‹ Atsume gusaChapitre 88 sur 111 · EE T · texte numérisé non relu

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de le porter. Sa suite, du reste, ne dépasse guère le nombre de dix personnes. Les petits rois se servent pour le même usage d’un banc de bois, sur lequel est sculptée quelque figure d'animal.

Les hommes de ce royaume aiment à guerroyer entr'eux. Ils sont tous courageux et robustes. Ils courent avec une vitesse extraordinaire. Ils supportent sans mourir de très-graves blessures; ils savent souffrir patiemment. Chaque antre est comme une tribu qui a son corps de troupes, et quand deux antres se déclarent la guerre, aucune ligue ne se forme en faveur de l’un ou de l’autre ; la querelle se vide toujours isolément. Dès que les deux partis sont en présence, trois à cinq des guerriers les plus braves sortent respectivement du groupe auquel ils appartiennent et marchent au devant de leurs adversaires. Ils sautent, ils poussent de grands cris, ils échangent des injures et des menaces, ils saisissent leurs arcs et se lancent des flèches. Le parti qui voit tomber ses champions prend immédiatement la fuite et s'empresse de demander la paix. La réconciliation est bientôt faite. On ramasse les morts, et l’on se réunit pour les manger. Celui qui a tué son adversaire en prend le crâne et le porte au Roi. Le Roi donne au vainqueur un bonnet, et ne manque pas de lui conférer en même temps un titre de chef.

Le peuple ne paie pas d'impôt régulier ; quand il est nécessaire de lever une contribution, chacun en fournit sa part. Il n'existe point non plus de règles fixes et déterminées, quant à la nature des peines infligées aux criminels. Le juge en décide suivant les circonstances et suivant les cas rarticuliers. Ce juge est le chef de village, appelé niao-leao, à qui toutes les causes sont soumises. Les condamnés peuvent toutefois appeler de sa sentence au Roi lui-même,

lequel charge ses ministres d'examiner l'affaire en conseil et de

LIFOU-KIEOU. 419

rendre un arrêt définitif. Les prisonniers ne sont pas mis à la cangue, ni même enfermés sous clef; on se contente de les attacher avec une corde. Les exécutions à mort se font au moyen d’un long poincon de fer, que l'on enfonce dans le crâne du criminel par le sommet de la tête. La bastonnade est appliquée pour les simples délits.

Les habitants de Lieou-kicou ne connaissent pas l'écriture. Ils se guident sur les phases de la lune pour toutes les divisions de l'année, et ne savent constater le renouvellement de l'année que par le retour de la végétation des plantes et des arbres. Ils ont les yeux très-allongés et le nez pareil à celui des barbares Hou'?. Ils ne manquent pas d'une certaine intelligence. Ils n'ont pas le sentiment de la distance des rangs, qui sépare le prince du sujet; les rites même des saluts et de la politesse leurs sont inconnus. Le père et le fils dorment côte à côte. Les hommes s’épilent le visage et tout le corps. Avec une aiguille ct du noir, les femmes se gravent sur les mains des dessins de reptiles ct d’insectes. A l’occasion des fiancailles, on s'offre des perles et des coquillages et l’on célèbre un festin. Quand un jeune garçon et une jeune fille ont de l’inclination l'un pour l’autre, il arrive souvent qu'ils s'unissent eux-mêmes sans l'intervention de leurs parents. La femme qui vient d’accou-

cher mange l'enveloppe du nouveau-né! et se soumet à une cha-

13 Hill. Cette indication est assez va- the Mongols, Huns or other tribs of cengue, parce que le nom de Hou est un tral Asia; Turquish. » terme générique donné par les Chinois à 13 LR À A FL VA R + plusieurs nations du Nord. W. Williams K.

définit ainsi le mot hou : « À term for

leur excessive, de manière à provoquer une abondante transpiration ; cinq jours après, elle est complétement rétablie.

