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ce caractère est Hie, mais une annotation # Le texte dit littéralement que les am-
indique qu'il doit ici se prononcer Hia. bassadeurs se rendaient dans le Kiang-
nan, expression qui montre que l’investi-
5 [EI . ture leur était donnée par la cour des 46 Et ° Song, établie dans cette province, et non 47 UN . par l'empereur des Oueï, dont il sera parlé
plus loin.
48 Et. Le texte annote : EJ A.
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demander l'investiture, et l'Empereur, en accédant à sa demande, lui donnait invariablement le titre de échin-tong ta-tsiang-kiun, toutou Pe-tsi tchou kiun®. Il y eut un de ces rois qui envoya aussi des ambassadeurs à la cour des Oueï, en prenant lui-même le titre de fan“, ou grand vassal. Bientôt le Pe-tsi soutint une guerre malheureuse contre le Kao-li; ses princes se retirèrent dans la partie méridionale de leur territoire et, pendant quelque temps, demeurèrent affaiblis. Sous la dynastie des Liang, la deuxième année pou-tong (521), le roi du Pe-tsi nommé Yu-/ong® renouvela l'usage d'envoyer des ambassadeurs, et adressa des lettres à l’'Empereur pour annoncer qu'il avait, à son tour, vaincu le roi de Kaoli et qu’il venait de signer avec lui un traité de paix. Après la mort du roi Yu-long, le trône de Pe-tsi fut occupé par son fils Ming’,
SN À 16 HE EP A | de E] Æ. c'est-à-dire, en tra-
duction libre : généralissime des armées du Pe-tsi, grand gouverneur gardien des frontières de lorient. On a déjà vu des titres analogues octroyés aux souverains du Japon, ci-dessus pages 69, 70 et 71. »
«Hi “PR NE.
36 BA. Je crois devoir placer ici, à l’occasion du nom si bref de ce roi coréen, une remarque qui s'appliquera également à quelques-uns de ses prédécesseurs ou
successeurs et à plusieurs rois du Kao-li.
Kao fut ie nom de famille commun à tous les rois de Kao-li de la première race.
Ceux de la seconde race s’appelèrent Quang et, bien que Ma-touan-lin les ait désignés souvent par leurs noms personnels distinctifs tels que Youen, Tsang, etc., ou Ain, Hoei, etc., sans faire précéder ces dénominations des mots A0 ou Ouang, nous avons eu l'occasion d'indiquer qu'il s'agissait des mêmes princes appelés ailleurs Aao-youen, Aao-tsang, Quangkin, Ouang-hoeï, etc. Dans cette notice sur le Pe-tsi que nous traduisons, nous
voyons des rois s'appeler Fou-yu-tien ct
ORIENTAUX
Au temps de la dynastie (chinoise) des Tsi du nord (550-577),
une ambassade du Pe-tsi parut à la Cour. Il en fut de même sous
Fou-yu-tchang, d'autres simplement Yuong, Yu-long, etc., d'autres enfin porter des noms où la syllabe initiale yu ne se rencontre même pas; or si nous considérons d'abord que tous ces princes se faisaient gloire de descendre des rois du Fou-yu, dont le nom s'écrit précisément avec les deux caractères 8 fou BA yu, et dont il était naturel qu'ils rappelàssent le souvenir; et si nous observons, d'autre part, que Fou-yu-tchang, par exemple, est appelé dans cette même notice tantôt Ÿu-tchang, tantôt Tchang, tout court, tandis que le Tong-kien-kangmou appelle Yu-king le prince désigné par Ma-touan-lin sous le nom de Kingtaî, et que les documents consultés par Deguignes pour son Histoire des Huns lui ont fourni, sous le nom de Yu-ming, l'indication du prince appelé Ming, tout court, par notre texte, etc., nous arriverons à cette conviction que tous les rois du Pe-tsi ont dû porter le nom honorifique de Fou-yu devant leurs dénomina-
tions particulières (abrégées elles-mêmes
dans plus d’un texte), de telle sorte que Vu-yn, Yu-pi, Meou-tou, Meou-ta, etc., s'appelèrent très-vraisemblablentent Fouyu-yng, Fou-yu-pi, Fou-yu-meou-tou, Fou-yu-meou-ta, etc. En ce qui concerne ces deux derniers princes, aussi bien qu'en ce qui regarde le roi F-fse dont il sera parlé plus loin, le fait que leurs noms ne possèdent même pas le Yu initial s'explique aisément, pour qui connaît les tendances elliptiques de la langue chinoise, par le dissyllabisme qu’ils comportent déjà. King-tai, nous l'avons dit, est le même prince que Yu-king, dont le véritable nom devait être Fou-yu-king-taï ; mais là où il est appelé Yu-king, on retranche la syllabe fai, et là où le yw initial lui est donné, c’est la finale taï qui est retranchée. Il est certain que ces lois d'ellision ne sont pas absolues; Fou-yutien et Fou-yu-tchang nous en offrent la preuve, mais l'exception ne détruit point une règle générale, et cette exception nous donne ici la clef de ce que je viens de
signaler.
