so [pt]. 6° Voir ci-dessus, note 8, p
imémes par des fai-cheou®, au-dessous desquels étaient placés autant de siao-cheou"! que les kiun renfermaient de hien”?.
Fa-min étant mort, la première année kaï-yao (681), son fils Tching-ming"* lui succéda et envoya des ambassadeurs à la Cour, en demandant qu’on voulut bien lui donner les Rites des Tang et, de plus, un certain nombre de discours imprimés. L'impératrice Ou-heou accueillit favorablement sa requête. Elle fit remettre aux ambassadeurs une partie des rites de la dynastie des Tang, et cinquante fascicules de discours choisis.
Tching-ming eut pour successeur son fils Li-hong'i, lequel eut lui-même pour successeur Hing-kouang", son frère cadet. Durant les années kaï-youen (713-741), Hing-kouang envoya plusieurs ambassadeurs pour faire la visite d'hommage, offrant à l'empereur Hiouen-tsong " de petits chevaux de la race appelée ko-hia-ma"', des soicries de couleur d’aurore, des dents d’hippopotame, de fines peaux de poisson tacheté #, et enfin deux jeunes filles pour être mises au nombre de ses femmes. L'Empereur, considérant que ces jeunes
filles étaient toutes deux du sang royal, fut ému de l'idée qu'en les
k SF pn 2 Poncys. Voir à T0 JR AT, préfets. 1 Poncys. Voir ci-dessus, note 14, ila 7 /p =} , sous-préfets. P. 19.
72 Voir ci-dessus, note 8, p. 4. 78 Le texte porte ji 34, litt. : de 13 PX HA . léopard de mer, expression dont je n'ai N .
74 FH JE. pu constater exactement la synonimic, N Ts Bi JC mais qui désigne, je crois, la raie stephen
76 Le même qui est appelé aussi Ming- ou la roussette (squalus catulus). Voir ci-
hoang-ti. dessus, p. 10, note 15.
lui envoyant le roi de Sin-lo oubliait les coutumes de son propre pays, qui ne permettaient pas de donner des princesses pour femmes en dehors de leur parenté. Il ne voulut donc pas les retenir, et elles s’en retournèrent comblées de présents.
Un peu plus tard, on vit arriver à la capitale des jeunes gens de grandes familles, envoyés par le roi Hing-kouang pour étudier les livres sacrés et les classiques de la littérature chinoise, dans le collége des hautes études.
Plusieurs fois, l'Empereur fit parvenir à Hing-kouang des dons qui consistaient en soiries de diverses espèces, en vêtements brodés de plusieurs couleurs, en vases et objets précieux d’or et d’argent. De son côté, Hing-kouang offrait à l'Empereur des chiens et des chevaux rares, des faux cheveux en or jaune‘? et d’autres curiosités.
Les Po-hai8! et les Mo-ho étant venus ravager le Tengtcheou**?, Hing-kouang les attaqua et les chassa. L'Empereur l’ene récompensa par le titre de ning-hai-kiun-ta-sse**, afin de l'encourager à réprimer les incursions des Mo-ho. Hing-kouang mourut la vingt-cinquième année kaï-youen (737). L'Empereur fut très-sensible à sa perte; il honora sa mémoire en lui décernant un titre pos-
79 Voir ci-dessus, page 304. 8! Une notice sur les Po-haï viendra pag +
80 pri È Fo di, litt. : de beaux plus loin
. XX è faux cheveux en or jaune. Cette mention 8 ° « . . . . To ù » =: XK {E « paraît si extraordinaire que j'ai cru devoir si JR , c'est-à-
raprorter ici les caractères du texte chi- dire à peu près : grand délégué militaire
nois. qui assure la tranquillité de la mer.
thume®#i et décida qu'une mission chinoise irait assister à ses funérailles.