Ces insulaires se procurent du sel en faisant dessécher de l’eau de mer dans des canaux de bois; ils fabriquent du vinaigre avec la sève des arbres, et une sorte de vin très-faible avec de la farine de riz. Pour manger, ils ne se servent que de leurs doigts. S'il leur écheoit quelques mets délicats, ils les offrent à leurs chefs. Dans les festins, celui qui donne le signal de boire prononce d'abord à haute voix le nom de quelqu'un. A-t-il le Roi pour hôte, il prononce ainsi le nom du Roi, porte le vase à ses lèvres, et tous les convives boivent à la fois. Leurs usages, sous ce rapport, ressemblent beaucoup à ceux des l'ou-kiue!#. Quand ils chantent, leurs pieds frappent la terre et marquent la mesure. Un homme chante et tous les autres répondent en chœur sur un ton mélancolique. Ces mêmes hommes ont une danse animée, dans laquelle les jeunes gens soutiennent d’une main les jeunes filles sous le bras, près de l’épaule, et de l'autre main décrivent de rapides mouvements.

Lorsqu'un malade est près de mourir et que sa respiration coupée annonce une fin prochaine, les parents et les amis le portent à l'entrée de la grande salle, se lamentent, pleurent et s'adressent mutuellement des paroles de consolation. Le cadavre du mort est lavé, enveloppé de bandelettes, cousu dans une natte de roseaux, et enterré sans cercueil. Aucun tumulus n'est élevé au-dessus de la sépulture. Le fils qui a perdu son père s'abstient de viande durant plusieurs mois.

Dans la partie méridionale du royaume, les mœurs sont un

18 Les Turcs.

peu différentes ; les habitants des bourgades et des villages mangent tous ensemble les cadavres de leurs morts.

On trouve dans ce pays des ours et des loups. Les porcs et les poules y sont en abondance, mais on n'y voit ni bœufs, ni moutons, ni ânes, ni chevaux. Le sol est fertile et gras. Ceux qui le cultivent commencent par brûler les herbes et ensuite arrosent les champs, en y amenant l’eau des rivières et des ruisseaux. Quand la terre est mouillée, ils se servent pour ensemencer d’une sorte de plantoir en bois garni d’une pierre tranchante, avec lequel ils ouvrent des trous. Cet instrument est long d’un pied environ et large de quelques pouces. Les céréales cultivées sont le riz et différentes sortes de millet. Les autres productions sont le chanvre, des légumes verts, des haricots rouges et noirs, etc. ; en fait d'arbres, le fong!5, le kouaï!6, le pien!?, le nan!8, le fen'%, le tse?°, le pin et le bambou. Enfin, les fruits et les plantes médicinales, comme aussi les plantes propres à faire des ouvrages de vannerie, sont les mêmes qui se rencontrent dans les provinces les plus méridionales de la Chine?!, dont le climat ressemble à celui de Lieou-kieou.

A l'égard des pratiques religieuses, c’est aux esprits des montagnes et de la mer que les habitants de Lieou-kieou rendent un

15 F4. Liquidambar Formosana :Lob- 19 3. Arbre ressemblant à l’orme schied.) . (Lobschied).

16 FË. Arbre dont le bois ressemble à 20 E. Rottlera japonica (Hoffmann). celui du poirier. 24 Litt. : comme dans le Ling-nan, 17 HE. Arbre dont le bois ressemble à c'est-à-dire dans la partie de la Chine si-

celui du chêne. tuée au sud des monts Van-ling.

18 kei A sort of plum tree (Lobschicd.)

culte, consistant le plus souvent en libations. Quand ils ramassent des hommes tués à la guerre, ils profitent de l'occasion pour les offrir en sacrifice à leurs esprits. Tantôt ils construisent, à cet effet, de petites maisonnettes appuyées au tronc d’un grand arbre; tantôt ils lancent des flèches contre le crâne du mort, suspendu à quelque haute branche; tantôt ils placent leur trophée, avec un drapeau, sur un monticule de pierres, que l'esprit est supposé venir visiter.

