ZE 4 Æ
39 Le P. de Mailla mentionne en ces termes l'arrivée des ambassadeurs envoyés par Chen-te à la cour de Chine, pour solliciter l'appui de l'empereur Taitsong (Histoire gén. de la Chine, t. vi, p. 102): « Les députés du royaume de
Sin-lo, AUTREMENT TOU-LO-LANG, qui sous
les Han s'appelait Tchao-sien, situé au sud-est du royaume de Xao-kiu-li, arrivèrent à la Cour et présentèrent un placet à l'Empereur, etc. » Frappé de la dénomination extraordinaire de Tou-lolang appliquée au royaume de Sin-lo, Jai voulu recourir au texte chinois du Tong-kien-kang-mou et j'ai trouvé le pas-
sage qui a causé cette erreur. Aiuen 40,
folio 32, on lit: à | re LA TH LL ce fl sE IR HP c'est-
a-dire : « Sin-lo est le nom d’un royaume des barbares orientaux. Sa capitale est au kiun de Lo-lang (autrement Lo-langkiun).» Par une distraction bien excusable au cours d'un aussi énorme travail que celui qu'il a su mener à bonne fin, le P. de Mailla a mis un point après le caractère IR (royaume), au lieu de le placer, comme il doit l'être, après le caractère K (nom), ce qui l’a conduit à ne donner au caractère Ul tou (capitale) qu’une valeur phonétique, en joignant la syllabe tou au nom de Lo-lang qui suit, de manière à former cette dénomination imaginaire de Tou-lo-lang, qui devenait ainsi un double nom du royaume de Sin-lo. Ce passage du Tong-kien-kangmou confirme encore le fait que j'ai signalé ci-dessus, note 2, touchant les li-
mites du Sin-lo dans la direction du nord,
ville de Choui-keou-tching®, ce qu'elle cut soin d'annoncer à l'Empereur.
À la mort de Chen-te, sa sœur cadette appelée Tchin-te!! monta sur le trône*?. L'année qui suivit celle de son avènement, la nouvelle reine envoya son fils Ouen-ouang** et son neveu 7chunisteou** à la cour de Chine. Les jeunes princes demandèrent à revêtir le costume officiel auquel ils avaient droit, selon les rites de l'Empire, et le ministre de la maison de l'Empereur leur fit remettre des vêtements d’une grande richesse. Ils se rendirent ensuite au Collége impérial‘, pour y entendre expliquer les cérémonies du culte bouddhique.
La première année du règne de l’empereur Kao-tsong (650), la reine Tchin-te attaqua les Pe-tsi et les battit. Elle envoya le fils de Tchun-tsieou nommé Fa-min*$ rendre hommage à la cour de Chine, en le chargeant d'offrir à l'Empereur une pièce de soie sur laquelle elle avait fait tisser des vers à sa louange et qui étaient ceux-Ci :
Combien ses étendards sont resplendissants !
Combien sa musique militaire est sonore!
En vain des peuples barbares chercheraient-ils à lui résister ;
Vaincus et humiliés, ils subiraient les effets de la colère céleste.
et il ne serait pas surprenant que deve- ‘2 Le Tong-kien-kang-mou fixe la date nus maîtres de l'ancienne capitale du de cet événement à l'an 648.
Tchao-sien, les souverains de ce pays 5 E +.
eussent mis à Lo-lang leur capitale. 44 # FK.
40 7k H ig. # Voir plus haut la note 348, p. 212. «E 16. 6 ŸE fl.
La grande dynastie des Tang a inauguré l’ère des grandes actions;
Majestueuse et puissante, elle jouit de la prospérité que donne la vertu.
Les triomphes de ses armes ont assuré une paix durable,
Et les lettres, qu'elle encourage, brillent sous son règne d'un éclat qu’elles
n'eurent jamais sous les règnes précédents.
Tirant du Ciel son origine, elle attire sur la terre une pluie divine.
Elle gouverne le monde avec une sollicitude éclairée, qui s'étend sur chacun et
sur tous.
Son influence bienfaisante égale celle du soleil et de la lune;
Elle entretient l'harmonie dans tout ce qui s'enchaîne et se meut.
Ceux qui cultivent les vertus antiques n'ont plus besoin de se cacher ;
De loin comme de près, on offre respectueusement d’heureux présages.
Un accord parfait se manifeste dans le cours des quatre saisons,
Tandis que les sept clartés illuminent régulièrement les dix mille contrées.
Tous les ministres sont choisis entre les plus méritants et les plus dignes;
Ils aident leur auguste maître à pratiquer la Justice et l'humanité.
Un même sentiment de droiture les anime, une même pensée les dirige,
Celle d'illustrer le temple des ancêtres de notre grande dynastie des Tang #7.
AT Toute cette pièce est remplie d’expressions tirées de Chou-king, et d'allusions empruntées aux premiers chapitres du livre des Chang, dans lesquels le ministre Y-yn vante les hautes vertus de Tching-tang, le fondateur de cette dynastie, en s'attachant à démontrer qu'il avait un mandat du ciel pour délivrer la Chine
de la tyrannie de ses prédécesseurs et
pour inaugurer l'ère de la justice et des grandes actions. On comprend la flatterie de ces allusions, dans une pièce adressée au petit-fils du premier des empereurs des Tang, et l'on ne saurait manquer de remarquer, comme un fait notable, cette connaissance approfondie du Chou-king portée jusqu'au fond d’un petit royaume
de l'extrême orient. J'ai cru devoir ren-
L'Empereur se montra sensible à ce témoignage de dévouement. Il éleva Fa-min à la dignité de Taï-fou-king"®.
A la cinquième année yong-hoei (655), la reine Tchin-te mourut. L'Empereur, qui la regretta sincèrement, lui décerna un titre posthume, offrit trois cents pièces de soie pour ses funérailles, auxquelles il voulut que des envoyés chinois assistàssent, et donna l'investiture à Tchun-tsieou** comme héritier du trône de Sin-lo.
L'année suivante (655), les Pe-tsi, les Kao-li et les Mo-ho assaillirent ensemble le royaume de Sin-lo et lui enlevèrent trente villes. Tchun-tsieou implora le secours de l'Empereur qui le prit sous sa protection, en lui donnant un titre honorifique’, et qui
dre quelques expressions des dernières strophes selon le sens qu'elles comportent plutôt que sous leur forme purement littérale, afin d'éviter de longs commentaires qui seraient ici sans utilité.
ot FF DEI. Le tai-fou-king était un grand officier de la couronne, chargé de la conservation des objets précieux contenu dans le trésor de l'Empereur.
On voit par cet exemple, et par d'autres exemples analogues, que les titres de fonctions donnés aux princes étrangers étaient purement honorifiques. Il en est de méme en Europe de certains titres, tels que de celui de chambellan.
1° Ci-dessus, note 44.
50 Le titre de WA LA 3; 17 Æ
4 FF à peu près : gouverneur général des forces militaires du cercle de Yu-y. LE La Yu-y est indiqué dans le premier chapitre du Chou-king comme étant le point le plus éloigné de l'empire d'Yao, du côté de l'extrême orient. Quelques commentateurs ont supposé que cette localité appartenait au Chan-tong; d'autres, y compris James Legge, ont pensé que l'empire d' Yao devait s'étendre jusqu'en Corée. Le titre donné par l'empereur Aao-tsong au roi Tchun-tsieou montre que les Chinois de l'époque des Tang étaient de ce dernier
avis.