvoir établir que « Kie-chi, littéralement rochers entassés, était le nom d'une masse de rochers sur la côte de Fou-ning (dans le golfe de Pe-tchi-li), latitude 39° 57', au nord-est de l'embouchure du Pe-ho. »
Ed. Biot a suivi pour cette détermination l'avis de plusieurs commentateurs du Chou-king et notamment Tsaï-tchin, l'un des disciples de Tchou-hi; mais d’autres commentateurs veulent que les montagnes ou rochers de Kie-chi aient été de-
puis longtemps minés et recouverts par les
| empiétements de la mer, et James Legge,
Au nord-est de la ville de Ping-jang est la montagne Lou-
qui rapporte cette dernière version dans sa magnifique publication des classiques de la Chine, invoque comme un fait à l'appui qu'on n'aperçoit aujourd'hui sur la côte nulle trace de ces rochers fameux.
Les indications du Ouen hien tong kao sont donc ici doublement précieuses, en ce qu'elles fixent la position du mont ou des monts Aie-chi, de manière à expliquer qu'on ne les découvre pas sur la côte, sans cependant qu'ils aient été détruits par la mer.
La grande muraille, ou plutôt la grande barrière qui sépare le Leao-tong de la Tartarie, ne se soude pas exactement à la grande muraille proprement dite; mais part d'un noyau de montagnes auquel la grande muraille s'appuie, et ce point de raccord est à 30 ou 40 kilomètres de la mer, ainsi qu'on peut le voir sur la carte de D'Anville et sur toutes les bonnes cartes chinoises. Il est donc à présumer que le nom de HXie-chi désignait ce groupe de montagnes ou la plus élevée de celles dont il était formé. Les vaisseaux
qui pénétraient dans l'embouchure du
Hoang-ho laissaient à leur droite cette Land-mark, suivant l'expression de James Legge, et son prolongement méridional arrivait jusqu'aux flots mélés du vieux fleuve et de la mer.
Le dictionnaire Peï-ouen-yun-fou renferme plusieurs citations de nature à justifier cette hypothèse. D'après l'ouvrage intitulé Han chou ti li tchi (géographie des Han) « la grande montagne appelée Kiechi s'élève au milieu des terrains incultes à l'ouest du dictrict de Li-tching (aujourd'hui Fou-ning)» et par conséquent à une certaine distance de la côte. Le Chouiking, ou Livre des Eaux, la place au sud de Lin-yu, le pied baigné par les flots, mais sans spécifier si ce sont les flots d'un fleuve ou de la mer. Un autre ouvrage ancien dit que « ceux qui naviguent sur mer reconnaissent de loin le Kie-chi. »
Nous voyons enfin que Tsin-chi-hoang-ti fit démanteler un palais de Aie-chi, bâti par les princes de Yen, lequel était situé à 30 li, à l'ouest de Yeou-tcheou, aujourd'hui Yong-ping-fou, c'est-à-dire à 40 ki-
lomètres au moins de la mer.
yang-chan?!! sur laquelle est bâtie la ville de Lou-tching*"*. Au sud-ouest, à 20 /r, est le Quei-chan?", dont le versant méridional s'étend jusqu'au fleuve Pai-choui?!i. Le fleuve Ta-leao-choui?"
prend sa source au midi du mont Si-nan-chan?!, du pays des
Mo-ho, et passe par la ville de Ngan-chi*!. La rivière Siao-leaochoui*'*, sort des montagnes appelées Leao-chan?!°, se dirige au
En précisant 20 li au sud de Yeou-peping, aujourd'hui Tsun-hoa, Ma-touanlin recule encore un peu plus à l'ouest la situation de la montagne dans laquelle il faut reconnaître le Afe-chi, mais il ne fait que corroborer l'opinion exprimée par Ed. Biot, quant à l'emplacement de l’ancienne embouchure du fleuve jaune, vers le 30° degré de latitude.