Autour de l'habitation du Roi, ils amoncellent des crànes, pen- ‘sant élever ainsi un monument très-glorieux. Chacun, d'ailleurs, prend soin de clouer sur sa porte la tête ou les cornes d'un animal.

Sous la dynastie des Souï, la première des années #a-nie (605), un Capitaine de marine nommé Ho-man et quelques autres Chinois de la même profession disaient : Quand le ciel est pur et la mer calme, en regardant au loin vers l’orient, il semble qu'on apercoive des vapeurs et des fumées d'habitation. A cette époque, l'empereur Yangti avait ordonné au mandarin militaire Tchu-kouan de prendre la mer et d'aller à la recherche des pays inconnus. Tchu-kouan, ayant recueilli le propos de Ho-man, emmena ce marin avec lui et ils arrivèrent ensemble au royaume de Lieou-kieou. On ne put rien comprendre au langage des habitants: on se saisit d’un indigène, et l'on reprit la route de la Chine. |

L'année suivante, Tchu-kouan eut pour mission de retourner à Lieou-kieou et d'engager le souverain de ce pays à venir faire une visite d'hommage, ce à quoi le roi Ko-la-teou ne voulut pas consentir. Tchu-kouan rapporta, pour la montrer à l'Empereur, une

de ces cuirasses d'étoffe dont il a été parlé précédemment”. Un en-

2 V. ci-dessus: p. 24, ligne 417.

voyé du Japon qui se trouvait alors à la Cour vit cette cuirasse et dit : « Ceci est à l'usage des habitants du royaume de Y-yekieou?3. » |

L'Empereur ordonna à Tchin-leng de réunir des troupes et de conduire une expédition contre le prince qui avait refusé de lui obéir. Tchin-leng étant parti de Y-ngan*, vogua sur mer et s'arrêta d'abord à la petite île Kao-hoa*; ensuite, continuant sa route vers

l’orient, il mouilla deux jours après à la petite île Youen-pei?5 et

enfin, le jour suivant, il arriva au royaume de Lieou-kieou.

Les troupes chinoises attaquèrent vivement les soldats de ce

royaume, les battirent, pénétrèrent jusqu à la ville où résidait le

LA ZI A J'avais cru d'abord

que le nom de Y-ye-kieou pouvait être le même nom que Lieou-kieou, avec une prononciation japonaise. Diverses raisons m'ont fait revenir de cette opinion. Si les monuments écrits du Japon remontaient plus haut, ce serait aux japonistes à nous fournir sur Formose des docu- .

ments antérieurs aux voyages de Tchukouan et à l'expédition de Tchin-leng, en recherchant les plus anciennes traditions japonaises relatives au pays désigné sous le nom de Y-y-e-kieou. Le fait que Y-yekieou ne puisse être confondu avec Lieoukieou, fait appuyé de l'autorité de James

Legge, est une nouvelle preuve que l'ex-

pédition de Tchin-leng ne fut point dirigée contre les îles Lieou-kieou proprement dites, puisque l’envoyé du Japon déclara que la cuirasse qu'on lui montrait appartenait à un peuple différent de celui de ces îles.

Or, nous savons que les îles Lieou-kieou proprement dites étaient parfaitement connues des Japonais dès la haute antiquité, les Annales du Japon rapportant que la mère du fameux Zin-mou, le premier des mikado. en était originaire.

2! Aujourd'hui Tchao-tcheou-fou. -

x TE SE MA

26 EE HE. A la pointe septentrionale

des îles Peng-hou.

ORIENTAUX

Roi, incendièrent le palais et les maisons, cmmenèrent en captivité

des hommes et des femmes au nombre de plusieurs mille et rega-

gnèrent leurs vaisseaux*’. Depuis cette époque, toutes communi-

cations cessèrent avec le pays de Licou-kicou.