les Tcheou (du nord). Au commencement des années kaï-hoang
(581-600), le roi de ce pays, nommé Yu-tchang **, envoya des pré-
sents à l'empereur (Ouen-ti) des Souï, qui lui reconnut les titres de
prince de Taï-fang, du Kaï-fou supérieur ®° et roi du Pe-tsi. L'année
de la chute de la dynastie des Tchin (589), Yu-tchang adressa des
lettres de félicitations (à l’empereur des Soui). La huitième année
(kai-hoang)% il envoya de nouveaux ambassadeurs pour apporter
le tribut et aussi pour offrir le passage par son territoire aux armées
(chinoises) du Leao-tong. L'Empereur traita magnifiquement ces
ambassadeurs et les combla de présents; mais le Kao-li ayant
“ff El.
o E FA 7 DI À
Il a été question de la principauté de Taï-fang ou Taï-fang-kiun, ci-dessus page 28. Le Zai-fou ou pays de Kai qui devait son nom à la ville de Kaï-tching était situé au sud de Ping-jang et divisé en Aai-fou supérieur (Chang-kai-fou) et Kai-fou inférieur (Hia-kai-fou). Ce passage montre que la domination du Pe-tsi s'étendit, vers le nord, beaucoup plus loin que Klaproth ne l’a supposé en dressant les cartes de ses Tableaux historiques de l'Asie.
6! La huitième année kai-hoang serait l'année 588, mais je soupçonne ici l'omis-
sion d'un caractère dans le texte chinois
et je pense qu'il faut lire la dix-huitième année, c'est-à-dire 598. D'une part, il ne serait pas naturel que la mention d'une ambassade de l'année 588 vint après celle de l'année 589, qui lui est postérieure en date et, d'autre part, on lit dans le Tong-kien-kang-mou que, l’an 598, le roi de Kao-li ayant envahi le Leao-si, l'emreur Quen-ti envoya contre lui une armée qui s'embarqua sur les côtes du Leaotong pour se rendre par mer en Corée.
La flotte fut dispersée par une tempéte et forcée de rentrer dans les ports de la Chine, mais il ne paraît pas moins probable qu’elle se dirigeait vers la principauté de Tai-fang, où le roi du Pe-tsi aurait fa-
vorisé la descente des Chinois.
appris l'objet de leur visite, fit la guerre au prince qui se montrait si bien disposé à favoriser les armes chinoises.