211 ES bo Hi, chan veut dire montagne, comme ho, kiang, choui signifient fleuve ou rivière, tching une ville entourée de murs, etc.; c'est donc faire une sorte de pléonasme que d'écrire « la montagne Lou-yang-chan, » « la ville de Lou-tching,» «la rivière Paï-choui, etc. ,»
mais les noms ainsi composés forment le plus souvent, en chinois, des dénominations indivisibles, telles que Mont-Dore ou Mont-Blanc, en français. Cette obser-
vation me semble bonne à faire une
fois. en passant, pour n’y plus revenir.
247 R ih. Il sera fait mention plus loin de cette ville et de sa position géographique.
28 Jp oi XK. c'est-à-dire la petite rivière Leao, par opposition avec la grande rivière Leao (ta-leao-choui) mentionnée plus haut. Ces noms désignent évidemment le fleuve Leao proprement dit et l’un de ses principaux affluents. On devra consulter, à cet égard, la carte insérée tom. IV, p. 64, dans la Description de la Chine du P. du Halde. On trouvera plus loin aussi des indications pouvant
servir à identifier cet afluent.
219 37 LL, montagnes du Leao.
sud-ouest et se réunit au fleuve Z'a-liang*®, Ce fleuve Ta-liang coule d'abord à l'ouest du royaume dont il franchit les limites, puis il se mêle au Siao-leao-choui, en inclinant vers le sud-ouest. Le Matchai-choui*!, également appelé Ya-/o-choui®, a sa source au nord-est du royaume, dans le Pe-chan® (ou Mont-Blanc), du pays des Mo-ho. La couleur de ses eaux ressemble à celle de la tête du canard, ct c'est de là que lui vient ce dernier nom. Il passe à 500 li de la capitale du Leao-tong, coule au midi de Koue-noui-tching*? et reçoit, du côté de l’ouest, un affluent qui est le Yen-nan-chour**.
Il dirige alors son cours vers le sud-ouest et tombe dans la mer à
mk UP.
222 HÉ JE xk, ce fleuve, connu
sous le nom de Ya-lo-kiang, porte encore quelquefois le nom de Ngai-kiang ou Ngai-tcheou-kiang.
223 HI LI, cette montagne, l'une des plus hautes de l'Extrême Orient, est également appelée par les Chinois tchang-pechan (montagne toujours blanche). Elle est située environ au 42° degré de latitude et au 145€ de longitude.
224 Voir ci-dessus, note 115. Ce fragment géographique est cité dans l'Aperçu général des trois royaumes, p. 117. Klaproth, trompé par le sens apparent des
Caractères qui composent le nom de la
ville de Æoue-noui-tching (litt. ville de l'intérieur du royaume), a traduit ces caractères au lieu d'en donner simplement la transcription phonétique, ce qui lui a fait dire en parlant du cours du Ya-/okiang : « Ce fleuve coule au sud des villes qui appartiennent à l'Empire. » L'erreur géographique qui résulte de cette version ne se borne pas à l'effacement du nom de la ville de Koue-noui-tching, elle donne à entendre que les villes situées au nord du Ya-lo-kiang seraient regardées comme appartenant à l'Empire, opinion tout à fait opposée aux assertions de notre au-
teur.
235 ES IR bi . Le Tongg hia-oula
de nos jours.
Ngan-ping**. Ce fleuve est le plus grand du royaume de Kao-li; ses vagues sont fortes, ses eaux sont claires et limpides. Sa navigation exige des bateaux de très-grande dimension. Il est large de 300 pou???, et forme pour le pays une défense naturelle. Ping-jang en est éloignée de 480 li. Le Leao-choui en est à la même distance.
[Les territoires de Lo-lang et de Hiouen-tou étaient tombés sous la domination de la famille Kong-sun*?8 au temps de la dynastie des Han, et continuèrent à lui demeurer soumis jusqu’à la mort de Kong-sun-youen®?®, vaincu et dépossédé par Ming-ti, des Quei; ensuite ils retournèrent au Kao-li, dans les années yong-kia de la dynastie des Tcin (307-312). Quant aux villes de Pou-naï?%, Tunyeou?3, Tai-fang, Ngan-chi, Ping-kouo**, Ngan-ping**, Kiulong** et Tchang-tching**, dont les territoires étaient réunis sous les Han en un seul gouvernement, elles furent partagées entre le Tchao-sien, le Ouo-tsiu et les Quei-me 338]