"le Tong-kien-kang-mou ne parle qu'incidemment de la mission pacifique confiée d'abord à Ho-man; il relate l'ex-

pédition de Tchin-leng dans les termes

très-laconiques que voici : « Sixième année ta-nie (610. — L'Empereur en-

voya des soldats pour chàtier Lieou-kieou.

Ils tuerent le roi de ce royaume, firent un grand nombre de prisonniers et s'en revinrent. » Ce à quoi la glose ajoute :

« L'Empereur avait fait inviter amicalement le Lieou-kieou à se soumettre à l'Empire. Cette invitation étant demeurée sans effet, le général Tchin-leng fut chargé d'y conduire une expédition. Il décapita le roi O-la-teou, emmena en captivité un grand nombre de ses sujets et revint à la Chine. » Cette relation si concise mentionne cependant deux faits que Ma-touan-lin passe sous silence :

l'un est la mort tragique du roi de Lieoukieou; l'autre est la date de l'expédition

de Tchin-leng, qui n'eut lieu, comme on

le voit, que l'an 610, c'est-à-dire plusieurs années après les vovages de Tchin-kouan.

Si l'on en croyait même le Long-ouei-pichou {K. I, p. 3), la mission d'explorer la mer pour v chercher des pavs inconnus aurait été confiée à Ho-man par l’empereur Ouen-ti, le fondateur de la dynastie ‘des Soui et le prédécesseur de Yang-ti, dès la période des années kaï-hoang (581- 600) et la première visite de Ho-man au pays de Lievu-kieou remonterait plus haut encore que Ma-touan-lin ne l'indique. Le To-sse-fang-yu offre aussi, dans la détermination des dates, quelques petites variantes qui sont en définitive d’un médiocre intérêt. Ce qui mérite plus d’attention, au point de vue de l'authenticité de tous les renseignements ethnographiques contenus dans cette notice, c’est la déclaration expresse du ZLong-oueï-pichou qu'ils furent transmis à la Cour par Tchin-leng, qui avait été chargé officielle-

ment de les recueillir, et qui les reçut

Un autre royaume appelé Pi-che-ye°8 existe à côté de celui qu on vient de décrire. Il est habité par des hommes nus, qui ont de grands yeux hébétés, qui parlent un langage inintelligible et qui semblent à peine appartenir au genre humain. Sous la dynastie des Song, au milieu des années chun-hi (1174-1189), quelques centaines de ces barbares, conduits par des chefs intrépides, débarquèrent tout à coup sur les côtes du Fo-kien, entrèrent dans plusieurs villages du département de Tsiouen-tcheou, commirent beaucoup de meurtres et enlevèrent un certain nombre d'habitants. Le fer excitait particulièrement leur convoitise; quand on fermait les portes avec effroi, sur leur passage, ils en arrachaient du moins les anneaux??. On arrétait un instant leur poursuite, en leur jetant des cuillers ou des batonnets qu'ils ne manquaient jamais de ramasser. S'ils se voient pris par des cavaliers chinois recouverts d’armures, ils se précipitent sur eux avec fureur et s'efforcent de couper les courroies des cuirasses, sans que rien intimide leur férocité. Ils ont une arme qui consiste en une sorte de javelot garni d’une pointe de fer et retenu dans la main par une ‘corde longue de dix coudées. Tel est à leurs yeux le prix du fer, que tout en lançant ce javelot ils ne veulent pas courir le risque de le perdre. Ils ne se servent pas de bateaux, mais seulement de radeaux de bambou, qui

sans doute de la bouche de ses nombreux chinoises, dans les villages, sont fermées prisonniers. avec des cadenas de cuivre, passés dans

28 BH À HP. Le Long-oueï-pi- un double anneau de fer. Les paysans chou et le To-sse-fang-yu écrivent MH mettent ce cadenas, quand ils sortent, ct & # p Pi-che-no ou Pi-che-na. ferment la porte en dedans, quand ils

29 Les portes cxtéricures des maisons sont chez eux.

se plient comme un paravent. Ils prennent le soin de porter ces

radeaux sur leurs épaules, et se ménagent ainsi un moyen de

fuir en gagnant la mer?°.