Tching-king®, fils de Hing-kouang, recueillit l'héritage de son père et devint roi. L'Empereur tint le langage suivant à Hing-cheou avant de l'envoyer en ambassade au Sin-lo, sous le règne de ce prince : « Le royaume de Sin-lo est surnommé le royaume des sages. On y étudie à fond les ouvrages en vers et en prose, et les ministres du Roi sont des lettrés de premier ordre. Veillez donc avec soin sur vos actions et sur vos paroles, en vous pénétrant bien de tout ce que les livres sacrés prescrivent, de telle sorte que ces étrangers aient une haute idée de notre grand empire, que vous allez représenter. » L'Empereur accorda le titre de Reine® à la première femme de Tching-king, et quand ce prince mourut il envoya des ambassadeurs chinois assister à ses funérailles.
Un frère cadet du roi défunt nommé Hien-yng®' fut reconnu pour son héritier. L'Empereur était dans le pays de Chou88 lors-
que les envoyés du nouveau roi, remontant le Kiang jusqu'à
un 8! Le titre de KR T XK TR.
sf sei. Ce titre est celui que portent les premières femmes de l’Empereur qui prennent rang immédiatemant après l'Impératrice; c'est également ceiui de ia femme légitime du prince héritier. Le texte dit litt. : « L'Empereur accorda le
titre de fe? à la première femme du Roi
La à! ld CI (nommée) il Po; » mais ce caractère
Po étant précisément celui qui a été employe plus haut pour indiquer le nom de famille (AE) attribué à tous les nobles du Sin-lo, on peut soupconner qu'il s'agit ici d'une appellation honorifique plutôt que d’un nom de famille proprement dit.
88 Le Sse-tchouen actuci.
Tching-tou**, vinrent lui faire la visite d'hommage. Hien-yng mourut à la première lune de la première année ta-li (766), laissant le trône à son fils Azen-yun®, encore adolescent.
Kien-yun envoya Ain-yn-kiu®! à la cour de Chine, pour prendre les ordres de l'Empereur. De son côté, l'Empereur décida qu'une mission chinoise se rendrait au Sin-lo, assisterait aux funérailles du roi Hien-yng et porterait les lettres d’investiture accordées à son successeur. Il arriva que le fsai-siang, ou premier ministre, essaya de s'emparer du pouvoir souverain et causa de grands troubles dans le royaume. Le calme se rétablit cependant après trois ans, et à partir de cette époque le roi Kien-yun ne cessa jusqu'à sa mort d'envoyer régulièrement chaque année des ambassadeurs, qui venaient faire la visite d'hommage et qui apportaient le tribut. Ce prince mourut, la quatrième année kien-tchong (780), et les hommes du royaume appelèrent à régner le premier ministre nommé
8 Capitale de la province, située sur les rives de l'un des affluents du grand Kiang ou fleuve bleu. également appelé Yang-tse-kiang. Pour accomplir un pareil vovage, les ambassadeurs du Sin-lo durent franchir un parcours de près de six cents licues de navigation sur le Aiang.
oo TZ ig On prononce également KRan-yun. Ta chronologie de l'Histoire
des Huns désigne à tort ce roi de Sin-lo
sous le nom de Auen-lien, évidemment par suite d'un confusion du caractère "eps .
LE gun avec le caractère bici lien.
91 4 (RG E. Le premier caractere étant nécessairement celui du nom de famille et ce nom étant È Ein, on voit que le personnage dont il s’agit appartenait à la famille royale. On pourra faire la méme remarque à l'égard de plusicurs ministres et hauts dignitaires qui
scront nommés plus loin.
hin-leang-siang*. L'Empereur ayant ratifié cette élection expédia des lettres d'investiture dans la première année hing-youen (784), mais Kin-leang-siang mourut presqu'aussitôt. Alors les hommes du royaume mirent sur le trône son oncle paternel appelé ‘Kingsin.
Après quatorze ans de règne, King-sin mourut sans enfants et la royauté du Sin-lo échut à son neveu Tsun-yong*. L’Empereur expédia des lettres d'investiture l’année suivante, mais à peine ces lettres parvenaient-elles à leur destination que déjà Tsunyong était mort.