Le roi Yu-tchang étant mort, son fils Yu-tchang® lui succéda. Dans les années fa-nie (605-616), le nouveau roi envoya des ambassadeurs pour offrir le tribut et pour demander l’autorisation de faire la guerre au Kao-li. Loin de refuser son assentiment, l’empereur Yang-ti chargea Yu-tchang de surveiller les desseins du voisin qu'il voulait combattre; mais Yu-tchang avait un traité secret avec le roi de Kao-li, et son unique intention était de sonder adroitement les dispositions de la cour chinoise. Dès le commencement des troubles qui devaient amener la ruine de la dynastie des Soui, les ambassades du Pe-tsi cessèrent d'arriver. Elles ne reparurent qu'après l'avènement de la dynastie des Tang, la quatrième année ou-te (621), époque à laquelle le roi Fou-yu-tchang® offrit de nouveau le tribut et renoua des relations suivies avec l’Empire. Comme ce prince se plaignit de ce que le roi de Kao-li fermait la route à ses envoyés, l'empereur Taï-tsong, la première des années fching-kouan (627), interposa sa médiation pour tàcher de rétablir entre eux la bonne harmonie. Il existait aussi entre le Pe-tsi et le Sin-lo %i des inimitiés héréditaires, chacun de ces deux
62 Ra Fi, La prononciation des noms 63 À ER Fi. Ce prince appelé pré-
de ces deux princes diffère, en ce que le cédemment ER ff Yu-tchang est apmot tchang est aspiré dans le premier pelé, un peu plus loin Fg Tchang, tout nom et ne l’est pas dans le second. Les court. Voir ci-dessus la note 58.
caractères qui les composent sont d’ail- 6 La notice sur le Sin-lo suit immédia-
leurs tout à fait distincts. tement celle-ci.
royaumes empiétant tour à tour sur le territoire de son voisin. L'Empereur expédia plusieurs dépêches scellées de son’ sceau, dans le but d’appaiser ces vieilles querelles, et le roi Tchang lui écrivit de son côté pour exprimer sa reconnaissance, mais les hostilités n’en continuèrent pas moins.
Tchang étant mort, son fils Ÿ-fse lui succéda. C'était un prince auquel sa piété filiale et sa tendresse pour ses frères avait mérité le surnom de Haï-tong Tseng-tse (le Tseng-tse des pays situés à l’orient de la mer). L'année qui suivit celle de son avènement, il fit alliance avec le roi de Kao-li; tous deux enlevèrent au roi de Sin-lo plus de quarante villes, et s'emparèrent en outre par trahison de la ville appelée Tang-hiang®, placée sur la route que de-
65 Tseng-tse est le petit-fils et l'un des plus célèbres disciples de Confucius. C'est à lui qu'on doit le Ta-hio, ou la Grande science, le premier des livres classiques, qui viennent immédiatement après les livres sacrés. On lui attribue également le Hiao-king ou Livre de la piété filiale, qui renferme des entretiens de Confucius sur la picté filiale, considérée par lui comme la plus précieuse de toutes les
vertus.
66 a sù Hi. D'après la version de
Klaproth {Aperçu général des trois royau-
mes) cette ville était située au nord-est
de Thsiouan-tcheou, ville indiquée sur la carte jointe au texte de cet ouvrage. Le fait historique rapporté ici se trouve mentionné dans le volume du texte, qui lui assigne pour date la douzième des années tching-kouan, ce qui fixerait l'avènement de Yu-tse à la onzième de ces années, c'est-à-dire à l'an 638. Klaproth donne la date de 1113; mais cette erreur manifeste vient de ce qu'il a confondu les années tching-kouan, des Tang (627- 649) avec les années tching-kouan, des
Hia (1102-1114).
vaient suivre les ambassadeurs du Sin-lo quand ils portaient le tribut à la cour de Chine. Le Sin-lo se hâta de dénoncer cette aggression à l'Empereur, qui enjoignit aux rois alliés de restituer les territoires envahis ; mais bientôt le Pe-tsi, profitant de ce que les Chinois étaient engagés dans une guerre avec le Kao-li, enleva de nouveau sept villes et plus tard encore dix villes®” au royaume de Sinlo. Ensuite, il suspendit ses visites d'hommage et cessa d’apporter le tribut. On vit cependant arriver des ambassadeurs de ce pays, quand l'empereur Kao-tsong monta sur le trône (650), et Kao-tsong écrivit au roi Y-tse une lettre dans laquelle il parlait ainsi : « Les trois royaumes à l'orient de la mer existent depuis l'antiquité 88. Leurs territoires se touchent, rapprochés et serrés comme les dents d’un chien; mais la discorde est entre eux, au point qu'ils ne peuvent rester en paix une seule année, et parce que la famine tourmente les populations des villes que vous, roi du Petsi, vous avez enlevées au roi de Sin-lo, c’est sur moi, le souverain Empereur, qu'on rejette la responsabilité de leurs souffrances. Je vous engage donc à rentrer dans vos limites. Houan, de Tsi, qui n'était qu'un prince feudataire sut jadis défendre les petits états
67 La plupart de ces villes n'étaient que des bourgades, mais dans l'impossibilité de distinguer le plus souvent leur importance relative, je traduis uniformément le caractère Hi tching par le mot
ville, de même que je traduis par le mot
royaume le caractère IR koue, qui dési-
gne aussi bien un grand royaume qu'une très-petite nationalité.