30 Le texte explique nettement que ces barbares de Pi-che-ye habitaient à côté du royaume dit de Lieou-kieou, et non pas dans une île séparée. Formose était donc occupée dès lors par des races diffé-

rentes, dont la plus civilisée peuplait ses

côtes occidentales, situées vis-à-vis des.

îles Peng-hou, et dont l’autre est peutêtre encore aujourd'hui représentée par les tribus sauvages qui ont conservé leur indépendance, sur tout son littoral du

côté de l’orient.

ATRATE RIGA A Ale Ale ale ala Sla SENSACINE

NIU-TCHIN ou NIU-TCHE!

Tchang-pe-chan* et aux sources du fleuve Ya-lo-kiang*. Le Kaoli forme leur frontière du midi; au nord, ils ont les Chi-oueï, et à

111 a été parlé déjà de ces peuples, notes 351 et 460 de la notice sur le Kaokiu-li, et aussi page 256 de la même notice. Quelques observations ont été faites sur la manière d'écrire leur nom. Niutchin et Niu-tche ne sont point à proprement dire des variantes, mais deux formes adoptées à des époques différentes.

2 Voir la note 460, p. 241. On trouve ce nom écrit également Su-tchin, Siutchin, So-chin, dans différents auteurs.

S Le Sounggari-oula supérieur, égale-

ment appelé Hoen-tong-kiang en d'autres endroits, et qui n'est autre que le fleuve So-mo, ainsi qu'il a été dit.

* Amba-chan-yen-alin, sur la carte de d'Anville.

3 Ci-dessus, page 39, note 3.

+ Egalement appelés Chy-goeï ou Chegoei. Peuplades tongouses qui étaient de la même race que les Ai-tan et parlaient la même langue que les Mo-ho (Kla-

proth).

l'occident le pays de 7ie, du Po-haï'; du côté de lorient, ils s étendent jusqu'à la mer. On les appela Y-leou® sous les derniers Han“ et, vers le commencement de la dynastie des Oueï, Ou-ki ou Mouki!°; enfin, sous les Soui et les Tang, ils furent appelés Mo-ho ou Mo-ko!!. Le nom de famille de leur prince était Na!?. Ils demeurèrent longtemps inapercus entre les plus petites des peuplades barbares du nord-est, et ce fut seulement dans les années kaï-hoang de la dynastie des Soui (581-600) qu'ils firent leur première visite d'hommage à la Cour. |

Cette nation se divisa en six tribus parmi lesquelles était la tribu He-chouï ou du Fleuve noir ‘?, qui fut l'origine même des Niu-tchin. Le Fleuve noir /He-choui) est ainsi nommé de la couleur de ses caux qui paraissent un peu noire, quand on les recueille dans la main. On regarde ce fleuve comme étant le même que le Kuen-

7 A) f 59 Ti]. Il a été fait

mention de ce pays, à l'article Po-haî.

Mo-ko. Ils sont les mêmes que ceux qui portent aujourd'hui le nom de Man-

8 Voir ci-dessus, page 328. tcheou (Man-tchou). » Ma-touan-lin a

$ C'est-à-dire sous les Han orientaux, qui régnèrent de l'an 25 à l'an 220 de notre ère.

10 Voir ci-dessus, p. 333.

11 Deguignes a écrit dans son Histoire des Huns : « Les tartares Niu-tchin ou Niu-tche ont encore été appelés Y-leou,

So-chin (Su-chin), Quo-kie (Mou-ki) ou

consacré des notices séparées à toutes ces transformations du même peuple, en suivant l'ordre chronologique des différents noms qu'il a successivement portés.

