Y-LEOU
venir à la Cour*. Sous la dynastie des Quei, à la fin des années king-youen (263) ct du vivant de Tchang-tao-hiang®, ils recommencèrent à envoyer un tribut consistant en flèches de bois de kou, pierres dures taillées pour les pointes de flèches, arcs, cuirasses, peaux de martres zibelines, etc.
Ce pays est situé au nord du mont Po-hien-chan', à plus de mille /? au nord-est du Fou-yu; il est baigné par la mer orientale, et confine, au sud, avec le Ouo-tsiu. Du côté du nord on ne sait pas où s'arrétent ses frontières, qui s'étendent sur une longueur de plusieurs mille /;. C’est une contrée si montagneuse et si remplie de précipices que les chars et les cavaliers même ne peuvent la traverser. Les habitants ressemblent à ceux du Fou-yu pour l’extérieur, mais parlent une langue tout à fait différente. Ils cultivent les cinq céréales, ont des bœufs et des chevaux et portent des vêtements de chanvre. On trouve chez eux du jade rouge et de trèsbelles fourrures de martre zibeline.
Les Y-leou n’ont ni princes ni grands chefs. Chaque bourgade et chaque village obéit à son chef particulier. Ils habitent au milieu des forêts qui couvrent leurs montagnes; ils creusent des demeures souterraines, pour S’abriter contre la rigueur excessive de leur climat. Le plus ou moins de profondeur de ces cavernes correspond au plus ou moins d'importance de celui qui les occupe. Tel personnage considérable loge sa famille dans une série de grottes, où l'on compte jusqu’à neuf escaliers intérieurs.
5 Litt. : ils ne purent venir. 7 A IX LI °
6 Désigné comme empereur sous le nom .
de YVoucn-ti.
Ces barbares se plaisent à élever des porcs. Ils se nourrissent de leur chair, font des habits avec leur peau et de plus, pendant l'hiver, s'enduisent le corps avec leur graisse dont ils forment une couche très-épaisse, afin de se garantir du vent et du froid. En été, ils vont nuds, n'ayant qu'une simple pièce de toile d'un pied de long, qui pend au-dessous de leur ceinture. Ils sont puants et trèsmalpropres, ne se lavent jamais, et ne craignent point les odeurs les plus répugnantes*®. Ils ne connaissent aucune écriture ; leur parole vaut un contrat. Ils s'assoient par terre, les jambes allongées. Ils foulent la viande avec les pieds avant de la manger, et quand elle est gelée, ils s'assoient dessus pour la faire dégeler. Leur sol ne produisant pas de sel, ils y suppléent en brûlant du bois et en employant la lessive de cendre à l’assalsonnement de leurs mets. Tous se tressent les cheveux. Pour une demande en mariage, le jeune garcon pose simplement quelques plumes dans la chevelure de celle qu'il désire épouser. Si la jeune fille est consentante, il l'emmène aussitôt et les présents de noce viennent ensuite. Les femmes ne sont chastes qu'après le mariage; jusque là, leurs mœurs sont très-impudiques. Quelque soit leur âge ou leur condition, les morts sont enterrés dans les champs, le jour même de leur décès. On les met dans un petit cercueil de bois grossièrement fait; on tue un. porc, et on le laisse sur la sépulture du mort comme pour lui servir de nourriture, D'un caractère violent et cruel, hommes et femmes s encouragent mutuellement à ne montrer aucun signe de deuil. A
la mort du père ou de la mère, les enfants eux-mêmes ne versent
8 Très-littéralement : Faciunt latrinam in medio ;habitationis), et circa cam
dormiunt,