Tchong-hing*, fils de Tsun-yong, fut élevé au trône et, la première année yong-tching (805), l'Empereur le reconnut officiellement. Trois ans plus tard, un ambassadeur de Tchong-hing, appelé Kin-li-ki®, vint remercier l'Empereur au nom de son maître, en présentant un placet dans lequel il s'’exprimait ainsi : « Il y a quelques années, l’Empereur avait daigné conférer à notre feu souverain Tsun-yong le titre de roi, en même temps qu'il avait accordé le titre de faï-feï°’ à son auguste mère, et le titre de choufeï*# à sa femme du premier rang. Le roi Tsun-yong étant mort prématurément, les lettres-patentes de l'Empereur son revenues à la capitale (de l'Empire). Moi, sujet, je demande qu’elles me soient
“& RH. E 9% Î#. On peut supposer que “È 7 fi.
Aing-sin est une abréviation de Æ 97 K
WI f5 Kin-king-sin. xa FX hf regina junior.
RE
remises, afin de les rapporter à ma cour. » Kin-li-ki demandait, en outre, pour le frère cadet du Roi, pour les ministres et pour les hauts dignitaires, l'autorisation de planter des hallebardes devant les portes de leurs palais. L'Empereur voulut bien accéder à toutes ces demandes.
Tchong-hing envoya deux fois le tribut ; 11 mourut la septième année yong-tching (811), laissant le trône à Yen-ching!® qui notifia la mort de son prédécesseur. Une mission chinoise se rendit en Corée pour assister aux funérailles du roi défunt; elle emporta de nouvelles lettres-patentes, conférant l'investiture à Yen-ching et à sa première femme le titre de reine.
Dans les années tchang-king (821-824) et pao-li (825-826), des ambassadeurs du Sin-lo vinrent à la Cour; ils logèrent dans le palais des gardes de l'Empereur. Yen-ching étant mort eut pour successeur son fils King-oueï!0t. Les cérémonies de l'investiture eurent lieu dans la cinquième année faï-ho (831 ©.
Au commencement des années kaï-tching (836, King-ouei envoya son fils Y-tsong!° à la Cour, afin de remercier l'Empereur. Ce prince sollicita l'autorisation de loger au palais des gardes, ce qui lui fut accordé. ll y demeura jusqu'à l’année suivante. Cette
99 On lit dans le Pei-ouen-y-un-fou que riale. Les grands dignitaires en avaient de l'usage de planter des hallebardes devant dix à seize. Ce curieux détail montre le les portes des palais, comme marques désir que témoignaient les princes étrandistinctives et honorifiques du haut rang gers d'imiter la Chine en toute chose.
*— de ceux qui les occupaient, commença à 0Z FF: | E1 4 ny s'établir sous les Tang. Vingt-quatre hal- 101 *Grt 1 Ft À
2 yes lebardes indiquaient une résidence impé- 103 6 Tri.
même année, des sujets du roi de Sin-lo au nombre de cent cinq, les uns après avoir occupé diverses charges à la Cour, les autres après avoir perfectionné leurs études, s’en retournèrent dans leur pays. |
Parmi les étrangers du Sin-lo venus à la Chine, il y en cut deux, nommés Tching-nien'® et Tchang-pao-kao!", tous deux très-instruits dans l'art militaire et très-habiles à manier la lance. Tching-nien était un excellent plongeur et pouvait parcourir rapidement cinquante /i sans que sa respiration fut altérée. Aux exercices du corps, il l’emportait de beaucoup sur Tchang-pao-kao. Tchingnien donnait à Tchang-pao-kao le nom de frère aîné; ils étaient d’ailleurs à peu près du même âge, montraient une égale aptitude pour les choses de l'intelligence et, comme la plupart de leurs compatriotes au service de l'Empire, s'étaient adonnés au métier des armes. Tchang-pao-kao retourna dans son pays, alla trouver son roi et lui dit : « Les habitants de la Chine regardent ceux du Sin-lo comme une race d'esclaves. Il serait à désirer que la mer fut bien gardée, afin que les pirates ne puissent plus désormais enlever et vendre vos sujets. La route maritime de l’ouest est surtout celle qu'il conviendrait de surveiller. » Le Roi donna dix mille hommes à Tchang-pao-kao, avec le mandat de faire lui-même bonne garde, et c'est ainsi que, depuis les années fai-ho (827-835), on ne vit plus d'habitants du Sin-lo enlevés par des pirates et vendus sur les marchés. Tandis que Tchang-pao-kao était arrivé aux honneurs dans son royaume, Tching-nien souffrait du froid et de la
al Bb Æ. wi TR È.