13 Voir ci-dessus, page 335.

tong-kiang "*. Il est très-profond, mais il n’a guères plus de cent pas de large.

Sous la dynastie des Tang, au milieu des années fching-kouan (627-649), les Mo-ho étant venus faire la visite d'hommage, l’empereur Tai-tsong les interrogea sur les mœurs des régions qu'ils habitaient. Ils parlèrent, à cette occasion, des Niu-tchin et dès lors ce peuple fut mieux connu. Il est à remarquer que les Ki-tan prononcalent Liu-fchin*.

Le pays occupé par les Niu-tchin est rempli de montagnes et de foréts. Les hommes sont robustes et très-habiles à lancer des flèches. Ils imitent le cri des cerfs pour attirer et tuer ces animaux, dont ils mangent la chair crue. Ils boivent une espèce de vin qui se nomme vin de cerf!5. Dans leur ivresse, ils commettent des meurtres, sans reconnaître leur père ni leur mère. Quand l’un d’entre eux est ennivré de la sorte; ses compagnons le saisissent et l’attachent jusqu'à ce qu'il ait recouvré sa raison. Alors, il les remercie en leur disant : « Sans vos bons soins, j'aurais peut-être exterminé

ma famille entière. » Leurs forêts renferment beaucoup de bœufs,

Le He-choui est le fleuve Amour et le Kuen-tong-kiang, Kouen-tong-kiang ou Hoen-tong-kiang ne sont autres que le Sounggari. Les Chinois confondent

souvent le cours des fleuves qui se réunis-

sent, en leur donnant indifféremment le nom de l’un ou de l’autre après leur

jonction.

cs JE

to.

EL. Les. Ki-tan habitaient au

nord du Leao-tong. Ils devinrent trèspuissants au commencement du x° siècle et formèrent l'empire des Leao. Ma-touanlin place la notice qui les concerne dans la section des peuples du Nord.

e ES YA. Suivant les uns, cette boisson ennivrante était faite avec du

lait de jument, et suivant d'autres avec de

la râclure de cornes de cerf.

d’ànes sauvages et de sangliers. Pour voyager, ils se servent de bœufs domestiques, utilisés comme bêtes de somme. Ils se garantissent de la pluie au moyen de peaux de bœufs non tannées, et emploient l'écorce de l'arbre hoa!î pour recouvrir leurs demeures. Ils élèvent d'excellents chevaux, en très-grand nombre, et c’est chez eux un objet de commerce important avec la Chine!8.

Sous la dynastie des Tang, au milieu des années kaï-yÿouen (713-741), un de leurs chefs vint à la Cour et recut le titre de fsechi, ou préfet de Po-li-tcheou'°. Bientôt après, le chef de la tribu He-choui fut constitué lui-même gouverneur général des territoires qu'il occupait, tandis qu'un haut fonctionnaire lui était adjoint pour le surveiller. Sous la domination des Tang, ces barbares ne cessèrent d'offrir le tribut. Au temps des cinq petites dynasties °?°, on les appelait encore Niu-tchin. — Plus tard, et pour éviter | toute similitude de nom avec l'empereur 7song-tchin, des Leao,

on changea leur nom en celui de Niu-tche?!. Ils sont comptés

D: Klaproth écrit, en parlant des Niu-tchin (qu'il nomme Ju-tchin ou Djourdjé) : « Leurs maisonnettes étaient couvertes d'écorce de bouleau, » mais l'arbre hoa, que W. Williams dit être un arbre résineux, ne saurait étre confondu avec le bouleau. Cet arbre hoa se rencontre également dans le Tibet, et les Tibétains utilisent son écorce pour le même usage.

évidemment

18Ces documents sont

contemporains de l'époque des Tang. J'ai

conservé la forme du présent de l'indicatif, par des motifs exposés plus haut.

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