68 Ces trois royaumes étaient alors le Kao-li, le Pe-tsi et le Sin-lo, qui s'étaient appelés dans l’antiquité Ma-han, Pienchin et Chin-han :ci-dessus, page 21. 33
et 36.
contre les envahissements de plus fort‘. A plus forte raison, moi qui suis le maître du monde" ne saurais-je demeurer, indifférent aux malheurs de ceux qui réclament mon appui. Les villes que vous avez prises au Sin-lo, vous les lui rendrez, et le Sin-lo devra vous rendre aussi les prisonniers qu'il vous a faits. Si vous ne vous conformez pas à mes instructions, vous aurez vous-même appelé la guerre. Je déchaînerai les hordes innombrables des Ki-tan; je leur permettrai de traverser le Leao-tong et de dévorer vos provinces. Il sera trop tard alors pour vous repentir. »
Ces menaces n'intimidèrent point les ennemis du Sin-lo; la sixième année yon1g-hoët (655), ce royaume annonçait que le Pe-tsi, joint au Kao-li et assisté par les Mo-ho, venait de lui enlever trente villes à ses frontières du nord. L'Empereur se lassa et, la cinquième année hien-king (660), il donna l'ordre au général Sou-ting-fang de partir du T'ching-chan‘ avec des forces considérables pour aller
appuyer les troupes du Sin-lo et châtier les princes qui avaient mé-
6° Houan, prince de Tsi, était un des Le Tching-chan est une montagne
grands vassaux de l'Empire, sous la située à la pointe orientale du Chan-
dynastie des Tcheou, et vivait au milicu tong, à l’est de la ville actuelle de Ning-
du vue siècle avant notre ère. Les Tarta- hai. Il est probable qu'elle abritait un
res ayant envahi la principauté de Yen, sans que l'Empereur pùt la défendre, il accourut au secours du prince de Yen avec ses propres forces et repoussa les Tartares dans leur pays.
70 Litt. : « Moi qui suis le maître sou-
verain des dix mille pays.»
port favorable pour l'embarquement du corps expéditionnaire. Le Tong-kienkang-mou dit que Sou-ting-fang emmena cent mille hommes, et qu'il fit voile di-
rectement vers le Pe-ts1.
prisé ses ordres souverains. Sou-ting-fang trouva l'armée des Pe-tst qui l'attendait à l'embouchure du fleuve Hiong-tsing *, mais elle ne l'empécha point d'opérer son débarquement; il lui fit subir une sanglante défaite, et les fuyards ne durent leur salut qu’à la ressource d’un grand nombre de petits bateaux sur lesquels ils parvinrent à remonter le fleuve, en profitant du reflux qui les porta jusque dans la ville de Tching-tou"?. Le général chinois prit cette | ville d’assaut, après une défense opiniàtre, et coupa plus de dix mille têtes à l'ennemi. Y-tse emmenant avec lui son fils aîné appelé Long‘ se retira vers les frontières du nord de son royaume, où Sou-ting-fang le poursuivit et lui ferma toute retraite. Alors le second fils de ce prince nommé Tai” prit le titre de roi en s’efforçant d'organiser. une vive résistance; mais il arriva que le petit-fils de
Y-tse, nommé Ouen-sse 6, inquiet pour son père et pour lui du sort