ATSUME GUSA. 9. 7j 140
faim sur les bords du fleuve Zien!®. Un jour, il dit à Fong-youenkoueî, qui commandait une compagnie de soldats : « Je désire reprendre le chemin de l'Orient et demander à Tchang-pao-kao les moyens de vivre. » Fong-youen-kouei lui répondit : « Vous n'ignorez point la charge que remplit Tchang-pao-kao. C'est plutôt la mort que vous irez chercher auprès de lui. » Mais Tching-nien répartit : « Mourir de faim et de froid est pire que de mourir sous les armes. Mieux vaudrait d’ailleurs pour moi mourir au service de mon pays. » Il partit donc, et Tchang-pao-kao l’accueillit amicalement avec de grands témoignages de joie.
On venait d'apprendre au Sin-lo que le premier ministre avait fait périr son souverain. Le désordre régnait partout; le royaume était sans maître. Partageant ses soldats, Tchang-paokao en placa cinq mille sous le commandement de Tching-nien, qui le remercia, les'larmes aux yeux, de la confiance qu'il mettait en lui. Tching-nien marcha sur la capitale, détruisit les rebelles, délivra l'héritier du trône et instruisit Tchang-pao-kao du succès de son expédition. Le nouveau roi prit Tchang-pao-kao pour ministre, en le remplaçant par Tching-nien dans la charge de gardien de la mer.
Le Sin-lo cessa d'envoyer le tribut après les années hocitchang (841-846) ct jusqu'à la première année tchang-hing des Tang postérieurs (930), époque à laquelle on vit arriver des ambassadeurs du roi Kin-po-y1g!°. Enfin, la quatrième année fchanghing (933), une ambassade du prince Ki-pou!", qui gouvernait
à A IE | | { , fleuve du ou nan. 107 ST. ISF. Le titre de roi (ouang) est
++ PS N # .» LI pe 106 4 È il D AE donné par Ma-touan-lin à Aiîn-po-yng,
alors le Sin-lo, parut encore à la Cour. Kin-po-yng et Kin-pou se succédèrent l’un à l’autre. Ce sont les deux derniers souverains
du Sin-lo dont les historiens aient conservé la mémoire. Il n'est
plus fait mention de ce royaume dans les siècles suivants.
tandis qu'il qualifie seulement Kin-pou du titre de kiuen-tchi-koue-sse, littéralement qui pèse et gouverne les affaires du royaume, expression que nous avons déjà rencontrée dans la notice sur le Kao-
kiu-li (ci-dessus, p. 209), et qui semble
désigner une sorte de maire du palais.
