Attendre
Tous droits de reproduction, de traduction et d'adaptation réservés pour tous pays.
,p/;/fi^
à René Morax.
C'est la fenêtre à jamais close, où, pensif, Péternel espoir, blessé de vivre et de savoir, transfigure à son gré les choses.
Le jour grandit, l'ombre s'étend, l'onde passe, le ciel chemine...
L'espoir possède, en un instant, tous les bonheurs qu'il imagine.
L'illusion gravit la tour, l'amour implore ou se lamente...
Au seuil de l'impossible amour, c'est la fenêtre consolante.
Et, déçu par tous les chemins, naufragé sur toutes les grèves, l'espoir y transfigure en rêve le monde terne où tout est vain.
C'est la fenêtre des légendes, aux confins du trouble avenir, étroite et basse, mais si grande que tout le ciel y peut tenir.
Grise dans l'ombre qui décline, fenêtre claire au jour levant, c'est l'embrasure où l'on devine, et c'est la vitre où l'on attend.
Elle procure au paysage l'aspect grave et surnaturel de la magie et du présage...
Elle abrite un rêve éternel.
Car^ bienveillante à tous les songes, au désir calme ou vagabond, elle environne de mensonge tout ce qui monte à l'horizon.
Tour à tour étroite et si grande que tout l'amour y apparaît^ c'est la fenêtre des légendes, immobile, close à jamais.