Toutefois, Ma-touan-lin spécifie nettement que K'in-pou doit être mis au nombre des rois de Sin-lo, puisqu'il ajoute, à la ligne suivante, que ces deux princes
se succédèrent sur le trône : tt SN
LR
OUO-TSIU'
fx Ouo-tsiu oriental est situé à l'orient des monts Kai-mata? du Kao-kiu-li, au bord de la grande mer. La forme de
son “territoire est étroite de l’est au nord, et large d'environ mille li, de l’ouest au midi. Au nord, il a pour frontières les pays de Y-leou ct de Fou-yu'; le pays des Oueï-me* le borne au midi. Il renferme environ cinq mille feux ou familles*. Il n’a point de roi ou grand
chef souverain; les cités et les villages ont seulement des chefs qui se
' Klaproth : Wou-tsiu; Deguignes : consacre au Ouo-tsiu (Tableaux histori-
Ouo-tçou. ques de l'Asie), Klaproth écrit : « Ce FE HE X. peuple comptait cinq mille hou, ou cinq 3 Dont la notice vient plus loin. cents familles, » erreur énorme dont l’ex- 4 Ci-dessus, p. 39. plication est donnée plus haut, p. 22, S Ci-dessus, p. 16. note 7.
f Dans la notice de cinq lignes qu'il
OUO-TSIU. 323
succèdent héréditairement et qui portent le nom de Tchang-choui?. Le langage des habitants ressemble beaucoup à celui des Kaokiu-lr.
Originairement le Ouo-tsiu reconnut la souveraineté de Queiman, cet émigré de Yen qui s'était emparé du Tchao-sien*. Sous la dynastie des Han, quand l’empereur Ou-ti conquit le Tchaosien et fit périr le petit-fils de Oueï-man appelé Yeou-kiu, dans la troisième année youen-fong (108 av. J.-Ch.), le Ouo-tsiu fut divisé en quatre kiun°, dont la ville de Ouo-tsiu (Quo-tsiutching) devint la capitale. Plus tard, ces territoires ayant été envahis par les Oueï-me '°, la résidence du fonctionnaire chinois qui les gouvernait fut transférée au nord-ouest du Kao-kiu-li, dans la ville appelée aujourd’hui Hiouen-tou!!. Le Ouo-tsiu a relevé aussi de Lo-lang, quand les Han, en considération de l'éloignement et de la ‘vaste étendue des régions situées à l’est des monts Tan-ta-ling!?, eurent institué pour les gouverner un grand mandarin du titre de
È BI. On a vu précédemment
que les chefs de l’ancien Tchao-sien portaient un titre analogue, qui était celui de Kiu-choui (p. 17, note 6).
8 V. ci-dessus, p. 10.
9 V. ci-dessus, p. 4, note 8.
10 V. ci-dessus, p. 16.
H Ci-dessus, p. 14, note 33. L'orthogra-
phe généralement suivie pour le nom de
cette ville est A a Hiouen-tou. Ce-
pendant, on le trouve écrit parfois JG
| Youen-tou, ce qui explique des variantes regrettables dans les ouvrages, en langues européennes, où ce nom se trouve mentionné.
12V. ci-dessus, p. 17, note 5. Tan-taling est à la fois le nom d'une montagne et de la chaîne à laquelle cette montagne
appartient.
Tong-pou-tou-oueïl*, qui résidait dans la ville de Po-nai!!. Ces régions avaient été partagées en sept hien!*, et le Quo-tsiu formait l’un d'entre ecux!5. La sixième année du règne de l'empereur Kouang-ou, des Han (61), le gouverneur chinois des frontières orientales fut supprimé. On confia le gouvernement des hien à des chefs indigènes, qui reçurent le titre de heou!. Po-naï, Tseng-li'8, Ouo-tsiu devinrent autant de principautés ayant chacune leur heou. Ces barbares ne cessant de se faire entre eux la guerre, de grands changements s’opérèrent, et les heou de Po-nai et de Quei! finirent par être les seuls à se maintenir sous des titres différents; ils étaient de la race des Quei-me. Les Kiu-choui, ou chefs des villes et villages du Quo-tsiu, prenaient tous la qualification de San-lao*, titre dont l’origine remontait au temps de l'organisation du pays par hien.
Le Ouo-tsiu étant faible et petit fut toujours à la merci des états plus puissants entre lesquels il était enclavé. Il passa sous la domination du (Kao)-kiu-li, qui confia le soin de l’administration
13 BR AL AP Ei. 0 — %,. On lit dans le Peï-ouen-
14 À I, orthographié précédem- yun-fou que ce titre fut créé par l'empe-
ment par erreur Pou-naï. reur Ho-ti, de la dynastie des Han, qui 15 V. ci-dessus, p. 4, note 8. régna de l'an 89 à l'an 105 de notre ère. 16 V. ci-dessus, p. 17. Ceux qui le reçurent originairement fu-
17 {KR L'un des titres de noblesse de rent des notables des contrées rurales,
l’ancienne féodalité chinoise. — Voir p.3, âgés au moins de cinquante ans, lesquels
note 6. furent investis d'une sorte d'autorité mu-
18 ci Fe. nicipale très-étendue.
OUO-TSIU. 325
intérieure aux personnages influents du pays, comme avait fait le gouvernement chinois, et qui déléguait lui-même des fonctionnaires appelés ta-kia?! pour lever des impôts en foiles de Me*?, pois-. sons, sel et autres produits de la mer. Les (Kao)-kiu-li prélevaient encore, en tribut, un certain nombre de femmes et de jeunes filles du Quo-tsiu, qu'ils traitaient commedes esclaves et dont ils faisaient des servantes ou des concubines. |
Le sol du Ouo-tsiu est fertile et d’un bel aspect. Le versant des montagnes tourné vers la mer est propre à la culture des cinq céréales, et les champs sont très-bien cultivés. Le naturel des habitants est simple et droit. Ils sont courageux et robustes. Ils ne possèdent qu'un petit nombre de bœufs et de chevaux. Ils manient habilement la lance et combattent toujours à pied. Leur nourriture, leurs boissons, leurs maisons, leurs vétements et leurs usages sont à peu près comme au (Kao)-kiu-li. Pour placer les morts, ils construisent de grands cercueils en bois longs de dix fchang?3, avec une porte ou fermeture mobile, du còté de la téte, à leur extrémité. Les morts sont d'abord enterrés sans linceul, la tête scule étant couverte. Quand les chairs ont disparu, les ossements sont mis dans le grand cercueil qui renferme ceux de toute une famille. Sur le bois du cercueil est sculptée l’image de chaque mort dans l’atti-
tude d'un vivant, et le nombre de ces figures indique ainsi le nom-
2 X JU. nois, est long d'environ trois mètres. Les n 3[| Thi , c'est-à-dire, toile du pays dimensions d’un pareil cercueil sembledes Oueï-me, ou d'une fabrication origi- ront bien extraordinaires. Le texte de naire du pays des Quei-me. mes deux éditions de Ma-touan-lin n’offre
.# Le tchang, mesure de dix pieds chi- cependant aucune variante en cet endroit.
bre des morts que le cercucil contient. Un petit vase rond en terre cuite, rempli de riz, est suspendu avec une corde près de la porte du cercucil.
Sous la dynastie des Oueï, lorsque Mou-kieou-kien châtia le iKao,-kiu-li, le roi de ce pays nommé Kong se réfugia chez les Quotsiu, qui curent beaucoup à souffrir. Mou-kicou-kien occupa leurs villes et leurs villages, leur coupa beaucoup de tétes et leur fit plus de trois mille prisonniers. Le roi Kong dut s enfuir dans le Quotsiu septentrional, qui est à huit cents li au-delà du Ouo-tsiu méridional ct auquel on donne quelquefois le nom de Tchi-ke-leou?'. Les meurs des habitants du nord ne diffèrent point de celles des habitants du midi; mais les Quo-tsiu du nord étant voisins des Yleou sont exposés aux brigandages de ces barbares, qui arrivent sur des barques ct qui inspirent une grande terreur. Le soin de se garder fait qu’ils vivent retirés, tant que dure l'été, dans les grottes et dans les antres profonds de leurs montagnes. L'hiver seulement, quand la glace a fermé les routes navigables, ils descendent de leurs retraites et reviennent habiter leurs villages.
Quang-ki ayant poursuivi le roi Kong jusqu'aux limites orientales du Ouo:tsiu *”, interrogea les anciens de ce pays pour savoir s'il cxistait des régions habitées à l'orient de la mer qui baigne leurs côtes, Les anciens du pays lui répondirent qu'il était arrivé à des pêcheurs de leur nation de se voir entrainés par les vents pendant quelques dixaines de jours, et d'aborder dans une île dont les habi-
ui neo it VELI SA fr ANT Di UL, ou bien jd, TH UL 23 V’, ci-dessus. p. 160.
Zuhi-keou-leou, suivant une autre edi-
tion du Ouen hien tons kau.
OUO-TSIÙ. | 327
tants parlaient un langage qu'ils ne comprenaient pas, ajoutant que ces insulaires avaient coutume de noyer une jeune vierge dans la mer, tous les ans, à la septième lune. Les anciens du Quo-tsiu lui dirent encore qu'il y avait, au milieu de la mer, un autre royaume uniquement peuplé par des femmes. Ils lui rapportèrent, enfin, qu'une fois on avait trouvé, émergeant des flots, un vêtement de toile assez semblable à ceux qu'ils portaient eux-mêmes, mais avec des manches de trois tchang*$ de long, et qu'une autre fois un navire brisé ayant été jeté sur la plage, il en était sorti un homme à deux visages??, dont on ne put se faire comprendre et qui, refusant
toute nourriture, se laissa mourir de faim.
Tous ces rapports indiquaient des pays situés au loin dans la
grande mer, à l’orient des côtes du Quo-tsiu?8,
% Encore une évaluation par tchang qui paraît singulièrement exagérée. Peutêtre une erreur fut-elle commise lorsque le Ouen-hien-tong-kao fut imprimé pour la première fois, et le manuscrit original portail-il le caractère R tchi (mesure de trente centimètres), au lieu du caractère > tchang qui représente dix tchi; mais les deux éditions de Ma-touan-lin que je possède renferment également ce dernier caractère.
11 Litt. : qui avait un second visage
derrière la téte.
28 La mer qui se trouve à l'orient du Quo-tsiu étant la mer du Japon et non le Grand Océan, il serait difficile de supposer que l'île où furent jetés les pêcheurs du Ouo-tsiu ait été placée au-delà du demi-cercle formé par les îles de Tarrakai, d'Yeso et du Japon. Quant à ce royaume des femmes dont il est fait ici mention, il est bon de remarquer, en passant, qu'il s'agit d'un pays dont les habitants du Quo-tsiu avaient entendu parler, mais non point d'une terre où ils
eussent abordé.
CR
ATSUMF GUSA. 10. 75
Y-LEOU ou Y-LIU
ia
ouang, de la dynastie des Tcheou?, ce peuple offrait régulièrement
BE
E Ÿ-leou ou Y-liu! est, dit-on, l’ancien royaume des Suchin*. Au temps des empereurs Ou-ouang et Tching-
en tribut des flèches faites avec le bois de l'arbre kou*, dont la
pointe était formée d'une pierre très-dure. Ensuite, pendant mille
ans, malgré la puissance des Tsin et des Han, ils cessèrent de
* Le caractère Li se prononce également leou ct liu.
2 Voir ci-dessus, page 160, note 85.
Suivant Klaproth, les anciens Su-chin furent appelés }-leou, au premier siècle de notre ère. Plusieurs prononciations différentes étant attachées aux caractères
chinois qui entrent dans la composition
du nom des Su-chin, ce nom s'écrit aussi Su-tchin, Siu-chin, Siu-tchin. Deguignes a même écrit So-chin, dans son Histoire des Huns. 3 Au XIIe siècle av. J.-Ch.
4 Fa. D'après le dictionnaire Yun-fou-
kiun-yu, c'est une espèce de châtaigner.